C'est un dossier écoeurant qui arrive à la barre du tribunal correctionnel de Nîmes, ce lundi après-midi, dans le cadre de l'audience de comparutions immédiates. Un homme, âgé de 52 ans, est poursuivi pour "atteinte sexuelle sur un animal domestique, approvisé ou captif", commis le 17 octobre dernier dans un centre équestre de Nîmes. Il aurait abusé sexuellement de trois ponettes. Un prévenu qui est déjà connu pour des infractions à caractère sexuel, puisque le parquet lui reproche également une "non déclaration de son changement d'adresse par une personne enregistrée dans le fichier des auteurs d'infractions sexuelles en récidive". Il lui est reproché d'avoir introduit un bâton dans les vagins de trois ponettes.
Un bâton a été trouvé sur les lieux, ce 17 octobre 2026 vers 8h15, deux ponettes étaient attachées, l'une également aux pattes. La propriétaire des animaux a immédiatement imginé le pire dans ce pré. Et si les enquêteurs du commissariat de Nîmes sont rapidement remontés vers le suspect c'est grâce à un ticket de PMU... Un ticket enregistré la veille et dont la propriétaire soutient que le document n'était pas là sur son terrain quelques heures avant.
"Trois ponettes présentes des anomalies cliniques dans les régions du vagin avec des inflammations, des pertes de sang", résume la présidente du tribunal correctionnel de Nîmes. "La vétérinaire a été obligée d'une sédation", "et une plaie profonde dans la région du vagin a été retrouvée". Il y a aussi des fragments et des copeaux de bois dans les parties génitales de l'animal.
Un suspect a été interpellé à 12h30, le 23 octobre. Il a refusé de donner son identité, puis les enquêteurs ont constaté qu'il était fiché au FIGES, le fichier des délinquants sexuels pour une condamnation par une cour d'assises.
Il nie les faits mais donne des détails
Un homme qui nie les faits mais qui donne durant la garde à vue des indications sur les faits qui se sont déroulés cette nuit. "Comment expliquez vous que l'on retrouve ce ticket dans le pré et que sur la vidéo qui enregistre les clients du tabac où le ticket a été validé, l'homme vous ressemble", interroge la présidente?
"C'est bien vous au PMU sur l'image", relance la juge. "Oui". "Mais ce n'est pas moi pour les faits, c'est pas parce que j'ai un passé que c'est toujours moi", complète le prévenu. De plus, il cumule les condamnations de 1992 à 2018, pour des vols, ou encore cette sanction émanant de la cour assises du Doubs pour un viol sur sa belle-soeur. Il avait été condamné à 10 ans de réclusion criminelle. "J'ai été condamné sur le doute", insiste-t-il. "Il ne se remet jamais en question", enchaîne la procureure qui demande le maximun prévu par le code pénal c'est à dire 3 ans de prison. La représentante du parquet demande d'exclure l'altération du discernement diagnostiquée par le psychiatre à cause notamment de son passé judiciaire.
Assouvir des sévices horribles, barbares
"Mes chevaux c'est ma famille, je ne veux pas qu'ils soient considérés comme des choses, des biens", relate pour sa cliente Maître Geoffrey Piton partie civile. "Pipelette a été attachée avec le licol, un licol qui lui tient quatre pattes et elle était attachée à l'arbre. Le cheval est entravé dans l'impossibilité de bouger", "avec le bâton souillé et les dégats visibles sur l'animal", ajoute l'avocat nîmois." Pour assouvir des sévices horrible, barbares". "Des morceaux de bois, des échardes ont été retrouvés dans le vagin d'une ponette",complète Maître Piton.
Des faits cruels et effrayant
"Il s'agit de faits d'une cruauté particulière, effrayant", poursuit la procureure. "Il a indiqué qu'il était là ,qu'il avait touché le bâton qui a servi aux sévices, mais que ce n'est pas lui". "Des déclarations qui sont incohérentes". "Il encourt 3 ans, je vous demande de prononcer cette peine avec maintien en détention et l'interdiction à vie de détenir un animal", réclame la procureure.
Le mis en cause nie
"On ne peut pas demander une expertise psychiatrique et ne pas s'en servir car les faits sont graves et que la salle est pleine", s'insurge en défense Me Chrystèle Georges pour le prévenu. "La distance entre le bureau de tabac en centre ville et les écuries est de 39 minutes à pied. On n'a pas cherché comment il est arrivé sur place. Si vous entrez en voie de condamnation c'est uniquement sur le ticket PMU, mais on ne sait pas s'il est tombé de sa poche ce ticket". " Il n'y a pas assez d'élément pour entrer en voie de condamnation", plaide Maître Georges.
Le tribunal correctionnel de Nîmes condamne le quinquagénaire à 2 ans de prison avec un maintien en détention.