Publié il y a 6 h - Mise à jour le 07.09.2026 - François Desmeures et Corentin Dimanche - 4 min  - vu 115 fois

PRÉSIDENTIELLE 2027 Édouard Philippe choisit Alès pour parler narcotrafic

Dans la salle des États du Languedoc, Édouard Philippe a dit un mot aux élus alésiens présents

- François Desmeures

Candidat à l'élection présidentielle, Édouard Philippe est venu à Alès pour parler narcotrafic, alors que le maire, Christophe Rivenq, a été menacé cet été et reste sous protection policière. Une courte journée menée au pas de course pour l'ancien Premier ministre, qui s'est entretenu en aparté avec Christophe Rivenq. 

En amont de la visite, un rendez-vous téléphonique était prévu entre l'équipe de campagne d'Edouard Philippe et les journalistes pour exposer les mesures que préconise le candidat en matière de narcotrafic. Car il a rapidement été évident qu'il serait difficile d'en discuter avec le candidat au cours de la journée, tant la visite a été menée au pas de course entre passage en mairie, salut aux élus alésiens, déambulation dans une ville via la cathédrale et les halles, déjeuner en ville avec des chefs d'entreprise et réunion à la police municipale sur les enjeux du narcotrafic. Avant quelques questions à la sauvette au candidat sur le seul sujet du trafic de drogue. 

Édouard Philippe reçu par Christophe Rivenq lors de son arrivée en mairie, en fin de matinée • François Desmeures

Avant la visite, on aura donc appris que, pour le candidat et son équipe, Alès est "dans le bassin de Marseille en termes de sécurité" et que la visite du candidat, au-delà du soutien au maire menacé, entrait dans le volet de la campagne présidentielle qui prévoit d'aller "à la rencontre de ces villes moyennes concernées par une délinquance de haute intensité". Édouard Philippe entendait donc, en venant à la rencontre de Christophe Rivenq, "réaffirmer l'autorité de la République" et "montrer son attachement à l'autorité de l'État"

Il y avait finalement plus de journalistes que d'élus alésiens salle des États du Languedoc • François Desmeures

"Il y a un décalage entre les moyens policiers et judiciaires et les besoins des villes moyennes, poursuit l'équipe de campagne d'Édouard Philippe. Il faut muscler l'autorité de l'État." Pour cela, le candidat souhaite, avec son soutien Gérald Darmanin, "aligner la justice du trafic de drogue sur la justice terroriste, en pouvant aller jusqu'à utiliser la reconnaissance faciale" et à interdire la confusion des peines. Pour Édouard Philippe, le moyen de lutte le plus efficace est de "taper le narcotrafic au portefeuille". Il souhaite aussi "priver les trafiquants de la Solidarité nationale", si certains touchent frauduleusement le RSA.

En attendant qu'Édouard Philippe finisse de discuter avec Christophe Rivenq dans le bureau du maire, Max Roustan a distribué les rafraîchissements, y compris au Nîmois Yvan Lachaud, chef de file Horizons dans le Gard. • François Desmeures

Mais c'est sur les consommateurs que le volet répressif augmenterait sensiblement, si Édouard Philippe mettait en œuvre son programme : "Le consommateur, c'est le point faible des stratégies publiques, avec un taux de recouvrement des amendes extrêmement faible, un tiers seulement." Le candidat veut aussi "un choc de transparence", qui serait "une demande des Français et une question de sécurité. Il faut généraliser l'information quand un agent public est poursuivi pour stupéfiants."

Dans la salle des États du Languedoc, Édouard Philippe a dit un mot aux élus alésiens présents • François Desmeures

Quant au volet prévention des consommateurs, il faudra attendre. "À Alès, on met l'accent sur le volet répressif, explique l'équipe d'Édouard Philippe. Mais on garde la faculté d'envoyer le consommateur dans un centre de soins. On y reviendra au cours de la campagne". Sans chiffrer l'effort, son équipe affirme en conclusion qu'Édouard Philippe "assumera d'investir sur la justice"

Édouard Philippe et Christophe Rivenq à la sortie d'une visite rapide de la cathédrale • François Desmeures

Le candidat est arrivé vers 11 h 45 en mairie d'Alès. Après une rapide discussion en tête-à-tête avec Christophe Rivenq - qu'il avait eu l'occasion de voir longuement, à Paris, la semaine dernière - il est donc venu saluer les élus alésiens, introduit par le maire. Ce dernier a tenu à souligner "les points de similitude" entre les villes du Havre, dont Édouard Philippe est maire, et d'Alès, "des villes outragées, toi par la guerre, nous par des maires..." 

La presse parisienne avait fait le déplacement à Alès pour suivre la déambulation d'Édouard Philippe • François Desmeures

"C'est ici, dans ces territoires, que la France évolue", s'est enthousiasmé Christophe Rivenq, qui a insisté en disant qu'il souhaitait "que les territoires aient un rôle important" si Édouard Philippe venait à être élu. Et, pour contrebalancer le motif de la visite du candidat, le maire a aussi souligné qu'on vit, à Alès, "beaucoup mieux que dans beaucoup d'autres villes"

Le candidat à la présidentielle a salué les quelques personnes attablées dans les halles • François Desmeures

Une ville qu'Édouard Philippe a concédé ne pas connaître, contrairement à Nîmes ou "Uzès, où ma sœur travaille". "Je suis venu apporter un message de soutien et d'amitié après un été compliqué pour vous, a-t-il dit aux élus alésiens en évoquant la triste nécessité d'exfiltrer Christophe Rivenq une nuit de fin juillet (relire ici). L'action politique d'un pays, elle est d'abord au niveau local", a souligné Édouard Philippe, quand son équipe de campagne précisait le matin que l'ancien Premier ministre venait aussi souligner "l'importance du rôle de maire" dans la lutte contre le trafic de drogue. 

Aux halles, Édouard Philippe a pu croiser quelques commerçants • François Desmeures

L'après-midi, place aux rencontres avec les acteurs de la lutte contre le narcotrafic : les forces de l'ordre. Le maire d'Alès a fait découvrir à son confrère du Havre le Centre de Surveillance Urbaine de la police municipale et ses 51 grands écrans pour superviser la ville, 7 jours sur 7, 24 heures sur 24.

Le dispositif de 114 caméras devrait d'ailleurs prochainement être renforcé grâce à 150.000 euros d'investissement. Une manière pour la municipalité de lutter d'elle-même contre les problèmes de sécurité, une compétence pourtant régalienne.

Edouard Philippe Christophe Rivenq CSU
Les deux maires dans la salle spéciale du CSU  • CD
Une dernière réunion de travail avant la conférence de presse et le train du retour • CD

Ce pourquoi le candidat à la présidentielle a décliné de lui-même ses propositions en matière de narcotrafic à la presse en sortie de visite et de courte réunion de travail avec Christophe Rivenq, à l'entrée de l'hôtel de police, pour clore sa journée alésienne. "Sans vouloir réduire Alès au narcotrafic pour autant" : 

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