Une « primaire » avant l'heure. La semaine dernière, en bureau fédéral, les socialistes ont commencé à discuter des conditions d’organisation de la primaire PS. Cette compétition interne, les 9 et 10 octobre puis les 16 et 17 octobre, vise à choisir le candidat à la présidentielle pour le clan dit « social-démocrate ». Traduisez : la gauche non mélenchoniste. Les prétendants ont jusqu’au 15 septembre pour déclarer leur candidature. Il y a déjà du monde… Six candidats sont en lice, dont le député européen (Place publique) Raphaël Glucksmann ; le premier secrétaire du PS, Olivier Faure ; le député du Val-d’Oise à la tête du parti GRS (Gauche républicaine socialiste), Emmanuel Maurel… Ou encore l’ex-candidate à la présidentielle 2007, Ségolène Royal.
Primaire : bonne ou mauvaise idée ?
« Cette primaire peut nous donner une dynamique. C’est une bonne chose pour le camp de la gauche démocratique et progressiste », pense Pierre Jaumain, premier fédéral du Gard. Le socialiste cultive d'ailleurs le suspense quant au choix de son candidat. Pourtant, aujourd’hui, l'essentiel des élus de son courant au sein du PS (la présidente de la Région Carole Delga, le maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol...) soutiennent mordicus Raphaël Glucksmann.
Le principe de « primaire » n’est pas plébiscité par tous. « Une primaire, ça abîme… Ça peut très vite devenir un 'tous contre Raphaël Glucksmann.' Notre candidat à la Présidentielle aurait dû s’imposer par lui-même », commente un militant de Place publique. D’ailleurs, les premières critiques fusent contre le député européen. Celui-ci n'entend participer qu'à un seul débat et ce, sur une chaîne du service public. Problème : « Les moyens du PS sont indispensables pour faire la campagne. L’appareil socialiste avait besoin de valider leur choix autrement que par la logique des sondages ! », poursuit notre source.
Dans le Gard, Raphaël Glucksmann est représenté par l’ancien député écologiste de 2012 à 2017, Christophe Cavard. Son été fut très studieux avec une participation à plusieurs réunions publiques autour de lui, comme à Avignon ou encore à Bize-Minervois, dans l’Aude, le soir de l’éclipse : « On a discuté, c’est l’avantage de ces moments plus intimes que les grands meetings. Le temps passe et me montre que je ne me suis pas trop trompé… C’est un vrai homme de gauche, défenseur de la République sociale. »
Tous contre Raphaël Glucksmann ?
Tous ne sont pas sur la même ligne. D’ailleurs, le PS gardois a pris l’initiative d’organiser une assemblée générale à La Calmette, le 30 septembre. L’occasion aux représentants locaux de vanter les mérites de leur candidat. Seront invités l’ensemble des militants concernés par la primaire ainsi que ceux inscrits sur la plateforme nationale. Qui défendra les couleurs d’Olivier Faure ? Son courant doit prochainement se réunir pour en décider. Certains de ses partisans taclent déjà l'adversaire Glucksmann : « Il y a beaucoup de Macronistes dans son entourage ! Aurélien Rousseau, qui a participé à l’élaboration de la réforme des retraites d’Élisabeth Borne contre les syndicats et la rue ! Ou Sacha Houlié, ancien fondateur des Jeunes avec Macron… Il y en a marre de voir des gens extérieurs vouloir croître sur nos restes ! »
Autre représentant local : Emmanuel Maurel : « Aujourd’hui, si Raphaël Glucksmann est en tête dans les sondages, la primaire peut changer la donne. Emmanuel Maurel est un ancien frondeur du temps de François Hollande. Il est très axé sur le projet social du monde du travail en contradiction avec les lois Macron ! D’ailleurs, le message qu’il porte est une gauche “3D” : démondialiser, démarchandiser et démocratiser. »
Reste à savoir si Ségolène Royal, Jérôme Guedj ou Philippe Brun trouveront des relais locaux. « Il y a des candidats qui viennent surtout jouer le coup d’après… J’espère que le résultat sera net et la victoire incontestable », remarque un socialiste de la première heure. D'autant qu'un flou pourrait nourrir l'appétit d'autres candidats de la gauche « sociale-démocrate ». « L’ancien président François Hollande prédit une issue funeste à la primaire pour mieux se positionner ensuite », pense un autre socialiste.
L’ombre de François Hollande
L'ancien président de la République a quelques relais dans le Gard, comme un certain Alexandre Pissas. Le maire de Tresques et conseiller départemental du canton de Bagnols n'a pas manqué de faire part de son mécontentement concernant le vote, uniquement par Internet, de la primaire : « C’est un merdier… Tous les militants de ma section n'ont pas d'adresse mail (...) Concernant François Hollande, oui, c’est un ami… S’il y a un candidat investi pour cette primaire et qu’il se présente, je vais être en difficulté », répond-il. Il ne sera sans doute pas seul.
Et aussi :
Dans le Gard, un débat post « sénatoriales » Il n’a pas échappé à plusieurs militants que l’assemblée générale des membres de la primaire socialiste se ferait le 30 septembre, soit quelques jours après le résultat des élections sénatoriales : « En fonction de ce qu’il va se passer, il y aura règlement de comptes… Pas sûr que l’on parle vraiment de la présidentielle et des législatives. »