C’était un secret de Polichinelle depuis plusieurs semaines dans le milieu économique nîmois. Alors que le prestigieux hôtel cinq étoiles L’Imperator est à la vente, le nom de Denis Allegrini circulait avec insistance parmi les repreneurs potentiels. Le patron de The Social Club confirme aujourd’hui, en exclusivité à Objectif Sud, être en discussion avec le groupe Maison Albar.
Contactées par Objectif Sud, les deux parties confirment l’existence de premiers échanges. Du côté de l’entourage de la direction du groupe Maison Albar, la prudence reste de mise. « Nous ne faisons que discuter à ce stade. Rien de plus », nous confie-t-on. Une déclaration laconique, mais qui a le mérite de confirmer que le dossier est bien sur la table.
Du côté de Denis Allegrini, même franchise. L’entrepreneur gardois ne cherche pas à éluder le sujet. « Aujourd’hui, nier que nous échangeons autour de l’Imperator ne serait pas sérieux », reconnaît-il. Et pour cause. L’homme ne cache pas son attachement à cette institution nîmoise, qui occupe une place particulière dans l’histoire de la ville. « Comme beaucoup de Nîmois, je souhaite avant tout qu’il continue à rayonner. »
Une éventuelle reprise de l’Imperator constituerait une nouvelle étape dans le développement de The Social Club. Le groupe gardois s’est progressivement imposé dans l’univers de l’hôtellerie et de la restauration haut de gamme. Denis Allegrini tient d’ailleurs à rappeler le chemin parcouru : « The Social Club est aujourd’hui l’un des rares opérateurs indépendants du territoire, et le premier groupe gardois à exploiter plusieurs établissements cinq étoiles ainsi que trois restaurants gastronomiques étoilés. »
« Je ne sors pas de la cuisse de Jupiter »
Mais entre l’intérêt affiché et la concrétisation d’un rachat, il reste encore du chemin. Et Denis Allegrini le sait mieux que personne. Pas question, à ce stade, de laisser croire que l’affaire est entendue. « Je ne sors pas de la cuisse de Jupiter. Nous sommes encore au début d’un processus et un projet de cette importance suppose de réunir des partenaires financiers, institutionnels et opérationnels, de conduire des audits et de confirmer un certain nombre d’hypothèses. »
Le message est limpide. Si les discussions sont engagées, les conditions d’une éventuelle reprise restent à réunir. Le financement d’une telle opération, la mobilisation de partenaires et les vérifications préalables constituent autant d’étapes incontournables avant d’envisager une quelconque signature.
L’entrepreneur gardois ne veut d’ailleurs pas présumer de l’issue des échanges. « J’ai l’humilité de dire que parfois, je ne réussis pas. Nous allons donc travailler dans les semaines à venir avec l’ensemble des acteurs concernés. » Une manière de rappeler que les ambitions, aussi fortes soient-elles, ne suffisent pas à faire aboutir un dossier de cette envergure.
L’Imperator bientôt de retour dans le giron local ?
Au-delà de l’opération économique, l’enjeu est aussi symbolique. L’Imperator n’est pas un hôtel comme les autres. Véritable institution nîmoise, l’établissement fait partie du patrimoine et de l’histoire de la cité des Antonin. Son éventuel retour entre les mains d’un entrepreneur du territoire ne manquerait donc pas de susciter un intérêt particulier.
Reste à savoir si Denis Allegrini parviendra à fédérer autour de lui les partenaires nécessaires pour mener cette opération à son terme. Car si l’intérêt est confirmé, aucun accord n’est encore annoncé. Sur ce point, le patron de The Social Club préfère garder les pieds sur terre. « Le moment venu, nous communiquerons naturellement avec transparence et responsabilité. » Avant de conclure par une formule qui résume parfaitement sa position : « Je serais très heureux de participer à l’avenir de l’Imperator, mais dans ma vie les projets se réalisent avec des partenaires, pas avec des déclarations. »
Les discussions sont donc bien réelles. Et pour la première fois, les deux parties acceptent de le reconnaître publiquement dans les colonnes d’Objectif Sud. Reste désormais à transformer ces premiers échanges en un projet suffisamment solide pour aboutir.