Issue d'une famille de quatre générations de riziculteurs installés à Fourques, Maëlys Carlotti, 23 ans, s'est vue confier le 30 mai dernier par l'association pour le Renouveau des Prémices du Riz, la mission d'ambassadrice du Riz. Elle succède ainsi à Camille Tavan, et prend à cœur son rôle, tout autant que son métier d'infirmière qu'elle exerce sur Arles. Demain, à 17h dans les arènes, elle participera à la capelado de la course camarguaise, en tenue (jupe-culotte et chemise camarguaise). Une première et un honneur pour la jeune fille attachée aux traditions, à la Feria du Riz en particulier, et bien sûr aux fêtes des Prémices du Riz qui auront lieu du 18 au 20 septembre (1).
"Je nage dans les traditions depuis que je défile avec mon père, Daniel, qui construit des chars pour le corso des Prémices du Riz. Il s'occupe également des vieux tracteurs. J'ai commencé quand j'avais une douzaine d'années à lui donner un coup de main, pour le corso comme pour le reste. Il m'a transmis la passion de son métier de riziculteur, qui n'est pas aussi simple qu'il en a l'air." L'eau et le soleil ne suffisent pas. "Il faut savoir préparer la terre, semer à temps, surveiller les niveaux d'eau dans les rizières... Et puis il y a aussi la météo, les cours du riz que l'on ne maîtrise pas", indique Maëlys.
Le riz : culture emblématique de Camargue
La culture de riz en Camargue s'est développée après la Seconde Guerre mondiale. Dans les années soixante, on comptait 35 000 ha de rizières pour une production avoisinant les 150 000 tonnes. La surface et la production (environ 80 000 tonnes) ont bien baissé depuis. "À l'époque, la France était autosuffisante en riz, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui", indique le président des riziculteurs Bertrand Mazel. "Cette culture est vitale pour la Camargue. Elle apporte de l'eau douce qui permet de dessaler les sols et de pratiquer d'autres cultures. De nombreux riziculteurs sont aussi des manadiers comme les Cuillé, les Jalabert, les Mailhan. Il est logique que la feria de septembre porte le nom de feria du riz, car Arles compte encore une petite centaine de riziculteurs".
Selon Pierre Raviol, adjoint au maire et riziculteur, cette dénomination ne remonte qu'à 1984. "Le maire de l'époque, Jean-Pierre Camoin, avait décidé de changer de nom à ce que l'on appelait alors la feria des Vendanges. Et c'est normal car il y a plus de rizières que de vignes sur notre commune d'Arles".
"Je suis passionnée de cette culture mais pas au point de prendre la suite de mon père. J'ai une autre vocation : je suis infirmière. Mais je sais que les temps sont difficiles pour les agriculteurs. En devenant l'ambassadrice du Riz, je donne un peu de moi, de mon temps, pour les encourager. Je vais faire le maximum pour être présente aux multiples manifestations sur Arles. Après la feria, il y aura bien sûr la fête des Prémices du Riz, avec le corso, qui sera le temps fort de ce mois de septembre. J'invite tout le monde à venir nous voir défiler en ville avec les chars."
Cavalière émérite
Pour Maëlys, les liens avec les traditions camarguaises ne se limitent pas à son rôle d'ambassadrice. Depuis l'âge de trois ans, elle monte à cheval et ne cache pas sa préférence pour le cheval Camargue. "J'ai commencé les concours d'équitation de travail en 2018. J'ai participé aux championnats de France et aux championnats d'Europe. Je me suis classée deux fois troisième, en maniabilité et en tri de bétail. Le Camargue est parfait, car il est polyvalent, très maniable. C'est un vrai plaisir de le monter".
La 22ᵉ ambassadrice du Riz aura tout le loisir de montrer sa dextérité à cheval durant les trois ans de son engagement au service de l'association mettant en valeur la plus importante des cultures camarguaises.
(1) Vendredi 18 septembre : arrivée de l'ambassadrice du Riz par le Rhône à 18h30, quai Saint-Pierre à Trinquetaille. 19h : présentation de la gerbe des Prémices du Riz à la confrérie du Riz, puis bénédiction du riz nouveau à l'église Saint-Pierre. Samedi 19 septembre à 21 h, grand corso nocturne, défilé de Tinquetaille au bd des Lices. Dimanche 20 septembre à 10h, grand corso.