Ce mercredi 9 septembre, la CCI comptabilisait déjà plus de 1 200 inscrits. Cette fois, les chefs d’entreprise seront eux-mêmes les vedettes. « C’est vraiment un moment d’entreprise, pas un moment institutionnel », insiste le président Éric Giraudier. Le format doit donner davantage de place aux témoignages, aux initiatives gardoises et aux solutions proposées aux dirigeants.
L’incertitude jusqu’en décembre
« On est dans un contexte économique qui est alarmant », lance Éric Giraudier. Fiscalité, prix du carburant, incertitude budgétaire, pouvoir d’achat… Le président de la CCI accuse les responsables politiques d’être « déconnectés de la réalité du monde de l’entreprise ».
Même les sociétés dont l’activité résiste retardent désormais leurs investissements. Selon lui, leurs dirigeants veulent d’abord connaître la prochaine règle du jeu. Les discussions budgétaires devraient maintenir cette incertitude jusqu’en décembre et faire perdre quatre mois d’activité.
Il cite aussi le prix de l’essence et les salariés qui calculent ce qu’il leur restera une fois leurs déplacements payés. Certains finissent par se demander si la reprise d’un emploi vaut encore le coût du trajet. La possible taxation de l’épargne salariale l’agace également. Des accords ont été conclus dans les entreprises sur l’intéressement et la participation. « Quand on a quelque chose qui fonctionne dans ce pays, on veut le casser. »
Les défaillances gagnent du terrain
Dans le Gard, les défaillances ne concernent plus uniquement les plus petites structures. Éric Giraudier constate qu’elles commencent à atteindre des entreprises réalisant davantage de chiffre d’affaires et employant plus de salariés. Le commerce, les services et le bâtiment sont touchés. La CCI doit encore affiner les chiffres du dernier trimestre, mais son président estime que tous les secteurs sont désormais concernés. Certaines entreprises pourraient aussi s’arrêter faute de transmission.
La chambre consulaire veut intervenir plus tôt. Elle étudie un dispositif déjà utilisé par une autre CCI et cherche à réunir les acteurs capables d’aider les dirigeants en amont. « Trop souvent, l’info arrive trop tard. » Lorsqu’un chef d’entreprise reste seul face aux difficultés, les solutions se réduisent rapidement. La CCI doit accompagner les chefs d'entreprise, intervenir lorsqu’un problème survient et travailler leur environnement aussi en amont. Éric Giraudier compare son rôle à celui d’un jardinier. Travailler la terre, préparer le terreau avant les semences.
Des commerçants à bout
Le commerce occupera lui aussi une place importante lors de la soirée. Marges réduites, conditions de travail plus compliquées, vols… Le président de la CCI décrit des professionnels sous tension. Certains affichent désormais sur les réseaux sociaux le visage de personnes qu’ils accusent d’avoir volé dans leur magasin. « Ce ne serait pas forcément ma façon de faire, mais je comprends l’exaspération. » Le président de la CCI voit dans ces affichages le symptôme d’un malaise plus large. Les commerçants ont le sentiment que la moindre erreur leur vaut une sanction, tandis que les auteurs des vols ne sont pas suffisamment inquiétés. La CCI prépare un plan d’action dans plusieurs communes du département.
La facturation électronique alimente une autre crispation. La chambre organise déjà des réunions de sensibilisation dans les zones d’activité, auprès des commerçants et des petites structures touristiques. Éric Giraudier ne doute pas de la capacité des entreprises à s’adapter. Il affirme que la facturation électronique permettra à Bercy de gagner du temps et de contrôler plus précisément les recettes de TVA. Selon lui, les économies ainsi réalisées devraient rendre le dispositif gratuit pour les entreprises, alors que celles-ci devront payer les plateformes ou les abonnements.
Perrier, « une pépite pour le Gard »
Éric Giraudier revient sur l’avenir du site Perrier de Vergèze, les normes et les contrôles sanitaires. « Perrier, c’est une pépite pour le Gard. » Il rappelle la puissance de cette bouteille verte présente sur les tables du monde entier et les investissements réalisés sur le site. Le président de la CCI affirme qu’aucun consommateur n’a jamais rencontré de problème de santé après avoir bu du Perrier. Il se dit effaré par certains échanges de la commission d’enquête sénatoriale consacrée aux eaux en bouteille. Après avoir entendu des élus s’en prendre aux plus grandes entreprises du territoire, il tranche. « Ces gens sont fous. Ils n’aiment pas le territoire. Ils n’aiment pas l’entreprise. »
Éric Giraudier accuse les responsables publics d’ajouter des normes et des obligations, puis de découvrir les conséquences lorsqu’une usine vacille. « Perrier, ce n’est pas mort et je veux que l’on puisse toujours lire le nom de Vergèze écrit sur la bouteille », martèle-t-il. Il veut préserver le site de Vergèze, ses emplois, ses sous-traitants et la valeur produite dans le Gard.
Il applique le même raisonnement à Fibre Excellence. L’usine de pâte à papier se trouve à Tarascon, dans les Bouches-du-Rhône, mais son bassin d’emploi traverse le Rhône jusqu’à Beaucaire. Interrogé sur le soutien de Carole Delga au site de Saint-Gaudens et sur son absence de prise de position concernant Tarascon, Éric Giraudier estime que la situation géographique de l’usine, à cheval sur deux régions, n’a pas facilité le dossier.
Il reconnaît ne pas maîtriser tous les éléments techniques de la fabrication de la pâte à papier. Il cite cependant le coût de l’énergie et s’interroge sur les investissements qui auraient pu être réalisés sept ou huit ans plus tôt à Tarascon. L’entreprise produit du papier biodégradable et recyclable au moment où les pouvoirs publics cherchent à réduire l’usage du plastique. « Je n’ai pas l’impression que le Gard soit la préoccupation première », lâche-t-il. Un sentiment qui, selon lui, est partagé par de nombreuses entreprises du département.
Défense et énergies décarbonées
La soirée doit aussi mettre en lumière deux secteurs susceptibles de créer de l’activité. La défense, d’abord, lors du lancement de Primus. Ce cluster doit aider les TPE et PME gardoises à rejoindre un marché où les besoins, les financements et les commandes progressent.
Puis le nucléaire et les énergies décarbonées. La Cleantech Vallée, les réacteurs de quatrième génération, les EPR2 et les SMR offrent, selon Éric Giraudier, des perspectives dans la recherche, les essais et l’industrialisation. Il évoque le CEA de Marcoule et près de 2 000 chercheurs présents sur le site. « Il faut que ce département soit chef de file sur cela. »
L'inscription à la Rentrée économique c'est ici