Objectif Sud : Quels vont être les objectifs affichés par le club ?
Patrice Attard, président du HBGR : Gagner le plus de matchs possible, tout simplement, et surtout à Bagnols. Mais aussi prendre du plaisir, tant les joueurs que le public, qui doit se retrouver dans l'équipe première. Grenoble, notre premier match, à l'extérieur, est une équipe qui monte, annoncée forte, on y va conquérants. Mais on a du temps pour optimiser cet effectif. Il n'y a pas d'objectif chiffré. On est sur un nouveau cycle, avec sept départs pour sept arrivées, dont des joueurs qui n’ont jamais connu le niveau N2 (4ᵉ division, NDLR).
Justement, le mercato a été animé. Cela va-t-il compliquer la saison ? Ou au moins son début ?
Il va y avoir un rythme à prendre, une alchimie qui va devoir se créer, ça va prendre un peu de temps. D’autant plus que l'entraîneur ne pourra pas avoir tout le groupe à disposition directement, car il y a une limite du nombre de mutés, fixée à cinq. L’entièreté de l’effectif ne devrait donc être disponible qu’au troisième match, on sera confronté à des choix. Mais regardez le début de saison l'année dernière, on avait perdu nos trois premiers matchs. Cela ne nous a pas empêché par la suite de finir 3ᵉˢ, un très bon résultat. Même si les résultats ne sont pas forcément au rendez-vous dès le début, tant qu'ils sont là sur le terrain à se donner, l’essentiel est de voir un groupe qui progresse, qui s'investit. Aujourd'hui, on est en phase d'apprentissage, ça tâtonne. On a perdu aux penaltys en entrée de Coupe de France, certes, mais on avait joué la veille à Nîmes, des joueurs étaient au repos… On l’a en quelque sorte pris comme un match d'entraînement poussé, car on sait qu’on ne gagnera pas la Coupe. L'entraînement a repris début août, les joueurs se sont entraînés tous le mois. On est repassé à un rythme de quatre entrainements par semaine depuis lundi, plus la musculation. On est en phase de construction, on travaille pour monter en puissance progressivement.
Que dites-vous aux joueurs que vous voulez recruter ? Quels arguments avancez-vous ?
On dit qu'on tient nos engagements, on est sérieux, c'est la base, les fondamentaux. Tout le monde se parle dans le hand, comme dans tous les sports. On dit qu'on va faire progresser les joueurs, qu'il y a une notion de plaisir, de partage, d'identification et de performance. Car même si l'ambiance est bonne, si tu perds tous tes matchs, ça n’avance pas. On travaille avec les difficultés de faire venir des gens sur le territoire. On a été très actifs et studieux, le but c'est de faire les meilleurs choix possibles. Le groupe va être équilibré, l’état d'esprit est bon, les jeunes et nouveaux se sont totalement intégrés et sont demandeurs, ils ont envie d'apprendre.
Comment réussir à toujours mobiliser entre 300 et 400 spectateurs en tribunes par match cette saison ?
Ce qui est important pour nous, c’est que le public s'identifie à nos joueurs. Donc, dans le recrutement, c'est important d'avoir des bagarreurs, des joueurs qui mouillent le maillot, qui vont défendre les couleurs. Alors quand, en plus tu gagnes, il y a une adhésion naturelle, le public se retrouve dans un projet collectif, avec des joueurs qui ne trichent pas.
Qu’en est-il des jeunes ? La force du HBGR reste son nombre, avec 300 licenciés, une douzaine d'éducateurs, entraîneurs...
Nos jeunes U15 et U17 ont bien performé l'année dernière, une belle génération arrive, certains ont même rejoint le pôle sport. Notre structure permet à nos meilleurs jeunes de s'entraîner quatre fois par semaine. Le but est de donner à manger aux gamins sur le territoire, qu’ils n’aient pas à s'exiler malgré le manque de perspectives post-bac.
En tant que président, comment gère-t-on un grand club comme le HBGR, sans tomber dans la grande entreprise ?
C’est la passion qui anime. Mais ça devient de plus en plus compliqué, à l'image de la société. Il ne manque rien et il manque tout, surtout du bénévolat, qui s’essouffle depuis le Covid. Il va falloir réfléchir à la condition du bénévole dans les années à venir, parce qu'un club sans bénévole ne peut pas vivre. On a un cahier des charges très strict, des obligations, une table de marque à tenir, une sécurité à assurer… Il faut trouver de nouvelles idées et maintenir un climat familial apaisé.
Qu'en est-il des partenaires ?
Beaucoup sont très fidèles depuis des années, mais, comme tout le monde, on se rend compte que c'est très dur car l'économie va mal. On est dans une année d'élection, les partenaires n'ont pas de visibilité, ils ont d'autres soucis que d'aider un club, quel qu'il soit, même au niveau national et élite. Partout en France, les partenariats s'essoufflent, mais on va améliorer fortement l’espace VIP, avec beaucoup de projets en stock. C’est important pour le partenaire de voir que le joueur ne triche pas, qu'il est engagé, car il aidera celui dans lequel il va se retrouver le plus. Dans la transmission des valeurs, dans le partage, dans la relation qu'on peut avoir, dans le retour d'identité…. On y est très attentif au club, c’est notre ADN.