Cinquante ans. C'est le temps que Serge Louis a donné au Comité de la feria de sa ville chérie. Un demi-siècle de dévouement, d'engagement, de passion, de défense des traditions. Serge Louis nous a quittés vendredi 29 octobre, à l'âge de 89 ans. Homme dévoué, aimé, respecté, il a été accompagné dans sa dernière demeure ce vendredi 6 novembre, lors d'une cérémonie à son image : simple, sincère, émouvante, portée par une pena et une musique d'arènes qu'il affectionnait tant.
Au cimetière des 9 Collines, ils ont été nombreux à venir lui rendre un dernier hommage, dans le silence du Concerto d'Aranjuez qui ouvrait la cérémonie. Des dizaines de foulards du Comité de la feria d'Arles, arborés en hommage, entouraient ses enfants et ses petits-enfants. Ces derniers n'ont pas voulu faire de ce moment un simple temps de tristesse. Ils l'ont voulu comme une célébration de sa vie, de ses passions, de ses souvenirs. Et ils sont tellement nombreux, les souvenirs de cet homme profondément attaché à son territoire, à ses traditions, aux moments de partage et de convivialité.
Serge Louis aura, sa vie durant, participé avec engagement à la vie de sa ville, et aura su créer des moments de fête rassemblant des générations entières. Préférant l'ombre à la lumière, l'emblématique président était un homme discret. Ses enfants, dont son fils qui a aujourd'hui repris le flambeau du Comité, ont souhaité raconter l'homme qu'il était au sein de sa famille, dont il était si fier. Un homme qui, derrière un caractère fort, se laissait émouvoir bien plus facilement qu'il ne voulait le montrer. Un homme indéniablement attaché à sa terre. "Cette Camargue, c'était chez toi. Les chevaux, les toros, les traditions, c'était ta façon de vivre. Et puis Arles, ses ferias, auxquelles tu as consacré cinquante ans de ta vie avec toujours cette même passion."
"De cette génération de grands Arlésiens qui ont tant donné à la ville"
Aficionado dès son plus jeune âge, Serge Louis ne voulait jamais manquer un paseo. Ces dernières années, quelque peu diminué après le décès de son épouse bien-aimée, c'est depuis son canapé, devant les chaînes espagnoles, qu'il revivait le temps d'une corrida, la musique, le soleil... Ses petits-enfants ont eux aussi pris la parole pour raconter leur grand-père, avec qui ils partageaient une forte complicité.
"Serge était de cette génération de grands Arlésiens qui ont tant donné à la ville, souvent avec discrétion. Son engagement mérite un profond respect", a salué l'empresa des arènes d'Arles, Jean-Baptiste Jalabert. Très ému, l'éleveur et ami de longue date Jacques Mailhan est revenu sur "les qualités de cet homme humble, son amour des toros, son côté fédérateur. C'est à lui que l'on doit l'abrivado des Bernacles". Et il a parsemé son hommage d'anecdotes joyeuses vécues ensemble dans les petits pueblos espagnols, à croire qu'on aurait aperçu ce fameux clin d'œil malicieux. "Certaines rencontres sont des dons du ciel, tu es de celles-là. Merci pour tous ces souvenirs que tu nous laisses", a-t-il ajouté.
Adessias Serge, et gramaci.