Ce n'est ni une secte, ni même une communauté, seulement cinq familles, 16 personnes qui ont choisi de vivre dans un éco-hameau tout en travaillant à l'extérieur.
Acheté il y a dix ans en indivision un terrain de quelque 11 hectares a été découpé en plusieurs parcelles privées sur lesquelles chacun a construit sa maison "écologique" selon un cahier des charges commun, comme par exemple le toit végétalisé. A cela s'ajoute une partie commune de 8,5 ha et la mise en place de la phyto-épuration pour tous . "Nous n'avons pas de leçons à donner, ni même de grands mots pour traduire ce que nous vivons" explique Alexis Abbou qui vit ici depuis l'origine du projet il y a presque dix ans. "Si nous communiquons (1), c'est parce que beaucoup de gens ont envie de voir comment, concrètement, de telles expériences sont possibles. Mais pour nous le plus important est de progresser à notre rythme". D'ailleurs à Vabres on a préféré le titre de éco hameau à celui d'éco villages déjà relié à un réseau. "Au départ nous avons tous été très mobilisés par la construction de nos maisons", plus de 4 ans et demi de chantier pour Alexis qui n'a pas encore fini l'aménagement intérieur. "Aujourd'hui c'est vrai que l'on aimerait pouvoir s'intéresser aussi à ce qui se fait ailleurs".
L'éco hameau est en effet toujours en mouvement. Aujourd'hui deux terrains sont libres et il a été décidé de les couper en deux afin de les proposer à quatre familles avec de jeunes enfants. "Cela rééquilibrera les générations", (il y a déjà une famille avec deux enfants) explique Alexis Abbou, "et portera le nombre d'habitants du hameau à 23 personnes". Une intégration qui se fait très naturellement comme d'ailleurs s'est faite l'intégration dans le village de Vabres où la municipalité de Jean Morin à toujours accompagné le projet. "Un projet comme celui là ne peut voir le jour que si les autorités locales sont bienveillantes" commente Alexis Abbou, "notre principale difficulté à l'époque fut d'obtenir l'autorisation pour la phyto épuration", (la loi a évoluée dans le bon sens aujourd'hui, ndlr). "Cela a été beaucoup plus simple dès que nous avons été reconnus projet pilote pour le département".
Pour l'instant ils sont plusieurs a avoir des jardins, mais sans militantisme : "On a tous des boulots ailleurs". A Vabres, les familles vivent simplement en harmonie avec la nature avec des maisons qui s'y intègrent et la respectent. En harmonie entre les habitants aussi. "Dans les faits, on essaie de prendre les décisions communes à l'unanimité" explique Alexis, "ce n'est pas toujours facile et c'est souvent plus long". Là encore pas de modèle, le groupe reste à l'écoute... Alors le secret de la réussite ? "Peut-être que nous avons eu l'avantage de partir de quelque chose de concret en achetant notre terrain à l'origine du projet. Nous voyons passer ici beaucoup de monde avec de grandes et belles idées (dans le sens noble du terme)" ajoute Alexis Abbou, "mais trop peu de concret". Une chose est sûre, cette manière de vivre, ni ostensible, ni provocante interroge. "Quelque part les gens sont conscients qu'il y des choses qui vont mal dans la société, alors c'est peut être important de voir que c'est possible de vivre cela autrement".
(1) Voir le reportage "Les pieds sur terre" de la chaine Public Sénat sur Internet
Raphaël MOTTE
raphael.motte@objectifgard.com