C'est une tradition pour l'équipe de France d'épée dames. Chaque début de saison, l'entraîneur national Frédéric Chotin embarque ses tireuses dans un stage de reprise aux activités variées. Après la montagne et la Guyane les années précédentes, c'est Nîmes qui a été choisie cette année, du lundi 21 au vendredi 25 septembre. "On connaissait très bien les locaux et le club. On savait qu'on arrivait en terre d'escrime", explique Frédéric Chottin. En dehors des séances d'entraînement, les athlètes ont profité du territoire avec du pickleball, du canoë kayak, du VTT et une sortie à la plage au programme.
La récente Halle des Sports a joué un rôle déterminant dans ce choix. "Ce sont des filles qui ont besoin d'avoir des équipements de qualité, ne serait-ce que pour éviter les blessures et garder leurs repères. La nouvelle salle du club de Nîmes répond et coche toutes ces cases." explique Frédéric Chotin.
Une fierté pour la ville de Nîmes
Bruno Ferrier, élu aux sports de la Ville de Nîmes, n'a pas caché sa satisfaction d'accueillir les équipes nationales dans la nouvelle salle. "C'est déjà une fierté de pouvoir accueillir deux équipes nationales. Cette fierté rejaillit sur toute la ville." Il a souligné que des classes des écoles nîmoises seraient associées à la venue des équipes, avant d'élargir la perspective au sport nîmois dans son ensemble. "La ville de Nîmes est bien représentée en France et en Europe. On a des clubs qui rayonnent, que ce soit en escrime, en handball, en tennis de table, en natation ou en athlétisme. Le sport nîmois se porte bien, on a 45 000 licenciés. Il y a un petit souci avec les équipements, mais on va y travailler. Il faut que le sport nîmois rayonne en France et dans le monde."
Une équipe au sommet, des objectifs encore plus hauts
Vice-championne olympique à Paris en 2024, championne du monde par équipe puis championne d'Europe par équipe cette saison, l'équipe de France d'épée dames présente un palmarès qui force le respect. Frédéric Chottin insiste sur la régularité comme premier objectif. "La première année on a gagné les championnats du monde par équipe, cette année on a gagné les championnats d'Europe par équipe. J'attends d'elles qu'elles conservent cette régularité." En ligne de mire, la qualification aux Jeux Olympiques de Los Angeles, dont les épreuves par équipe constitueront un élément clé du ranking. La force du groupe repose selon lui sur une alchimie humaine simple. "C'est un groupe sain, qui fonctionne bien entre elles. Elles se tirent la bourre de façon saine et sereine, et ça tire tout le monde vers le haut."
Du côté de la para-escrime, Quentin Fernandez-Anssoux, 22 ans, fleurettiste et épéiste en équipe de France, était également de la partie. Avec plusieurs médailles aux championnats du monde U23, un double titre de champion de France et une première médaille en Coupe du Monde senior au fleuret à Bradenton aux États-Unis, le jeune athlète aborde cette saison avec de grandes ambitions. "On va partir aux championnats d'Europe dans quelques jours. C'est le lancement de la paralympiade pour Los Angeles, c'est le début des qualifs." Le stage nîmois lui a servi à peaufiner sa préparation. "C'est vraiment de l'affinage et les derniers réglages avant de partir."
Un club nîmois qui surfe sur une vague de succès
Fulcran Fezard, président de la Société d'Escrime et escrimeur lui-même depuis quarante ans, a profité de la soirée pour dresser le bilan d'une saison historique pour le club. "On vient de finir notre meilleure saison en termes de résultats historiquement." Avec 14 internationaux formés cette année, le club ambitionne pour la saison à venir d'aller chercher la Coupe d'Europe en première division senior homme, tout en conservant les titres de champion de France chez les jeunes. La dynamique est telle que les inscriptions ont nettement progressé en ce début de saison. "On a le vent en poupe. Ça veut dire qu'on a beaucoup parlé d'escrime durant l'année, par nos résultats. On a été exposés, donc c'est plutôt bien."