Publié il y a 4 h - Mise à jour le 26.09.2026 - Propos recueillis par Romain Fiore - 5 min  - vu 153 fois

L'INTERVIEW SPORT Jimmy Leterme : « On veut faire le plus beau parcours possible en Coupe de France »

Rousson

Thibaud Evesque et Jimmy Leterme, le nouveau duo des coachs de Rousson. 

- D.R.

Arrivé cet été sur le banc de Rousson, Jimmy Leterme partage désormais les commandes de l'équipe avec Thibaut Evesque. Après une préparation positive, deux victoires en Coupe de France et un succès en championnat contre Revel, les Roussonnais s'apprêtent à recevoir Lunel ce samedi à l'occasion du 4ᵉ tour de la compétition. Un adversaire que les Gardois retrouveront également en championnat.

Avant cette rencontre de Coupe de France face à Lunel, le nouveau coentraîneur de Rousson, Jimmy Leterme, évoque ses premières semaines, son parcours, sa vision du football et les ambitions du club en Coupe de France.

Objectif Sud : Vous êtes arrivé cet été à Rousson. Quel premier bilan tirez-vous de ces premières semaines ?

Jimmy Leterme : C'est plutôt positif. On a repris le 24 juillet avec un groupe de 24 joueurs. On a eu quelques pépins physiques avec notamment deux blessures assez longues, mais dans l'ensemble on a fait une bonne préparation. On est aussi partis deux jours en stage où tout le groupe était présent, ce qui nous a permis de créer une vraie cohésion, sur le terrain comme en dehors. En championnat, on a commencé par une défaite à Agde, qui est quand même un gros candidat et un ancien club de N2, puis on a réussi à se relancer la semaine dernière contre Revel. En Coupe de France, on a également passé deux tours contre Vergèze et Bagnols-Pont. Donc le bilan est plutôt positif.

Vous êtes finalement dans un fonctionnement particulier puisque vous partagez le poste d'entraîneur avec Thibaut Evesque. Comment s'est mise en place cette association ?

On avait déjà travaillé ensemble à Bessèges. À l'époque, Thibaut était entraîneur et j'étais joueur, puis j'ai pris sa suite lorsqu'il a arrêté. On se connaît donc très bien et on parle beaucoup de football. Cette année, on a préféré fonctionner en binôme, avec deux coentraîneurs. On a beaucoup travaillé ensemble tout l'été pour définir nos objectifs et mettre certaines choses en place. Tout s'est fait naturellement.

Qu'est-ce qui vous a séduit dans le projet de Rousson ?

Cela faisait deux ans que le club me contactait. Avec le Covid, j'avais pris du recul par rapport au football. Je m'entraînais quatre fois par semaine, il fallait partir le week-end, parfois toute la journée... Cette période m'a fait du bien parce que j'ai pu me retrouver davantage en famille. Mais la compétition et le football me manquaient. Quand Rousson m'a proposé le projet, j'ai trouvé que c'était cohérent. Je ne suis pas loin de chez moi et, surtout, je connaissais déjà Thibaud puisque nous travaillons ensemble au sport à la mairie d'Alès. Je le vois presque plus que ma femme ! (rires) C'était donc le bon moment pour revenir à ce niveau-là, mais cette fois en tant qu'entraîneur.

Vous avez aussi une longue expérience comme joueur dans le secteur, notamment à Alès, Anduze, Fos et en Lozère. Que vous ont apporté ces différentes expériences ?

J'ai surtout toujours recherché la stabilité. Je n'ai pas fait énormément de clubs et j'ai eu la chance d'avoir des entraîneurs qui m'ont beaucoup apporté. J'ai connu différents niveaux et différents environnements, mais je pense que ce qui reste surtout, ce sont les relations humaines. J'ai notamment eu la chance de travailler avec des entraîneurs qui m'ont marqué dans leur manière d'aborder le football, mais aussi dans leur approche humaine.

Vous en retenez certains en particulier ?

Oui. Je pourrais en citer trois. Stéphane Saurat, que j'ai connu à Alès, Frédéric Arpinon, que j'ai également connu dans mon parcours, et Philippe Mora à Fos. Fred, notamment, avait cette capacité à transmettre des connaissances football tout en gardant une vraie dimension humaine. Ce sont des choses qu'on garde forcément lorsqu'on devient soi-même entraîneur.

Après avoir été joueur puis entraîneur à Bessèges, votre vision du football a-t-elle évolué ?

Forcément. À Bessèges, j'ai connu le côté familial du football. C'est un environnement où il y a moins de pression et où les relations humaines prennent une grande place. Quand on passe ensuite dans un autre niveau, on découvre d'autres exigences. Mais je pense que certaines valeurs restent les mêmes. Aujourd'hui, même si on est en R1, on sait qu'on a un petit budget et que notre objectif est plutôt le maintien. Ça ne nous empêche pas d'avoir un groupe de compétiteurs.

Rousson
Débarqué en provenance de Bessèges, Jimmy Leterme (à droite), retrouve son ami et coach Thibaud Evesque à Rousson. • D.R.

Justement, Rousson est dans sa deuxième saison en R1 et vous avez conservé une grande partie de l'effectif. Est-ce important dans votre projet ?

Oui, on a gardé environ 80 % de l'effectif de la saison dernière. C'est important parce que ça permet d'avoir déjà une base et des automatismes. Mon objectif était aussi de ne pas arriver en juillet sans connaître les joueurs. Tout l'été, j'ai regardé les matchs de la saison dernière pour connaître leurs caractéristiques, individuellement et collectivement. Ça permet d'arriver avec une meilleure connaissance du groupe.

C'est votre première expérience dans cette poule de R1 Occitanie. Qu'est-ce que vous découvrez par rapport aux championnats que vous connaissiez ?

Je découvre cette poule. J'ai connu le niveau régional et le niveau national, notamment en Méditerranée, qui est probablement assez similaire, mais l'Occitanie, c'est une première pour moi. Il faut donc aussi découvrir les équipes, les joueurs, les styles de jeu. C'est intéressant pour moi.

Vous avez également une expérience particulière de la Coupe de France. Quelle place donnez-vous à cette compétition cette saison ?

En début de saison, on s'était dit avec Thibaud que ce serait bien de faire un parcours en Coupe de France. Thibaud l'a déjà connue avec l'OAC et moi, je l'ai vécue à Mende avec un parcours jusqu'en 16ᵉ de finale, où nous avions affronté Le Havre. Ce sont des souvenirs qui restent. La Coupe de France, c'est magique. Quand on arrive à tomber sur une grosse équipe, ce sont des moments importants à vivre pour les joueurs et pour un club. On s'est donc dit que l'objectif était de faire le plus beau parcours possible. Pour Rousson, c'est aussi une manière de faire parler du club. Et puis, en début de saison, quand on joue un week-end sur deux, enchaîner les tours permet aussi d'avoir des matchs et de rester dans le rythme.

Vous restez notamment sur un 8-0 à Bagnols-Pont. Est-ce que vous sentez une dynamique particulière autour de cette Coupe ?

Pas encore forcément, parce que nos deux premiers matchs étaient à l'extérieur, à Vergèze puis à Bagnols-Pont. Mais le groupe est motivé. On a un groupe de compétiteurs. Même à l'entraînement, certains n'aiment vraiment pas perdre et j'aime ça. On sait que notre championnat ne sera pas simple, notamment parce qu'on a le plus petit budget, mais les joueurs sont compétiteurs et veulent gagner chaque match. Ce sera surtout notre premier match de Coupe de France à domicile. Il devrait y avoir du monde et forcément, ça va apporter quelque chose.

Ce samedi, vous recevez justement Lunel, une équipe que vous retrouverez en championnat. Est-ce que cela change la manière d'aborder cette rencontre ?

As Rousson
Le stade municipal Laurent Blanc.  • Romain Fiore

On en a parlé dès mardi : surtout, il ne faut pas regarder leurs résultats en championnat. Lunel avait clairement annoncé avant le début de saison vouloir jouer les trois premières places. Au vu de leur effectif, je pense que c'est une équipe qui va jouer le haut du tableau. Il ne faut pas se fier uniquement aux résultats. Contre Frontignan, par exemple, ils prennent un but dans les dix premières minutes, puis un autre dans les dix dernières. Entre les deux, d'après les échos qu'on a eus, ils ont quand même dominé le match et n'ont pas réussi à marquer. Contre Agde, ils prennent également un but assez tard. Donc les résultats ne reflètent pas forcément la physionomie des rencontres. On sait que c'est une belle équipe de R1, qui a d'ailleurs fait un beau championnat la saison dernière.

Est-ce que le fait de jouer une équipe de votre propre championnat est plutôt un avantage ou un inconvénient ?

On aurait peut-être préféré avoir une équipe d'un niveau inférieur, je ne vais pas dire le contraire ! (rires) Mais le tirage est là. Le principal, maintenant, c'est de faire le match qu'il faut pour essayer d'aller au 6ᵉ tour. On reçoit, c'est déjà une bonne chose. On va donc surtout penser à nous et à ce qu'on doit mettre sur le terrain devant notre public.

Quelles seront les clés de cette rencontre ?

Il faudra être individuellement à notre meilleur niveau pour pouvoir, collectivement, passer ensemble. C'est vraiment ce qu'on attend des joueurs.

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