Publié il y a 1 h - Mise à jour le 16.10.2026 - Abdel Samari - 2 min  - vu 281 fois

ÉDITORIAL Nîmes Métropole : 2,2 millions d'euros qui pourraient coûter cher

Le maire de Nîmes, président de Nîmes métropole pose le diagnostic de notre territoire à Dunkerque.

- Photo DR Objectif Sud

En voulant réaliser des économies sur le dos des collectivités, l'État oublie une réalité : tous les territoires ne sont pas logés à la même enseigne. Et dans le Gard, certaines dépenses sont tout simplement vitales.

2,2 millions d'euros. C'est la somme que pourrait perdre Nîmes Métropole avec le projet de loi de finances pour 2027. Vincent Bouget, son président, a tiré la sonnette d'alarme à l'occasion du Congrès des Intercommunalités de France, à Dunkerque. Une inquiétude partagée par de nombreux présidents d'agglomération, confrontés à la baisse annoncée de leurs ressources. Évidemment, l'État doit faire des économies. La situation de nos finances publiques ne laisse guère le choix. Mais faut-il pour autant appliquer les mêmes règles à tous les territoires, sans tenir compte de leurs réalités ? Prenons Nîmes Métropole. Ici, la lutte contre les inondations n'est pas une option. C'est une nécessité. Des millions d'euros doivent être investis pour protéger les populations. Des travaux souvent invisibles pour les habitants, qui ne font pas forcément gagner des voix aux élections, mais qui peuvent, un jour, sauver des vies. Dans une ville marquée par les terribles inondations de 1988, personne ne peut sérieusement considérer ces investissements comme secondaires. À cela s'ajoute le défi du changement climatique. Dans le sud de la France, les épisodes méditerranéens, les sécheresses et les fortes chaleurs imposent déjà des investissements considérables. Gestion de l'eau, adaptation des infrastructures, aménagement du territoire : autant de dépenses que les collectivités ne peuvent pas indéfiniment repousser. Enfin, il y a la réalité sociale. Le Gard reste l'un des départements les plus pauvres de France. Ici, chaque euro investi dans les équipements publics, les services ou le développement économique compte. Retirer 2,2 millions d'euros à une collectivité dans un territoire déjà fragile n'a pas nécessairement les mêmes conséquences que dans une région plus prospère. Depuis Dunkerque, Vincent Bouget résume cette inquiétude : « Derrière les chiffres, il y a des répercussions très concrètes pour nos habitants de Nîmes Métropole. » Sur place, ses échanges avec plusieurs élus d'Occitanie ont aussi porté sur le manque de visibilité financière des collectivités. Comment préparer des investissements sur plusieurs années quand les ressources deviennent incertaines ? Le président de Nîmes Métropole a également convenu d'un prochain rendez-vous avec le maire de Dunkerque pour échanger sur la rénovation urbaine. Un autre enjeu majeur pour l'agglomération nîmoise, où les besoins restent importants dans plusieurs quartiers. L'État gagnerait donc à regarder attentivement la situation de chaque territoire avant de décider des sommes à lui retirer. Ses ressources, ses difficultés sociales, son exposition aux risques naturels et les investissements. Car à Paris, une économie de 2,2 millions d'euros peut sembler dérisoire au regard des milliards recherchés. À Nîmes, elle peut représenter des travaux reportés, des projets retardés et des protections qui devront attendre. Faire des économies est une nécessité. Les faire sans discernement pourrait coûter beaucoup plus cher. Et parfois, le prix à payer ne se compte pas seulement en euros.

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