C'est un projet qui est en discussion depuis de nombreuses années. Situé vers le centre commercial Porte Sud, au bord de l'entrée de la 2x2 voies à Alès, le terrain est à cheval entre la commune et celle de Saint-Hilaire-de-Brethmas. L'objectif était la création de six terrains de padel. Mais en février 2026, l'ancienne mairie de Saint-Hilaire-de-Brethmas avait alors refusé le projet. En cause notamment : la situation de la parcelle, située en zone concernée par le Plan de prévention du risque inondation (PPRI), à proximité du Gardon.
La municipalité avait notamment retenu l'argument de « l'obstacle à l'écoulement des eaux ». Claude Dhombre, entrepreneur connu sur le bassin alésien, a porté le projet via sa société SCI Les Magnolias. Il a notamment contesté cette décision devant le tribunal administratif de Nîmes, estimant que le projet n'aurait pas d'impact sur l'écoulement des eaux et dénonçant plusieurs irrégularités dans la procédure.
Les vitres au cœur du dossier
Le tribunal administratif avait finalement donné raison à la commune le 20 avril dernier. Les parois vitrées des terrains de padel, notamment, ont été considérées comme susceptibles de constituer un obstacle à l'écoulement des eaux. Le porteur du projet avait alors décidé de poursuivre la procédure devant le Conseil d'État. La plus haute juridiction administrative française a finalement rejeté son recours le 20 août dernier.
Une décision qui met donc un terme au projet tel qu'il avait été présenté. Pour le nouveau maire de Saint-Hilaire-de-Brethmas, Gaël Mancuso, le dossier était particulièrement complexe lorsqu'il a pris ses fonctions, puisqu'il avait été engagé par l'ancienne municipalité. « C'était une décision de l'ancienne mairie. Moi, j'avais repris le dossier en cours. Monsieur Dhombre avait attaqué la mairie parce qu'on avait refusé son permis de construire », explique l'élu.
Le maire rappelle que la construction d'équipements sportifs de plein air n'est pas systématiquement interdite en zone rouge du PPRI. Mais dans le cas précis du padel, la question des parois vitrées a été déterminante. « On interdit donc les padels, ça je peux l'entendre parce que les vitres peuvent retenir l'eau. Mais on aurait pu valider le tennis, avec du grillage ».
La mairie suit la DTM
C'est précisément cette différence qui a été mise en avant par les services consultés par la municipalité. Selon les explications rapportées par Gaël Mancuso, un terrain de tennis classique pourrait être envisagé, les clôtures en grillage permettant à l'eau de circuler. « La logique que la Direction des territoires et de la mer (DTM) m'a exposée, c'est qu'un terrain de padel, ce n'est pas possible parce que les vitres peuvent retenir l'eau. Par contre, un terrain de tennis avec du grillage, c'est possible parce que l'eau s'écoule tout simplement », détaille le maire.
L'élu assure avoir souhaité rester en retrait du conflit qui opposait le porteur du projet aux services de l'État. « J'ai préféré rester en dehors et neutre de ce bras de fer qu'il y a eu entre les deux », affirme-t-il. Gaël Mancuso indique par ailleurs avoir suivi les recommandations de la DTM dans ce dossier : « On les appelle, on demande des explications, on nous conseille, on nous explique. Mais je ne vais jamais à l'encontre de l'avis de la DTM. »
Un projet désormais définitivement abandonné ?
Avec le rejet du recours par le Conseil d'État, le projet initial de six terrains de padel ne pourra donc pas voir le jour dans les conditions prévues. Le maire considère, à ce stade, que le permis est « annulé et définitif », tout en laissant ouverte la possibilité qu'un nouveau projet, différent, puisse être déposé à l'avenir par le même entrepreneur, pour un type d'aménagement différent.
Dans cette zone, le dossier avait également suscité des interrogations de la part de l'élu sur les constructions déjà réalisées. « Il y a eu des bâtiments commerciaux, des magasins qui ont été construits, un parking », rappelle-t-il, en soulignant les différentes étapes de l'aménagement du secteur.
Pour Saint-Hilaire-de-Brethmas, un autre chantier occupe désormais les élus : la rénovation de l'école René-Deleuze. Gaël Mancuso souhaite avancer par phases, avec une première étape consacrée à la création d'une salle de garderie et d'une cantine en self. L'objectif affiché par le maire est de pouvoir inaugurer cette première phase en septembre 2027 ou septembre 2028.