C'est avec la voix tremblante que Pascale Eugène, maire de La Grand'Combe, a condamné un "acte odieux, insoutenable, écœurant, honteux, fanatique, raciste, xénophobe". Celui de la fusillade à Trappes, qualifiée d'"attentat terroriste raciste" par Emmanuel Macron.
Pour rappel, le vendredi 23 octobre, vers 10h, un homme de 39 ans, Kevin T., a ouvert le feu à Trappes puis à La Verrière. L'attaque a fait cinq blessés, dont une fillette de 12 ans et au moins quatre portant des noms à consonance africaine ou maghrébine, et un mort, Pengo Bossio Wangi, un Français de 26 ans d'origine africaine : "Il était noir de peau et c'est uniquement pour cela qu'il est mort", fustige la première édile.
"Pas d'indignation sélective"
Au-delà des autres tueries qu'a connues la France et rappelées par Pascale Eugène, comme Charlie Hebdo, le Bataclan, le père Hamel, Samuel Paty, la situation fait forcément écho, dans la cité minière, au meurtre d'Aboubakar Cissé, tué dans la mosquée de Trescol en avril 2025. "Nous ne faisons pas d'indignation sélective", rappelle le maire honoraire Patrick Malavieille.
Le parquet national antiterroriste s'est saisi du dossier, considérant le motif racial. Un exemplaire de « Mein Kampf » a été découvert au domicile du suspect, mais la présence d'un tract du Rassemblement national dans le véhicule a été démentie par le procureur.
"Le bras armé d'une soi-disant élite qui déverse des tombereaux de haine"
Pour la municipalité grand-combienne, c'est néanmoins là "le résultat de mois de propos racistes, homophobes et xénophobes perpétrés par la droite et l'extrême-droite, qui embrument l'esprit critique et le sens de la réflexion, sans que le pouvoir politique ou la société ne disent stop". Patrick Malavieille va jusqu'à les qualifier de "responsables du racisme, de l'antisémitisme et de l'islamophobie".
Kevin T. n'est alors que "le bras armé d'une soi-disant élite qui déverse des tombereaux de haine et rejette notre pays dans les périodes sombres de son histoire". La cité minière appelle désormais à "construire des ponts plutôt que des murs" et "perpétuer une société d'entraide, de solidarité et de partage".
La Grand'Combe, Alès, Saint-Martin-de-Valgalgues, Nîmes...
Quarante-huit heures avant, une centaine de personnes s'était réunie devant la sous-préfecture d'Alès "pour dénoncer cette montée infâme et inacceptable des actes racistes". Selon Alain Martin, figure historique de la CGT alésienne, celle-ci "découle des paroles racistes multiples sur les chaînes d’info et des politiques séparatistes menées depuis des années".
Un moment de recueillement et de solidarité a aussi été respecté à Saint-Martin-de-Valgalgues "pour exprimer du soutien", mais aussi "réaffirmer le refus de toutes les formes de haine, de racisme, de xénophobie et d’homophobie".
Un rassemblement similaire est prévu à Nîmes ce vendredi, à 18h. Le gouvernement a annoncé qu'un hommage national sera rendu aux victimes, à une date, pour l'heure, non précisée.