Même si la saison sera présentée mercredi 15 septembre à 18h au Bar du Midi avec marionnettes, paroles et chansons (gratuit), c’est aussi par ses choix que Le Périscope est encore en vie alors que le monde de la culture est dans le dur.
Nouveau projet artistique, culturel et d’établissement, Le Périscope affirme sa place de scène pluridisciplinaire en itinérance urbaine et fabrique d’arts vivants, avec un projet ancré dans Gambetta-Richelieu, ouvert sur les quartiers de Nîmes, les arts de la marionnette, le théâtre d’objets, l’espace public, la création contemporaine et la coopération territoriale qui va courir jusqu’en 2029.
En lieu et place des longs discours, Antonin Beaury préfère aller droit au but. « Parlons du projet et de son évolution. Depuis un an, il y a une nouvelle direction, les projets évoluent. Je suis arrivé au printemps 2025 avec l’idée de s’inscrire dans la continuité de ce qu’était Le Périscope : construire, rencontrer, imaginer un projet ensemble. Je n’étais pas fermé, le contexte institutionnel et économique est compliqué mais il faut nous inscrire dans la durée. »
Depuis 1988, l’histoire du Périscope se construit par étapes, entre action culturelle, création et expérimentation artistique, implantation dans les quartiers et reconnaissance professionnelle. Implanté au cœur du quartier Gambetta-Richelieu à Nîmes, Le Périscope est un théâtre de proximité, un lieu de création contemporaine et un espace de rencontre entre les artistes, les habitants et les publics. Porté par l’association Kaléidoscope, Le Périscope défend depuis son origine l’accès à la culture pour toutes et tous. Son projet articule programmation de spectacles vivants, soutien à la création, actions culturelles, éducation artistique et projets participatifs. Théâtre, marionnettes, théâtre d’objets, formes animées, arts du cirque, danse, musique et arts dans l’espace public y composent une saison ouverte sur les enjeux contemporains.
« Je voulais comprendre l’histoire des lieux, en 2028 nous aurons 30 ans d’histoire et l’association en aura 40. Les bénévoles viennent nous prêter main forte tout au long de l’année, merci à eux. Nous voulions renforcer la présence du Périscope dans la ville, rendre le spectacle vivant réellement accessible au plus grand nombre et notre réponse a été d’amener le projet dans l’espace public. Le théâtre garde une programmation dans ses murs mais nous travaillons sur l’itinérance et l’exploration de la ville et de ses quartiers », assure Antonin Beaury,
Aujourd’hui, Le Périscope affirme une ambition claire : faire vivre un théâtre ancré dans son territoire, attentif aux habitants, aux artistes émergents, aux compagnies d’Occitanie et aux publics parfois éloignés des lieux culturels. À travers une programmation pluridisciplinaire et une présence renforcée hors les murs, il fait du spectacle vivant un espace de partage, de dialogue et d’expérimentation.
Installé dans le quartier Gambetta-Richelieu, classé quartier prioritaire de la Politique de la Ville, Le Périscope inscrit son action dans une dynamique de proximité. Il ne se limite pas à la diffusion de spectacles : il agit comme un espace de rencontres et comme un point d’appui pour les acteurs sociaux, éducatifs et associatifs du territoire.
Sur la période 2026-2029, son projet renforce cette présence auprès des habitants de Gambetta-Richelieu tout en maintenant des passerelles avec d’autres quartiers prioritaires de Nîmes, notamment Chemin Bas d’Avignon et Mas de Mingue. L’itinérance urbaine devient un axe structurant : le théâtre va à la rencontre des publics dans l’espace public, les espaces naturels, les centres sociaux, les médiathèques, les lieux du quotidien et les structures partenaires.
La programmation s’adresse à tous les publics et s’inscrit dans une logique de proximité : au théâtre, dans les quartiers, dans les écoles, les médiathèques, les centres sociaux, les lieux de vie et l’espace public.
Le nouveau directeur, Antonin Beaury, ajoute : « L’itinérance ne pouvait pas s’imaginer en étant seul. Nous avons repéré et rencontré les acteurs culturels et éducatifs pour que l’on travaille ensemble autour de la création et de la diffusion artistique. Nous avons plus de 60 % de la programmation en collaboration avec d’autres acteurs, institutionnels ou associatifs ! Les arts et l’espace public prennent une place importante mais nous n’abandonnons pas les marionnettes. »
Les budgets de l’État ont mis du temps à être actés et celui de la culture a baissé de 10 %. Sur cette baisse, la DRAC Occitanie a dû faire des choix et a suivi le gouvernement. Pour Nîmes, elle préserve le fonctionnement du théâtre de Nîmes et écarte l’idée d’une nouvelle convention avec Le Périscope. Il s’agit d’une baisse de 60 000 euros pour l’année 2026 ! C’est considérable.
Le Périscope est aussi une fabrique artistique. Il accompagne chaque saison des équipes en résidence, des créations en cours, des compagnies émergentes et des artistes implantés dans le Gard et en Occitanie. L’accompagnement peut prendre plusieurs formes : mise à disposition du plateau, accueil en résidence, coproduction, mise en réseau, rencontres avec les publics et les programmateurs.
La fabrique artistique du Périscope aidera, cette saison, une douzaine de compagnies et auteurs, en résidences ou en soutien à la création.
Cette attention à la création contemporaine permet au théâtre de soutenir les jeunes équipes artistiques, de favoriser l’expérimentation et de donner une visibilité aux projets qui dialoguent avec les réalités sociales et culturelles du territoire.
Le Périscope défend une conviction simple : l’art n’a de sens que s’il est partagé. Son projet place les publics au centre, qu’il s’agisse des enfants, des adolescents, des familles, des habitants des quartiers, des scolaires, des étudiants, des publics accompagnés, des personnes en situation de handicap ou des spectateurs déjà familiers du théâtre.
Les actions de médiation, les ateliers de pratique artistique, les parcours d’éducation artistique et culturelle, les rencontres avec les artistes, les Résonances et les projets participatifs ouvrent différentes portes d’entrée vers le spectacle vivant. Le théâtre souhaite ainsi former des spectateurs curieux, sensibles et actifs, mais aussi faire du Périscope un lieu partagé, traversé par les voix, les usages et les imaginaires des habitants.
Antonin Beaury poursuit : « Nous travaillons sur la suite pour nous relever de cette situation, mais l’essentiel demeure l’aspect artistique, la programmation. Nous défendons ce que nous défendons depuis toujours, nous voulons interroger notre société, nous interroger autour du vivant, de la société, des questions de genre… Il y aura de nombreuses activités en dehors des spectacles, nous voulons créer des débats et des dialogues, nous poser des questions et échanger. »
L’accessibilité sociale est un principe structurant du projet. Le Périscope poursuit une politique tarifaire accessible, lisible et non stigmatisante, complétée par des propositions gratuites ou très accessibles hors les murs. Il travaille aussi avec des structures sociales, médico-sociales, éducatives et associatives pour lever les freins économiques, symboliques et pratiques à l’accès aux œuvres.
L’accessibilité aux personnes en situation de handicap est également un axe de travail. Le théâtre développe notamment des liens avec l’Association des sourds du Gard, la Fédération des aveugles et amblyopes de France, et souhaite renforcer l’accueil de spectacles accessibles, de propositions visuelles, de vidéos en langue des signes et de spectacles en audiodescription.
Enfin, le Périscope inscrit son action dans une démarche de responsabilité environnementale : itinérance raisonnée, mutualisation des tournées, coopération entre structures, attention aux ressources et programmation interrogeant notre rapport au vivant.
« Le Périscope est ce lieu de recherche que les artistes peuvent prendre pour créer. Dès cette saison, nous aurons beaucoup de belles équipes artistiques, nous avons une petite jauge, un rapport au public très intéressant et des risques seront pris avec ces créations ! Notre public est sensibilisé à cela. Nous avons un vivier de projets, d’actions artistiques et de médiation tout au long de l’année ! »
Pour assurer l’esprit de « fabrique d’arts vivants et de scène pluridisciplinaire en itinérance urbaine », il faut trouver des alliés. Une vingtaine de compagnies viendra en résidence dans le laboratoire de recherche qu'est le Périscope. Le théâtre veut accompagner l’émergence car les jeunes artistes ont du mal à se repérer dans cette usine qu’est le monde du spectacle vivant. Rendez-vous le 15 décembre au Périscope de 9h30 à 18h pour une journée d’exception.
Et, pour finir, n’oubliez pas que les tarifs mis en place par Le Périscope sont à la hauteur des moyens du public. Des tarifs réduits, mini, doux ou solidaires. Et ça, ce geste, ce panache, ça n’a pas de prix !
Théâtre Le Périscope, 4 rue de la Vierge, 04 66 76 10 56.