Une édition "dans la plus pure tradition de la compétition", a souligné Christian Fina en présentant officiellement cette 67ᵉ édition du Critérium des Cévennes, dans l'auditorium de Saint-Hippolyte-du-Fort. "On est revenus sur un certain nombre de spéciales qui ont fait la renommée du rallye depuis 1954."
Et il est vrai que cette 67ᵉ édition fait saliver les amateurs de rallye. Avec une première spéciale en forme de classique, entre La Cadière et Sumène (même si le parcours inverse fait encore plus rêver avec l'enchaînement des épingles en descente). Une épreuve chronométrée suivie d'une autre, tout aussi classique, entre Le Rey et Mandagout. La première spéciale pouvait déjà apparaître comme un juge de paix. Mais pour certains pilotes, ce sont les spéciales de nuit qui joueront ce rôle, notamment la dernière du jour, entre Montdardier et Le Vigan, qui s'élance ce soir à 21h07.
Dans la deuxième étape de ce samedi, six spéciales s'enchaîneront. Mais la sixième est d'ores et déjà un monument, avec plus de 53,45 km, qui reprennent l'entièreté des parcours des quatre spéciales du matin. "On en avait fait une de 43 km l'an dernier, on monte à 53 km cette année. Je pense qu'on est arrivés à la limite de l'exercice", a néanmoins nuancé Christian Fina. Dimanche verra une super spéciale sur le parking du parc des expositions de Montpellier, pour clore l'évènement, après une journée presque exclusivement héraultaise.
En bon organisateur, Christian Fina a remercié les 400 bénévoles qui permettent à la course de se tenir. Il a aussi demandé au public de respecter les consignes, "l'avenir du rallye passe par là aussi". Un rallye qui est, selon le maire de Saint-Hippolyte-du-Fort, Stephan Berto, "bien plus qu'une compétition auto, un patrimoine vivant qui contribue au rayonnement de notre territoire (...) Préserver le critérium, c'est préserver un pan de notre patrimoine".
Président de la ligue Occitanie-Méditerranée de sport automobile, Samuel Teissier a mis en avant "le travail de fourmi de cet été, pour aller voir les maires et les riverains". Il a ensuite appelé le vice-champion du monde WRC 2, et Saint-Jeannais, Yohan Rossel pour le chambrer sur sa sortie de route de l'an dernier, dès les premiers virages dans le canyon de La Cadière : il lui a remis une plaque "Virage Yohan Rossel" à poser dans la courbe de son infortune de l'année dernière. Après la blague, Yohan Rossel a avoué qu'il avait hésité à participer cette année au Critérium. "Mais bon, le routier passe à 150 mètres de la maison..."
Parmi les pilotes présentés avant la course, l'éternel régional de l'étape, Jean-François Mourgues, est aussi présent, lui qui prit le départ du Critérium pour la première fois en 1981 et l'a remporté deux fois. "L'épreuve passe devant chez moi, a résumé le pilote cévenol. Je roule peut-être un peu moins vite qu'avant, mais le plaisir est toujours là." Une de ses victoires a d'ailleurs été acquise avec Denis Giraudet comme copilote. Celui qui fut champion du monde avec Didier Auriol participe aussi à ce 67ᵉ Critérium sur une Porsche, avec Raphaël Astier au volant.
Enfin, la course accueille pour la première fois le trophée Alpine, qui a donné lieu à l'installation de chargeurs ad hoc pour les véhicules électriques. "Une auto sympa, qui correspond bien à l'époque." Reste à la voir sur les routes sinueuses des Cévennes.