Publié il y a 8 h - Mise à jour le 10.09.2026 - Abdel Samari - 2 min  - vu 111 fois

ÉDITORIAL La solidarité ne peut pas partir en vacances

canicule
Photo d'illustration DR

Tout l’été, nous avons parlé de la canicule et de ses conséquences. Beaucoup moins de ceux qui la subissent le plus durement, alors même que 40 % des structures d’urgence sociale ont fermé temporairement leurs portes.

Tout l'été, on a parlé de la canicule. De cette chaleur étouffante qui a bousculé nos habitudes. On a parlé aussi de ses conséquences, avec les incendies qui ont sévi dans plusieurs régions de France et mobilisé des milliers de pompiers. On a eu raison de le faire. Mais dans le même temps, on a beaucoup moins parlé des répercussions de cette chaleur pour les plus faibles d'entre nous. Pourtant, ils sont les premiers concernés. Ceux qui vivent dans la rue, bien sûr. Mais aussi ceux qui habitent dans des logements mal isolés. Ceux qui n'ont pas les moyens de s'équiper pour supporter les fortes chaleurs, les personnes âgées isolées ou tout simplement ceux qui dépendent de l'aide alimentaire et des associations pour tenir au quotidien. Pour eux, l'été n'est pas forcément synonyme de vacances. La période a été particulièrement difficile. Et les chiffres dévoilés cette semaine par l'association Solinum sont assez édifiants. Sur les plus de 27 000 structures sociales recensées en France par sa plateforme Soliguide, plus d'un tiers ont fermé temporairement cet été. Pour les seules structures d'urgence sociale, le chiffre dépasse même les 40 %. Accueil, aide alimentaire, vêtements, douches… Au moment où certains en ont le plus besoin, ils peuvent donc se retrouver devant une porte fermée. Bien sûr, derrière ces structures, il y a des salariés et surtout beaucoup de bénévoles. Eux aussi ont le droit de souffler, de partir quelques jours et de profiter de leur famille. Le problème est ailleurs. Il est dans notre incapacité collective à organiser une continuité de l'aide pendant les mois de juillet et août. Car une fermeture de deux ou trois jours peut encore s'organiser. Mais plus de la moitié des fermetures observées cet été ont duré au moins huit jours. Et près d'une sur quatre plus de seize jours. Pour celui qui a faim, qui cherche une douche, un vêtement ou simplement un endroit où être accueilli, seize jours, c'est une éternité. Et pourtant, il semble possible de faire autrement. Solinum a regardé ce qui se passe de l'autre côté des Pyrénées. En Catalogne, seules 13 % des structures recensées ont fermé temporairement cet été, contre 35 % en France. Les Espagnols ont notamment fait le choix de réduire les horaires plutôt que de fermer complètement. Pourquoi ne serions-nous pas capables de nous en inspirer ? Il ne s'agit évidemment pas de demander aux associations de faire toujours plus avec toujours moins. Bien au contraire. C'est aux pouvoirs publics d'anticiper. Avec des moyens supplémentaires, une meilleure coordination des fermetures et des renforts pendant l'été. Exactement comme nous savons le faire lorsque l'hiver arrive. On connaît le plan grand froid. Dès que les températures chutent, l'État se mobilise et des dispositifs sont déclenchés. Avec le changement climatique et la multiplication des épisodes de canicule, il faudra désormais apprendre à avoir le même réflexe lorsque le thermomètre s'affole.

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