Du 25 au 28 septembre prochains, le Saint-Père effectuera un voyage apostolique en France. Après deux jours à Paris et avant de terminer son séjour à Metz, le pape Léon XIV se rendra à Lourdes, un des lieux importants du catholicisme. Pas moins de 800 bus et 150 000 personnes sont attendus aux abords du sanctuaire Notre-Dame. Dans la foule, se trouveront 500 Gardois qui feront le voyage afin de participer à la messe célébrée par le Pape le 27 septembre.
« 90 %, ce sont des personnes que nous n’avions pas dans nos bases de données »
Mais c’est aussi un casse-tête pour Jean-Michel Soliveres, le directeur des pèlerinages au diocèse de Nîmes : « Comment en faire profiter le plus de chrétiens du diocèse, pour que personne ne se sente rejeté. On a l’habitude d’organiser les pèlerinages, mais c’est plus intense et il faut gérer. Mon but est que les pèlerins vivent ce moment dans les meilleures conditions. Il faut s'occuper de l’hôtel, de l’intendance et du handicap de certains pèlerins. »
Neuf bus partiront de Gard, d’abord d’Alès, Villeneuve-lez-Avignon et Bagnols-sur-Cèze pour un dernier rendez-vous sur le parking du Parnasse à Nîmes et un départ à 7h du matin. Ce n’est qu’après sept heures de route (et deux arrêts) que les fidèles gardois arriveront à destination. Avec l’engouement déclenché par la venue du pape Léon XIV, de nouveaux pèlerins sont apparus : « 90 %, ce sont des personnes que nous n’avions pas dans nos bases de données », atteste Jean-Michel Soliveres.
« On va vivre des moments magiques »
Du côté des pèlerins, le grand jour approche : « Je ne pense pas que l’on verra le pape aussi bien qu’à la télévision. On va vivre des moments magiques dans une ambiance de joie et de prière. Cela fait 18 ans que nous n’avons pas eu de visite officielle d’un pape en France. J’y vais avec des jeunes, dont Hugo, mon petit-fils, mais aussi Manon, Coline et Cali », explique Bernard Belin, qui s’occupe de l’aumônerie des jeunes de l’ensemble paroissial de Bouillargues regroupant Bouillargues, Garons, Manduel, Redessan et Rodilhan.
Mais le présent du pape est aussi lié au passé gardois. C’est l’avis de Jean-Claude Rodriguez, le vicaire général du diocèse de Nîmes : « Ce sont de grands moments pour une nation. Le premier pèlerinage pour Lourdes est parti de la cathédrale de Nîmes, mais c’était dans la nuit, pour prendre le train, les gens ont marché avec des flambeaux. C’est possible que la procession aux flambeaux y trouve son origine. Cette année-là, vers 1880, 2 500 Gardois avaient fait le pèlerinage. »
Les deux formules mises en place par le diocèse de Nîmes ont rapidement trouvé preneur et une liste d’attente est établie afin de pallier certains désistements. Pour ceux qui ne pourront pas faire le déplacement, la messe solennelle de Pape Léon XIV sera retransmise dans l’église Saint-Charles, en direct de Paris, le samedi 26 septembre à 15h.
Le Gard et les papes, une longue histoire
À quand un pape en visite dans le Gard ? Ce ne sera pas pour cette année, mais dans le passé, notre région (le département n’existait pas encore) a vu son histoire liée à la papauté. Le pape Clément IV, qui a été marié et qui a eu neuf enfants avant d’entrer dans les ordres, était né à Saint-Gilles et son pontificat s’étend de 1265 à 1268. Clément V était le premier des neuf papes en Avignon, il régna de 1305 à 1314, l’année de sa mort à Roquemaure. Puis Innocent VI, pape de 1352 à 1362, est inhumé dans la chartreuse Notre-Dame-du-Val-de-Bénédiction à Villeneuve-lès-Avignon. Enfin, le 14 janvier 1208, Pierre de Castelnau, le légat du pape Innocent III, est assassiné près de Saint-Gilles. Sa mort est à l’origine de la croisade des Albigeois. « Dans le diocèse de Nîmes, nous avons un pape qui est né, un qui est mort et un qui est inhumé. Aucun autre diocèse ne peut en dire autant, à part Rome, et puis ne dit-on pas que Nîmes est la Rome française ? », conclut Jean-Claude Rodriguez, le vicaire général du diocèse de Nîmes.