« Ce dossier-là, c’est toujours des paris », commente une source à Nîmes Métropole. La semaine dernière s’est tenu le « bureau communautaire ». Une sorte de mini-conseil communautaire - le véritable conseil étant prévu ce mardi à 17 heures - au cours duquel les élus ont passé en revue quelque 99 délibérations. L’une d’entre elles a fait tiquer… Une enveloppe de 580 000 €, financée à 50 % par l’État, pour des études sur le déménagement de la gare Saint-Césaire. L’infrastructure souffre d’un manque de stationnement criant, d’absence d'accessibilité pour les personnes à mobilité réduite ou encore des voies d’accès engorgées par les embouteillages aux heures de pointe. « On va payer pour un projet qui ne verra peut-être jamais le jour… », déplore un édile.
Ce projet s’inscrit dans la création du « SERM » (Service express régional métropolitain) de Montpellier, pour lequel un dossier de certification a été déposé par le Conseil régional, en juin dernier, auprès du ministre des Transports. L’idée des « SERM » a vu le jour il y a trois ans : « C’est venu d’une idée du président de la République qui, un dimanche après-midi, ne devait rien avoir à faire. Il a fait une vidéo pour dire : “Ça y est, on va faire des RER métropolitains” », raconte le vice-président PCF à la Région, Jean-Luc Gibelin. Et d’ajouter : « Le président a demandé à sa majorité de prévoir une conférence de financement qui n’a jamais vu le jour… Aujourd’hui, on en est là ! »
L'État sera-t-il au rendez-vous ?
Le déménagement de la gare Saint-Césaire, prévu où se trouve actuellement le régiment du 4e Régiment de matériel, est chiffré à 30 M€ : « C’est un budget très conséquent. Déplacer la gare, ce n’est pas seulement déplacer un bâtiment, mais tout le système de signalisation ferroviaire, qui coûte très cher. » Conséquence : « On ne trouvera une porte de sortie que s’il y a un financement de l’État. » Sans assurance de ce financement, l’étude est-elle pertinente ? À Nîmes Métropole, certains pencheraient plutôt pour réaliser des travaux d’accessibilités d’environ 10 M€. D’autres sont plus dubitatifs, expliquant que la localisation actuelle de la gare contraint son développement.
« Si on ne fait rien, on ne sera pas prêt en cas de négociation du SERM (Service express régional métropolitain). Si on ne fait pas cette étude, là, ce sera certain qu’elle ne verra jamais le jour… », commente l’une de nos sources à l’Agglo. Jean-Luc Gibelin renchérit : « Les services de la préfecture ont fait savoir qu’il y avait un risque de perte du financement de l’État pour les études. Celles-ci doivent être engagées avant la fin de l’année. Prendre le risque de perdre ce financement serait une erreur… »
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