« Prochainement ici : Le 8 » Voilà ce qu’on lit sur la pancarte, récemment collée à une vieille maison, en bas de la rue Puech du Teil. « Le propriétaire, un vieux monsieur, est décédé. Son fils avait déjà une maison, donc il l’a vendue à un promoteur… », croit savoir une voisine. Déposé l’an dernier, le permis de construire du promoteur Habitec prévoit une résidence de 14 logements sur trois étages. Quinze places de parking sont aussi prévues au rez-de-chaussée, avec un accès rue Espérandieu. « Dans cette rue, plusieurs propriétaires ont eu la visite de promoteurs qui voulaient acheter leur maison… Parfois à prix d’or ! », poursuit la Nîmoise.
La date des travaux du « 8 » n’est pas connue. Le permis de construire serait valable jusqu’en décembre 2028. « Ce permis n’a pas été contesté au tribunal administratif, contrairement à d’autres projets dans le quartier… Son intégration au site permet un alignement du trottoir qui va améliorer l’aspect de la rue », souligne le nouvel adjoint PS à l’urbanisme, Pierre Jaumain. Il est vrai que remonter le Puech du Teil, de ce côté, pouvait parfois relever de l’alpinisme…
Si le projet d’Habitec ne suscite pas la controverse, il fait écho à une problématique bien connue des comités de quartier du Puech du Teil et du Jean-Jaurès : la densification urbaine. « C’est simple, vous avez une maison avec une ou deux voitures qui est remplacée par un immeuble avec des dizaines de personnes et de véhicules », déplore Geneviève Nicol-Dolhadille, présidente du comité de quartier Jean-Jaurès. Le président du comité de quartier Puech du Teil, Jean-Daniel Depoudent, rappelle un chiffre simple : « Ici, le nombre d’habitants est passé de 5 000 à 7 500 en trois ans ! »
De 5 000 à 7 500 habitants
Cette densification pose plusieurs problèmes aux habitants : « La circulation et le stationnement sont de plus en plus compliqués… Raser et bétonner, cela accroît le ruissellement de l’eau dans les rues en cas de pluie », relève son homologue de Jean-Jaurès. « Il y a aussi le réchauffement climatique… Souvent, ces maisons ont des espaces verts. Ce sont parfois devenues des forêts urbaines. Bétonner va réchauffer un peu plus le territoire », ajoute la Nîmoise. Ces deux quartiers illustrent donc ce paradoxe : construire sur l’existant pour échapper à une réglementation stricte en matière d'écologie.
Construire des logements (800 logements par an selon le PLU) permet aussi d'augmenter l’offre dans l'espoir de faire baisser le montant des loyers. Alors, dans cette lutte contre la densification, Jean-Daniel Depoudent a peut-être une solution : « modifier le PLU de la ville pour éviter la densification lorsqu’il y a des résurgences d’eau », c’est-à-dire l’apparition en surface d’eau issue d’une source souterraine. D’ailleurs, il le rappelle : « Au croisement de la rue Bosc et Revoil, là où il y a une boîte aux lettres de La Poste, le mur ne peut pas être détruit en raison de la présence d’un puits classé. »