Publié il y a 2 h - Mise à jour le 20.09.2026 - Julia Razil - 4 min  - vu 106 fois

ARLES Docteur Gérald Kierzek : "La maladie d’Alzheimer n’est pas une fatalité"

Régulièrement à la télé et à la radio pour parler santé et vulgariser des sujets médicaux, le docteur Gérald Kierzek mènera une conférence ce lundi à l'hôpital d'Arles. 

- DR

Ce lundi 21 septembre, à l’occasion de la Journée mondiale de sensibilisation à la maladie d’Alzheimer, Arles accueille une journée d’échanges coorganisée par le centre hospitalier de la ville et l’association A3. Pour clore cette journée, le docteur Gérald Kierzek, médecin urgentiste, directeur médical de Doctissimo et chroniqueur santé bien connu de l’émission Télématin sur France 2, interviendra pour partager son expertise et ses conseils.

Il est un visage et une voix familiers pour les Français. Régulièrement à l’antenne pour parler santé et vulgariser des sujets médicaux, le docteur Gérald Kierzek, directeur médical de Doctissimo et urgentiste, est invité à Arles, ce lundi 21 septembre, pour aborder la maladie d’Alzheimer et la situation des aidants. Il l’admet volontiers : il n’est pas neurologue. Son rôle, dans le cadre de cette conférence, s’apparente plutôt à celui d’un traducteur, d’un passeur. Son ambition est claire : dépasser les idées reçues sur la maladie, donner des clés concrètes pour agir et sensibiliser à l’importance cruciale d’accompagner les aidants. Entretien.

Objectif Sud : Vous intervenez ce lundi soir à Arles pour la Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer. Quel est l’objectif de votre conférence ?

Gérald Kierzek : Cette journée est organisée pour informer et sensibiliser le public. Les neurologues et gériatres aborderont les aspects médicaux de la maladie : soins, recherches, etc. Mon rôle, en clôture de cette journée, est de transmettre des messages clés souvent méconnus. D’abord, la maladie d’Alzheimer n’est pas une fatalité. Contrairement à une idée reçue, on peut la prévenir, tout comme on prévient les infarctus ou les maladies cardiovasculaires. Ensuite, je veux mettre en lumière le rôle crucial des aidants familiaux, souvent épuisés par le manque de soutien institutionnel. Enfin, je souhaite insister sur la prévention à tout âge : il n’est jamais trop tard pour agir.

"Un cas sur deux de maladie d’Alzheimer pourrait être évité ou retardé"

Quels sont les leviers de prévention que vous évoquez ?

Les études montrent que près d’un cas sur deux de maladie d’Alzheimer pourrait être évité ou retardé en agissant sur des facteurs modifiables. Parmi les principaux leviers, l’alimentation joue un rôle clé : adopter un régime méditerranéen, avec moins de graisses, moins de viandes rouges, et plus d’oméga-3 ainsi que d’oléagineux comme les amandes ou les noix, permet de réduire les risques. L’activité physique, quant à elle, est essentielle pour préserver la santé cérébrale et cardiovasculaire. Le sommeil de qualité est un autre facteur déterminant, car il permet d’éliminer les plaques amyloïdes, responsables de la maladie. La stimulation cognitive et sociale compte également : apprendre une langue, danser, voyager ou s’adonner à de nouvelles activités stimule la plasticité cérébrale et permet de construire une réserve cognitive, compensant ainsi les pertes liées à l’âge. Par ailleurs, le contrôle des facteurs de risque cardiovasculaire - comme l’hypertension, le diabète ou le cholestérol - est crucial, car ces facteurs affectent aussi les petites artères du cerveau, essentielles à son bon fonctionnement. Enfin, la correction des troubles auditifs et visuels, notamment la presbyacousie (perte auditive liée à l’âge), est un levier souvent sous-estimé. Pourtant, son traitement réduit significativement le risque de maladie d’Alzheimer. C’est l’un des facteurs les plus faciles à corriger, mais aussi l’un des moins connus.

Quels sont les signaux d’alerte à ne pas négliger ?

Il ne faut pas confondre les oublis bénins, comme égarer ses clés, avec des troubles plus sérieux qui doivent alerter. Parmi les signes à surveiller : les oublis répétés qui perturbent la vie quotidienne, les difficultés de langage, une désorientation dans le temps ou l’espace, des troubles du jugement ou une perte d’initiative, ainsi que la répétition de questions ou l’égarement fréquent d’objets. L’enjeu est de diagnostiquer tôt. Un diagnostic précoce permet en effet de ralentir la progression de la maladie, notamment grâce à la prévention secondaire et à l’accompagnement dans des centres mémoire.

Pourquoi insister sur les aidants familiaux ? 

Ces derniers sont souvent épuisés, car la prise en charge des patients repose trop sur eux, en raison du désengagement de l’État et du manque d’accès aux soins ou aux structures spécialisées. Les aidants s’épuisent souvent sans s’en rendre compte, minimisant leur fatigue, leur irritabilité ou leur isolement par sentiment de devoir. Pourtant, prendre soin de soi n’est pas un luxe : c’est une condition nécessaire pour continuer à aider. Pour éviter l’épuisement, plusieurs solutions doivent être promues : reconnaître les signes de burn-out, connaître ses droits (congés pour proches aidants, allocations journalières, groupes de parole, soutien psychologique), et partager les tâches en utilisant, par exemple, les structures d’accueil de jour pour les patients.

Conférence lundi 21 septembre, 19h30, inscriptions via le site de l'association A3.

Le programme de la journée en détail

Cette journée est coorganisée par le CH d’Arles et l’association A3, en partenariat avec la MACIF et d’autres acteurs locaux. Elle est entièrement gratuite et ouverte à tous, de 9h à 21h au centre hospitalier, chemin de Fourchon.

Au programme : de 9h à 16h : stands d’information, ateliers pratiques et projections de courts-métrages pour découvrir les ressources disponibles, échanger avec des professionnels et des associations, et participer à des animations autour de l’accompagnement, des droits et des solutions de soutien. Un espace convivial avec foodtrucks sera également proposé pour la pause déjeuner.

De 17h à 18h30 : retours d’expérience et conférences médicales, notamment sur le Centre de ressources territorial (CRT) du CH d’Arles, animé par le Dr. Regnier (EPOCA), ainsi qu’une intervention des Drs. Levraud et Karpoff sur les évolutions de la consultation mémoire.

À partir de 18h30 : accueil convivial avec buffet pour favoriser les échanges entre professionnels, aidants et grand public.

À 19h30 : conférence avec le Dr. Gérald Kierzek. Il abordera les enjeux de santé, de prise en charge et de solidarité face aux pathologies neuro-dégénératives. Cette conférence, sur inscription (via QR code), sera suivie d’un buffet de clôture pour prolonger les discussions.

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