Installé pour une deuxième saison sur le site de La Prairie, le Cratère poursuit sa volonté d’ouvrir ses portes et de construire sa programmation avec les acteurs du territoire. Autour d’Olivier Lataste, directeur du Cratère, Caroline Pouget pour Urban Parc, Lucile Caillol pour All’Style, Thomas Beaugé qui représentait La Clède et Didier Wampach pour La Deter ont présenté cette rentrée culturelle en trois temps forts.
« Nous ne sommes pas dans une offre de culture de consommation », rappelle Olivier Lataste. Pour le directeur du Cratère, dans un contexte marqué par le réchauffement climatique, les guerres et les discours anxiogènes, la culture doit aussi permettre de « prendre un petit recul sur où on est dans le monde » et de partager. Une volonté qui passe notamment par des spectacles gratuits ou à tarif accessible, mais aussi par le développement du covoiturage et des navettes pour faciliter l'accès à La Prairie, grâce à une collaboration avec la plateforme covoiturage-simple.
Un « C’est pas du luxe ! » tourné vers l’inclusion
Premier rendez-vous, les 9 et 10 octobre avec le Rebond #2 du festival « C’est pas du luxe ! », organisé avec La Clède et de nombreux partenaires locaux. Après une première édition alésienne en 2024, le rendez-vous revient avec quatre propositions gratuites au Cratère et au Barri-Centre, l’ancien IME de Rochebelle (Boulevard du Capitaine Albert, Alès).
L’objectif est de créer des passerelles entre culture et accompagnement social. Avec Récup’en scène, les bénéficiaires de La Clède deviennent eux-mêmes acteurs d’un défilé conçu à partir de vêtements récupérés (au Cratère prairie, vendredi à 19h). « Le but est de les inclure dans un projet où ils deviennent acteurs afin de redonner confiance en soi », explique Thomas Beaugé, de La Clède.
Spectacles de danse, cirque, ateliers et moments festifs compléteront ce week-end, avec notamment Juste une femme (samedi, 14h), Faire corps en chœur (samedi, 15h et 16h30) et Handle with care (samedi, 20h30).
La Méditerranée au cœur des créations
Du 13 au 18 octobre, place à la Semaine méditerranéenne, portée avec La Deter. Maroc, Algérie, Tunisie, Égypte, Palestine et Liban seront représentés à travers la danse, le théâtre, la musique, le cinéma et les arts plastiques, à Alès mais aussi à La Grand-Combe.
Pour Didier Wampach, « faire un festival sur la Méditerranée impose de faire des choix, des choix de représentation, mais aussi des choix politiques ». Le rendez-vous entend notamment interroger la mer comme frontière, les migrations, les conflits et les héritages de la colonisation, tout en laissant une place importante à la fête et à la création.
Au programme notamment, Du folie, le cabaret libanais Salmati à Urban Parc (samedi, 21h), le Club Mehdi de Zakary Bairi (jeudi, 20h30) ou encore le concert Serr [Sere] qui croisera musiques occitanes et égyptiennes (Dimanche, 17h). Des projections, expositions et rencontres compléteront cette semaine soutenue notamment par l’Institut français.
Le Hip-Hop change de dimension
Enfin, les 23 et 24 octobre, la Semaine internationale du Hip-Hop célébrera sa cinquième édition avec All’Style. Cette année, le traditionnel battle évolue avec un nouveau format : All Dance 2vs2, qui permettra de confronter différentes disciplines de danse.
« Il y a le break, mais aussi toutes les danses debout », explique Lucile Caillol, qui souhaite ouvrir la compétition à de nouvelles pratiques et à de nouveaux publics. Avant le battle international, des ateliers de breakdance, graffiti et DJing seront proposés aux jeunes du territoire.
Le vendredi 23 octobre, une restitution d’ateliers ouvrira la soirée avant L’Odyssée Hip-Hop de DJ Taj Mahal, suivie d’un DJ set électro gratuit. Le samedi sera consacré aux battles internationale.