Deux ans après un premier passage de seulement quelques mois, le défenseur central Rayane Khemais est de retour à l’OAC, avec l’ambition de vivre une toute autre aventure. Né à Nîmes et formé dans le Gard, il retrouve également Esteban Ruiz, son ancien partenaire de football depuis leur enfance à Vergèze, avec qui il compose aujourd’hui la charnière centrale alésienne.
Objectif Sud : Vous êtes de retour à Alès après un premier passage qui avait été assez court. Pourquoi avoir choisi de revenir à l’OAC ?
Rayane Khemais : J’avais bien aimé mon premier passage ici. Je connais la ville, puisque je suis né à Nîmes et que je suis à côté. J’avais aussi bien aimé les supporters, le club, je savais comment ça se déroulait. Je connaissais Jean-Marie Pasqualetti, qui était directeur sportif quand j’étais là, et plusieurs joueurs que je connaissais déjà. Tout ça a fait un mélange qui m’a donné envie de revenir.
À l’époque, vous n'aviez joué que quatre matchs de championnat. Est-ce que vous avez gardé un sentiment d’inachevé ?
Oui, ça m’a laissé un petit goût d’inachevé. Je n’avais fait que quatre matchs et j’étais arrivé en méforme, puisque ça faisait six mois que je n’avais pas joué. Le temps de me remettre en forme, je n’ai pas vraiment pu montrer tout mon talent.
Vous aviez également vécu la relégation de l’OAC. Comment avez-vous vécu cette période ?
Un peu mal. Quand je suis arrivé, c’était déjà très compliqué. Mais pour un club comme Alès, avec les supporters et les infrastructures qu’il y a, ça ne devrait pas être en N2. On doit être au minimum en N1.
Qu’est-ce qui a changé entre le Rayanne Khemais de 2024 et celui qui revient aujourd’hui ?
Beaucoup de choses ! Je me suis marié déjà. (rires) J’ai grandi, j’ai mûri. J’ai plus confiance en moi et je suis à la fleur de l’âge, j’ai 28 ans, donc je me sens très bien physiquement.
Vous connaissiez déjà quelques joueurs, mais le groupe a beaucoup changé depuis votre premier passage. Comment s’est passée votre intégration ?
Express ! Le groupe est génial, que ce soit les jeunes ou les anciens. Il y a une très bonne ambiance et les nouveaux sont directement intégrés. Moi, par exemple, j’ai été très bien intégré dès le début, donc il n’y a pas eu de souci.
L’ambition de jouer les premiers rôles et de retrouver rapidement le National 1 a-t-elle pesé dans votre choix ?
Ah oui, c’est sûr. Moi, je suis un compétiteur, je veux gagner tous les matchs et je sais que ce club a cet ADN-là : gagner tous les matchs, être compétiteur. Il y a des ambitions, le président l’a dit, tout le monde l’a dit, ils veulent vite remonter. Pourquoi pas cette année ?
« J’ai l’ADN du Gard »
Vous êtes né et vous avez été formé à Nîmes. Qu’est-ce que représente le Gard pour vous dans votre parcours de footballeur ?
Toute ma famille est ici dans le Gard, j’ai grandi dans le Gard. J’ai l’ADN du Gard. Être dans un club du Gard, c’est la meilleure des choses pour moi.
Vous avez pourtant beaucoup voyagé depuis vos débuts, notamment en Tunisie, en Belgique et dans le Jura. Que vous ont apporté ces expériences ?
Franchement, c’était super. C’est là que j’ai grandi en tant qu’homme. Partir très tôt de chez moi, à 18 ans, pour aller en Tunisie, ça m’a fait grandir en tant qu’homme et en tant que joueur. J’ai appris beaucoup de choses avec beaucoup de coachs et beaucoup de coéquipiers. Ça n’a fait que me faire grandir.
Vous avez également connu la première division en Tunisie et le championnat belge. Ce sont des expériences qui vous ont marqué ?
Oui, j’ai connu de bons niveaux, affronté de très bons joueurs. Ça m’a fait grandir et franchement, c’était une expérience inoubliable.
En Tunisie, vous étiez notamment avec d’autres joueurs nîmois. Vous y avez retrouvé Daysam Ben Nasr, ancien olympien et joueur d'Atlas Paillade désormais, devenu depuis un proche ?
Oui. Après lui, c’est devenu comme un frère pour moi. On est restés ensemble en Tunisie, puis après Alès et tout. On est toujours en contact, on s’appelle toutes les semaines. C’est devenu comme un frère et un vrai ami pour moi.
« Je pensais pas un jour jouer avec Esteban, c'est magnifique »
Cette saison, vous retrouvez également Esteban Ruiz, que vous connaissez depuis votre enfance à Vergèze. Quand vous avez appris que vous alliez enfin jouer ensemble à l’OAC, qu’est-ce que vous avez ressenti ?
Ça nous a fait plaisir. On l’a su assez tôt parce qu’il avait signé très tôt aussi. Ça nous a fait extrêmement plaisir de jouer ensemble parce que ça fait très longtemps qu’on se connaît. Franchement, je ne pensais pas un jour jouer avec lui, donc c’est magnifique.
Et finalement, vous composez aujourd’hui la charnière centrale de l’OAC. Est-ce que votre connaissance mutuelle vous aide ?
Oui. On est assez complémentaires. Lui est à droite, moi à gauche. On se connaît par cœur donc, parfois, il n’y a même pas besoin de parler. Alors qu’on n’avait jamais joué ensemble en compétition, on a fait énormément de foot ensemble en dehors. On se connaît, je connais ses qualités et il connaît les miennes. On connaît aussi nos défauts.
Comment décririez-vous Esteban comme défenseur ?
C’est un défenseur rugueux, il est fort sur l’homme et il aime bien défendre en avançant. Moi, quand il va avancer, je le lis directement et j’arrive à le couvrir. Il a aussi une bonne vitesse, donc il peut rattraper l’attaquant. Franchement, c’est un défenseur complet.
« Le potentiel est là »
L’OAC a affiché cette saison l’ambition de jouer les premiers rôles en N2. Est-ce que vous sentez que l’équipe a les moyens de ses ambitions ?
Oui, le potentiel est là. Après, le championnat est long, comme on dit, c’est un marathon. C’est très long et ce n’est que le début. On a déjà six points, on espérait en avoir plus, mais maintenant on va se concentrer sur samedi. Le potentiel, il est là.
Personnellement, qu’êtes-vous venu chercher dans cette deuxième aventure à l’OAC ?
Déjà, prendre du plaisir et retrouver un club avec une certaine compétitivité. Je sais que ça vise haut, donc je suis venu prendre du plaisir, jouer et surtout gagner. Parce que le plaisir pour moi, c’est gagner.
Est-ce que retrouver la N1 avec l’OAC peut représenter une forme de revanche après votre premier passage ?
Oui, ça serait une très belle revanche. Et surtout avec ce club, qui mérite largement d’être en N1.
Pour terminer, un mot sur les supporters. Qu’attendez-vous d’eux pour cette saison ?
Ce qu’ils font déjà : venir nous encourager. Ils sont là à l’extérieur comme à domicile. Ils continuent à nous encourager, on les entend quand on joue et ça nous aide, ça nous pousse. Qu’ils soient nombreux à domicile et qu’on arrive à être champions avec eux, ce serait formidable.