Annie Gagnière, présidente de la section du Gard de l'association des membres de l'ordre national du Mérite, a rappelé le sens de cette distinction créée par le général de Gaulle en 1963 pour valoriser "des actions, des actes de dévouement, d'engagement et de générosité". Elle a salué trois qualités qu'elle dit avoir observées chez Yvan Lachaud au cours des 36 années de leur connaissance commune : la loyauté, la compétence et l'engagement. "Tu es impliqué depuis des années dans l'avenir des jeunes, et aujourd'hui, plus que jamais, ces qualités t'honorent."
Une amitié de 62 ans pour un moment solennel
Bernard Pons a ouvert son discours en remontant au 21 septembre 1964, jour où lui et Yvan Lachaud commençaient ensemble leur sixième au collège Saint-Stanislas. "62 ans plus tard, c'est avec beaucoup d'émotion et d'amitié que je vais te remettre cet insigne", a-t-il déclaré. Il a retracé le parcours d'Yvan Lachaud, depuis ses premières responsabilités de délégué de classe jusqu'à la direction d'un réseau qui accueille aujourd'hui près de 6 800 élèves, étudiants et apprentis répartis sur sept sites. Il a particulièrement salué son travail sur l'inclusion des élèves en situation de handicap, bien avant que la loi n'en fasse une obligation dans les années 2000. "Ce que d'autres théorisaient, tu l'avais déjà fait." Cette distinction, remise par décret du président de la République du 15 mai 2026 sur proposition du ministre de l'Éducation nationale, récompense selon les termes officiels "40 années au service de la jeunesse et de l'éducation".
Yvan Lachaud raconte son parcours avec émotion
Dans son discours de réponse, Yvan Lachaud a retracé avec beaucoup d'humilité son propre parcours, depuis son enfance dans un quartier populaire de Nîmes. Fils d'une femme de ménage, il a évoqué une lettre reçue à ses débuts à la direction de l'Institut, dans laquelle des parents d'élèves estimaient "inconsolable et inadmissible que le fils d'une femme de ménage soit nommé directeur de l'Institut d'Alzon".
Il a rendu un hommage appuyé à Sœur Claire, religieuse qui lui avait confié la direction dès 1986 malgré les oppositions. "Une carrière peut être faite de compétences, de travail et d'efforts, mais elle est aussi faite de rencontres qui changent une vie. Pour moi, Sœur Claire est incontestablement l'une de ses plus belles rencontres." Rappelant la mission qui lui avait été confiée à ses débuts, créer un enseignement supérieur, il a conclu avec une satisfaction non dissimulée, quelques semaines seulement après l'inauguration du Campus Pôle Santé le 21 septembre dernier.