Publié il y a 1 h - Mise à jour le 20.09.2026 - Anthony Maurin - 4 min  - vu 25 fois

NÎMES EN FERIA Marco Pérez réussit son pari et sort par la porte des Consuls

Solo de Marco Pérez avec des toros d'El Freixo, Santiago Domecq, Juan Pedro Domecq, Pagès-Mailhan, El Pilar et Jandilla (Photo Anthony Maurin)

Sortie en triomphe de Marco Pérez (Photo Anthony Maurin)

Solo de Marco Pérez avec des toros de, El Freixo (oreille), Santiago Domecq (silence), Juan Pedro Domecq (oreille) et Pagès-Mailhan (silence), El Pilar (oreille) et Jandilla (deux oreilles).

Solo de Marco Pérez avec des toros d'El Freixo, Santiago Domecq, Juan Pedro Domecq, Pagès-Mailhan, El Pilar et Jandilla (Photo Anthony Maurin)
Sortie en triomphe de Marco Pérez (Photo Anthony Maurin)

Un solo est une épreuve consentie par un torero pour se jauger. Marco Pérez est jeune, très jeune matador de toros, et il doit connaître ses limites actuelles pour les repousser. À Nîmes pour les Vendanges, il relève un bien joli défi avec ce seul contre six.

Solo de Marco Pérez avec des toros d'El Freixo, Santiago Domecq, Juan Pedro Domecq, Pagès-Mailhan, El Pilar et Jandilla (Photo Anthony Maurin)
Marco Pérez salue à l'issue du paseo (Photo Anthony Maurin)

Même si le talent n’attend pas le nombre des années, Marco Pérez n’a que 18 ans. Cependant, on doit le prendre au sérieux car ses succès, de novillero mais aussi de matador de toros, sont francs et nombreux.

De plus, on sent que l’aficion locale l’apprécie et que les arènes de Nîmes lui vont bien comme terre promise.

Solo de Marco Pérez avec des toros d'El Freixo, Santiago Domecq, Juan Pedro Domecq, Pagès-Mailhan, El Pilar et Jandilla (Photo Anthony Maurin)
Marco Pérez avec son toro d'El Freixo (Photo Anthony Maurin)

Marco Pérez a pris son alternative dans ces murs il y a à peine plus d’un an, le voilà en train de marcher vers son destin et un pari un peu fou. Premier toro, un d’El Freixo. El Freixo ? Étonnant ! Retoqué pour la course de vendredi car manquant de trapio (par rapport au deux autres lots), revoilà un pensionnaire de la ganaderia d’El Juli. Bien pour ce moment en solitaire, il ne dénote pas. Mieux, il est dans le type même du fer et donne le jeu voulu. Le temps de se mettre dans le bain, Marco Pérez a droit à une oreille de bienvenue.

Solo de Marco Pérez avec des toros d'El Freixo, Santiago Domecq, Juan Pedro Domecq, Pagès-Mailhan, El Pilar et Jandilla (Photo Anthony Maurin)
Marco Pérez et le toro de Santiago Domecq (Photo Anthony Maurin)

Face au Santiago Domecq qui est allé fièrement au cheval, Marco Pérez ne pourra pas faire plus. Le toro a laissé trop d’énergie dans l’offensive, la faena se raccourcit en temps et distance. Souvent inesthétique, la cadence donnée par la charge du toro ne révèle pas le toreo du diestro. On décèle parfois un brin de genio dans le caractère du cornu qui pointe quelques mauvais gestes.

Solo de Marco Pérez avec des toros d'El Freixo, Santiago Domecq, Juan Pedro Domecq, Pagès-Mailhan, El Pilar et Jandilla (Photo Anthony Maurin)
Marco Pérez et son Juan Pedro Domecq (Photo Anthony Maurin)

Marco Pérez attaque son troisième combat et se met devant un de Juan Pedro Domecq. Le fol exploit serait-il en marche ? En tout cas Marco Pérez coupera une nouvelle oreille à l’issue de ce duel. La variété proposée, dans tous les tercios, est certaine. Le public est aussi venu pour ça ! Voir le panel artistique et technique que le torero a dans les mains, les jambes et la tête. Autant vous dire que ce spectre est large et que les leçons sont apprises par cœur depuis son plus jeune âge ! Maintenant, il est temps de les rassembler et de les distiller sur six toros. Un bel exemplaire qui pousse un peu au cheval et qui conserve un fond de noblesse tout au long de la lidia. Un toro plaisant à voir, doté d’une robe magnifique et que le maestro va comprendre immédiatement. Plus sérieuse, sans fioritures mais avec du cœur la faena proposée par Marco Pérez rend bien. Oreille.

Solo de Marco Pérez avec des toros d'El Freixo, Santiago Domecq, Juan Pedro Domecq, Pagès-Mailhan, El Pilar et Jandilla (Photo Anthony Maurin)
Marco Pérez  aux banderilles sur le quatrième de Pagès-Mailhan (Photo Anthony Maurin)

Quatrième toro, un de Pagès-Mailhan, déboule en piste. Quelle ganaderia ! On a vu, cette plus que jamais, des toros importants sortir en piste, notamment à Arles la semaine dernière. Le jeune piéton propose un nouvel accueil au capote. Le jeune va surprendre son petit monde en prenant les bâtonnets et en posant ses banderilles dans l’alegria d’un public du dimanche matin qui attend de nombreux gestes de la part d’un torero toréant en solitaire. Le Pagès-Mailhan sort bien, il est brave mais s’éteint peu à peu et se met en querencia lors de la dernière série, dans les planches, attendant patiemment que Marco Pérez choisisse de l’occire ainsi. Le maestro s’exécute au deuxième envoi. Silence.

Solo de Marco Pérez avec des toros d'El Freixo, Santiago Domecq, Juan Pedro Domecq, Pagès-Mailhan, El Pilar et Jandilla (Photo Anthony Maurin)
Marco Pérez en porta gayola avec son toro d'El Pilar (Photo Anthony Maurin)

Cinquième de la tarde et le jeune maestro tombe sur un d’El Pilar. Venant lui aussi de Salamanque, le fête doit être complète avec ce fer qu’il connaît parfaitement. On sent encore un Marco Pérez frais. Pourtant, il est parti de Murcia hier soir après sa course (quatre oreilles et une queue), a fait la route de nuit pour arriver chez nous sur les coups de 7h. Après quatre toros en solitaire, physiquement, il ne bronche pas. Mentalement, il ne flanche pas. Il veut donner encore plus et c’est ce qu’il va faire avec cet exemplaire. Il sort de son burladero pour accueillir a porta gayola ce toro sauteur. La suite au capote est un peu brouillonne mais emplie d’enthousiasme. À la muleta, les deux se livrent et offrent un beau dialogue taurin. Une belle épée et une oreille de mieux !

Solo de Marco Pérez avec des toros d'El Freixo, Santiago Domecq, Juan Pedro Domecq, Pagès-Mailhan, El Pilar et Jandilla (Photo Anthony Maurin)
Naturelle de Marco Pérez sur le Jandilla (Photo Anthony Maurin)

Dernier toro. Marco Pérez est sûr de triompher mais il espère plus. Espérer c’est aussi se surpasser. Il retourne devant le toril accueillir ce Jandilla les genoux à terre. Un toro qui ne laissera aucun souvenir au picador mais qui a su offrir du jeu sur l’ensemble de la lidia, notamment à gauche. Marco Pérez l’a vu et décline les séries de ce côté. Le public voit que le maestro a fait tous les efforts qu’il devait faire, les étagères poussent pour faire entendre leur joie d’avoir vécu ce moment aux côtés de Marco Pérez et pétitionnent pour les deux oreilles.

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