Le mis en examen, âgé de 35 ans, a demandé récemment sa remise en liberté devant la chambre de l'instruction de Nîmes. Il est détenu depuis mai 2023, juste après les faits. Il souhaite retrouver la liberté « car je suis malade et je n'ai pas les soins nécessaires en prison », précise-t-il devant la cour d'appel de Nîmes. « J'ai deux attestations d'hébergement : une à Paris chez mon frère et l'autre à Nîmes, mais je ne connais pas l'adresse ». « Lorsque je serai dehors je chercherai du travail », poursuit le trentenaire inconnu de la justice jusqu'à cet évènement « qui a fait l'objet d'une couverture médiatique nationale », rappelle l'avocat général Dominique Sié qui s'oppose à la libération du mis en examen. « Notamment par rapport à l'extrême gravité des faits et pour éviter le renouvellement de l'infraction compte tenu des éléments du dossier », insiste le représentant du ministère public.
« Je souffre énormément en détention. Lors des faits, j'avais consommé une grande quantité d'alcool et de stupéfiants », se défend le mis en cause qui n'a pas d'avocat à l'audience et se défend donc seul.
Les faits se déroulent deux jours de suite dans le Vaucluse. La première salve se situe dans un bus qui circule tranquillement dans le sud de la France. Ce 6 mai 2023, le car est parti de Nice et traverse le Vaucluse vers 21h lorsqu'un homme se lève et se dirige calmement vers le conducteur. Le passager ne paraît pas énervé. Mais, d'un coup, à hauteur de la bifurcation entre l'A7 et un autre axe, le bus quitte la route. Le chauffeur n'a pas le temps de réagir : l'individu a pris le volant et insiste... Il met un violent coup de volant qui dirige le bus en contrebas vers le bassin de rétention de Piolenc à hauteur de Mornas. Le bus est immobilisé, de nombreux passagers blessés. Le conducteur indique que le suspect a pris la fuite en courant et aurait prononcé, mais sans certitude, "Allah Akbar" en quittant le bus.
Un feu de végétaux à l'origine de l'arrestation
Le lendemain, alors qu'il est activement recherché, les gendarmes du Vaucluse interviennent pour un feu de végétaux sur une aire de repos de l'autoroute A7 à Mornas. Deux gendarmes décident de contrôler un homme à l'attitude surprenante à proximité de l'incendie. Le suspect est armé d’une barre en métal. Il n'écoute pas les injonctions des gendarmes et avance vers eux en criant « Allah Akbar ». Un des gendarmes ouvre le feu. L'individu est blessé et pris en charge par les secours.
Le parquet national antiterroriste a été alerté, mais n'a pas repris ce dossier qui est resté de la compétence d'un juge d'Avignon. Le trentenaire a été maintenu en détention par la cour d'appel de Nîmes en raison de la gravité des faits.