Publié il y a 9 h - Mise à jour le 23.09.2026 - Abdel Samari - 2 min  - vu 967 fois

ÉDITORIAL Nîmes, l’aéroport entre dans une zone de turbulences

aéroport nîmes

L'un des avions de Ryanair

- Photo DR

Avec seulement deux destinations régulières maintenues cet hiver et une dépendance toujours aussi forte à Ryanair, l’aéroport de Nîmes se retrouve à nouveau face à ses fragilités. 

Il y a quelques années encore, on nous promettait 400 000 passagers. De nouvelles lignes. De nouvelles compagnies. Et un aéroport de Nîmes capable de changer de dimension. Aujourd'hui, le réveil est plus brutal. Cet hiver, après l'arrêt de Londres, Dublin, Porto et surtout Bruxelles-Charleroi, il ne devrait rester que deux destinations régulières : Fès et Marrakech. Certaines lignes peuvent revenir au printemps. Porto avait déjà disparu l'hiver dernier avant de reprendre en avril. Mais quand même. Bruxelles-Charleroi, c'est vingt ans d'histoire avec Nîmes. Londres remonte même à 2000 et à l'arrivée de Ryanair. Ce que l'on pensait acquis ne l'est plus vraiment. Il faut dire que Ryanair n'est pas là pour faire de l'aménagement du territoire. La compagnie fait ses comptes. Ouvre, ferme ou déplace ses lignes en fonction de ses intérêts économiques. La Belgique vient encore d'en faire l'expérience avec la réduction annoncée de son programme à Charleroi face à l'augmentation de la fiscalité. Les avions iront ailleurs. Là où les conditions seront plus avantageuses pour la compagnie. Ryanair fait son métier et défend ses intérêts. À Nîmes de défendre les siens. Car la vraie faiblesse est là. Depuis plus de vingt ans, l'aéroport dépend presque entièrement de la compagnie irlandaise pour ses vols commerciaux réguliers. Quand Ryanair ouvre une ligne, Nîmes progresse. Quand elle réduit son programme, l'aéroport nîmois n'a quasiment aucune solution de remplacement. Et ce débat n'est pas nouveau. Yvan Lachaud, lorsqu'il présidait Nîmes Métropole, s'interrogeait déjà sur le coût de l'aéroport et imaginait davantage de complémentarité avec Montpellier. Une position qui n'avait pas fait que des heureux à l'époque. Franck Proust a ensuite fait le pari inverse : développer la plateforme, ouvrir de nouvelles lignes, attirer d'autres compagnies et viser 400 000 passagers. Un choix assumé. Sauf qu'après 259 000 passagers en 2024, le trafic a reculé en 2025. Nous sommes encore loin des ambitions annoncées. Et surtout de la trajectoire imaginée lors de la délégation de service public confiée à Edeis. Aujourd'hui, c'est Vincent Bouget qui hérite du dossier. Le nouveau maire de Nîmes et président de l'Agglomération temporise. Il observe probablement les chiffres, le contrat avec Edeis et les engagements pris avant son arrivée. On peut le comprendre. Mais pour combien de temps ? Car il existe désormais un double risque. Financier d'abord, si les objectifs de fréquentation ne sont pas atteints et que la collectivité doit continuer à mettre la main à la poche. Mais aussi pour l'avenir même de l'infrastructure si les vols commerciaux venaient à se réduire encore. Et il ne faut pas oublier tout ce qui existe autour : des emplois, des entreprises, des équipements et une plateforme qui accueille également la Sécurité civile. Un aéroport ne s'éteint pas d'un claquement de doigts. Et ne se rallume pas davantage quelques années plus tard. Arrêter coûte cher. Continuer aussi. C'est tout le paradoxe. Yvan Lachaud voulait repenser le modèle. Franck Proust a parié sur son développement. Vincent Bouget va devoir choisir la suite. Et cette fois, il ne suffira plus de promettre 400 000 passagers. Encore faut-il avoir des avions.

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