Nouvel épisode dans le conflit qui oppose Éric Giraudier, président de la CCI Gard et membre du conseil d'administration du Medef Gard, au président du syndicat patronal Steeve Calligaro. Ce samedi soir, Éric Giraudier annonce que : « Compte tenu des nombreux dysfonctionnements au sein du Medef Gard, j'ai décidé de me mettre en retrait de cette organisation, dans l'attente d'un assainissement de sa situation. »
Une décision que le président de la CCI Gard justifie : « La gouvernance actuelle accumule de nombreux points d'alerte. Plus de 700 000 euros de pertes cumulées annoncées lors du conseil d'administration du 21 octobre dernier, sans perspective de retour à l'équilibre, des dépenses hors de contrôle sans validation du conseil d'administration, des démissions en cascade de membres du bureau et des nominations de vice-présidents au mépris des dispositions statutaires… »
« Déclencher un article 40 »
Avant d'ajouter : « L'affairisme et les potentiels conflits d'intérêts ont également été dénoncés lors du dernier conseil d'administration. Nous avons par ailleurs appris qu'un audit a été commandé par le Medef National, sans en connaître ni le cahier des charges ni les finalités attendues. Enfin, de façon totalement inédite, des branches professionnelles se sont mises en retrait récemment et plusieurs administrateurs ont saisi nos instances nationales afin d'obtenir rapidement une médiation. Ma présidence d'un établissement public pourrait m'obliger, selon les développements à venir, à déclencher un article 40. »
Cet article prévoit que tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l'exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d'un crime ou d'un délit est tenu d'en donner avis sans délai au procureur de la République. Il y a deux semaines, c'est Camille Taberné, la secrétaire générale du Medef Gard, qui avait déposé une main courante contre Éric Giraudier pour « agression verbale particulièrement virulente ».
« J'espère de tout cœur que le Medef Gard pourra retrouver rapidement un fonctionnement normal et une gouvernance apaisée. Le contexte économique actuel nous oblige à placer l'intérêt général des entreprises et de notre territoire au-dessus des intérêts personnels de quelques-uns, et je continuerai à œuvrer en ce sens au sein de la CCI », conclut Éric Giraudier.