L'été caniculaire s'achève et le thermomètre s'affole toujours à Arles. La situation n'est pas prête de s'améliorer avec des températures autour des 30° cette semaine, et toujours pas de précipitations en vue. Au cours des 16 dernières années, la commune a connu une aggravation jugée très élevée des conditions climatiques mesurables : températures, précipitations, humidité, jours de canicule, particules fines dans l'air. Elle figure, selon le média de vulgarisation scientifique Futura Sciences, en cinquième place dans le classement des villes les plus menacées par le réchauffement climatique après Sète, Agde, Marseille et Avignon.
Les raisons pour se mobiliser à l'occasion de la Marche pour le climat, samedi 26 septembre, ne manquent pas. Cette marche citoyenne a lieu dans 140 lieux en France afin de réclamer des mesures urgentes après cet été dramatique marqué des feux d'une ampleur inédite et au moins 7 300 personnes décédées des suites de la canicule.
Rendez-vous à 15h place de la mairie
Le rendez-vous est donné sur Arles, samedi à 15h, place de la Mairie, par les associations citoyennes et de défense de l'environnement participant à l'événement : En travers de la Route, Attac, Changeons d'Avenir, NACICCA, La LDH, Extinction rebellion, Vigueirat Nature, Agir pour la Crau, Les Flamants roses du Trébon.
Cyril Girard, membre actif du collectif "Changeons d'Avenir", appelle les citoyens à se mobiliser. Il constate, avec dépit, l'impréparation des politiques nationales et locales face à ces changements climatiques. Au point de se demander si le territoire arlésien sera encore habitable à l'horizon 2050.
"Depuis la création du GIEC (groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) en 1988, la réponse est largement insuffisante, lorsqu'elle existe. Au contraire, les lois écocides se multiplient (loi Duplomb) et la répression se durcit contre les militants écologistes au niveau national. Les personnes en responsabilité ne cachent pas leur hostilité manifeste aux questions environnementales, en stigmatisant les citoyens qui se mobilisent dans des amalgames indignes et dangereux. Le député de notre circonscription représente un parti climatosceptique qui voue une admiration réelle à la politique de Donald Trump et qui traite régulièrement les écologistes de "djihadistes verts".
"À quoi sert-il de lutter contre la THT pour ensuite livrer notre territoire aux entrepreneurs du BTP?"
Ancien élu d'opposition, Cyril Girard n'en pense pas moins de Patrick de Carolis et de sa politique. "Le maire d'Arles et président de l'ACCM en charge des questions environnementales a fustigé l'écologie et les politiques publiques d'environnement durant toute la campagne électorale. Il soutient un gouvernement qui vote des lois qui criminalisent les militants et favorise la destruction du vivant. Depuis sept ans, par dogmatisme le territoire ne se prépare pas aux changements en cours. La lutte contre la THT, qui semble faire l'unanimité sur notre territoire, est l'arbre qui cache la forêt : à quoi sert-il de lutter contre la THT pour ensuite livrer notre territoire aux entrepreneurs du BTP qui portent des dizaines de projets industriels soutenus par l'ensemble de la classe politique ? L'écologie sans écologistes, c'est du jardinage. Nous appellons tous les citoyens à nous rejoindre pour reprendre la main sur ces sujets".