"C'est une réalisation universelle qui a pleinement démontré son utilité culturelle". C'est en ces termes que Jean-Paul Fournier, sénateur-maire de Nîmes, a consacré ce jeudi soir les vingt ans de Carré d'art. Face à un parterre de plusieurs centaines de personnes mobilisées sur le front de l'art et de la culture, "cet édifice hors du commun que les nîmois ont tour à tour apprivoisé, utilisé puis défendu", a été consacré comme il se devait, en présence de Jacques Toubon, ancien ministre de la Culture qui inaugura "cette oeuvre d'art exceptionnelle" dont Philippe Léotard posa la première pierre; Jacques Blanc, alors président du conseil régional Languedoc-Roussillon; Jean Bousquet, ancien maire de Nîmes qui eut "la pugnacité, la détermination et la politique visionnaire"de faire édifier le Carré d'art sur la friche de l'ancien théâtre ravagé par un incendie... sans oublier Bob Cale, premier supporter de cette agora culturelle d'exception, réunissant sous ce magnifique parallélépipède de verre et d'acier où se reflète la Maison carrée, une bibliothèque, un musée d'art contemporain ayant réservé ses cimaises aux plus grands artistes contemporains, des ateliers pédagogiques, salles de conférence... Le tout à l'échelle de la beauté architecturale de la ville.
"Avec ses volumes extraordinaires, le Carré d'art dialogue avec la Maison carrée comme le musée de la Romanité dialoguera demain avec les arènes. C'est une oeuvre qui transcende le génie et l'intelligence de l'homme", a souligné Jean-Paul Fournier, avant de remercier pour leur soutien, la municipalité de Jean Bousquet dont il était alors l'adjoint à l'Urbanisme, le conseil régional LR et l'Etat "moins frileux sur les projets culturels qu'il ne l'est actuellement". Autant dire, une référence directe au ministère de la Culture d'Aurélie Filipetti qui se fait tirer l'oreille pour financer le Musée de la Romanité.
Succédant au sénateur-maire de Nîmes, Norman Foster qui compte parmi les plus grands architectes du monde - on lui doit, à proximité, le viaduc de Millau - s'est rappelé l'excitation qui l'avait envahie lorsqu'il apprit qu'il avait remporté le concours international d'architecture organisé pour la conception de ce Carré d'art " dont le grand architecte fut finalement Jean Bousquet, un passionné d'art contemporain qui avait compris que la culture avait un rôle primordial à jouer dans la société et les équilibres de la cité". Pour marquer cet anniversaire, Norman Foster a accepté d'être le commissaire d'une exposition où il a réuni, avec la complicité de galeristes, plasticiens, fondations et collectionneurs privés, les oeuvres les plus significatives de 70 artistes de 17 pays, embrassant l'ensemble de l'art moderne et contemporain, ainsi que la création de pays émergents. Cette exposition labellisée "Année de la Culture Marseille-Provence", est visible jusqu'à la fin septembre.