C’est une cérémonie traditionnelle de la vie militaire qui s’est tenue mardi 3 novembre en fin d’après-midi au château d'Espeyran à Saint-Gilles. Présidée par Félix Bouchard, directeur de cabinet de la préfecture du Gard, la prise d’armes a rassemblé, sous l’autorité du colonel Emmanuel Casso, commandant le groupement de gendarmerie départementale du Gard, les troupes du département. Étaient réunis les militaires de l’escadron départemental de contrôle des flux et des compagnies d’Alès, Bagnols-sur-Cèze, Le Vigan, Vauvert et Nîmes, ainsi que les récipiendaires, sous les ordres du lieutenant-colonel Laurent Barraja, officier adjoint commandement.
Après l’accueil des autorités, le colonel Casso a passé les troupes en revue, avant la remise de quatre décorations et de huit récompenses. Deux médailles pour actes de courage et de dévouement ont été remises par Félix Bouchard. Le colonel Casso a pour sa part remis une médaille d’or de la défense nationale avec étoile de bronze et une médaille de la défense nationale échelon bronze. Un chien du groupe cynophile a lui aussi été décoré. Des militaires ayant organisé la session inédite du stage de préparation militaire des sportifs de haut niveau de la gendarmerie nationale ont également été félicités.
Dans son ordre du jour, le colonel Casso s’est adressé en particulier aux militaires récemment affectés dans le département, présentés au drapeau du groupement. "Ce drapeau n’est pas un simple tissu. Il est le symbole vivant de la République, de la Nation et de l’histoire glorieuse de notre institution", a-t-il déclaré. Il a rappelé que "le gendarme a toujours été et restera le garant de l’ordre public et de la sécurité des citoyens au prix de son sang, si nécessaire".
Évoquant leur place dans le territoire, il a souligné que leur force résidait dans "ce statut militaire conjugué à un maillage territorial unique". "Cette proximité est votre atout majeur, mais elle exige de vous une rigueur exemplaire et une intégrité sans faille", a-t-il ajouté.
Un été et un automne très sollicitants
Le commandant du groupement a dressé le bilan des derniers mois : saison estivale marquée par une forte affluence touristique, fêtes traditionnelles et votives, feux de forêt et violents épisodes cévenols. "Votre réactivité et votre discipline ont été déterminantes pour protéger les vies et les biens face à la violence des flammes", a-t-il estimé, saluant le travail mené "main dans la main avec les sapeurs-pompiers". Face aux intempéries, les gendarmes sont intervenus "sans relâche" pour secourir les sinistrés et sécuriser les axes.
Le colonel a également évoqué les récentes mobilisations pour le maintien de l’ordre : manifestations lycéennes, contre la vie chère, journées nationales d’action. "Si le droit de manifester est un pilier constitutionnel de notre démocratie, il ne doit pas se faire au prix de la violence ni porter atteinte au droit à l’éducation", a-t-il déclaré, jugeant que les gendarmes avaient agi "avec discernement, fermeté et proportionnalité", et précisant que cette mobilisation se poursuivrait.
Trois piliers
Le colonel Casso a fixé trois principes à l’action des gendarmes : le service public, la discipline et la cohésion, et l’exemplarité. "En uniforme, vous incarnez l’État. Votre conduite, en service comme en dehors, doit être irréprochable", a-t-il insisté, ajoutant qu’il leur revenait de préserver la dignité humaine, de lutter contre toutes les formes de discrimination et de faire preuve de discernement dans l’usage de la force.
Il a conclu en invitant les troupes à regarder leur drapeau : "Il est votre boussole, il est votre fierté". Il leur a aussi souhaité une excellente intégration dans les unités, guidée par la devise qu’il souhaite pour le groupement : servir ensemble.
Un nouveau commandant pour la compagnie de Nîmes
La cérémonie s’est poursuivie par l’investiture du chef d’escadron Raphaël Colin, qui prend le commandement de la compagnie de gendarmerie départementale de Nîmes. Selon la formule rituelle, le colonel Casso a demandé aux officiers, sous-officiers et gendarmes adjoints volontaires de la compagnie de le reconnaître pour chef et de lui obéir "pour le bien du service". Il lui a ensuite remis le fanion de la compagnie.