Dans le numéro d’Objectif Sud sorti en kiosques mardi, les déclarations de Jean-Paul Fournier, estimant qu’un accord avec le RN aurait pu être envisagé lors des dernières municipales, ont manifestement surpris une partie de la classe politique. Peut-être même choqué. Du moins dans la posture. Il ne s’agit pas ici de défendre Jean-Paul Fournier, encore moins de cautionner sa nouvelle position, mais simplement de rappeler quelques faits. En tant que maire de Nîmes puis sénateur, l’homme n’a jamais flanché sur ce sujet. Il n’a jamais accepté la moindre alliance avec le Front National, devenu Rassemblement national. Et n’est-ce pas là l’essentiel ? Lorsqu’il était aux affaires, alors qu’il disposait d’un pouvoir politique qui aurait pu incontestablement changer la donne, il n’a jamais franchi cette ligne. Qu’il affirme aujourd’hui, à la retraite et sans mandat, qu’il aurait peut-être fallu agir autrement, qu’importe finalement. Sauf à considérer que sa parole a encore suffisamment de poids pour modifier le cours d’une élection. Pas sûr… Mais ce qui est toujours assez savoureux quand un homme politique « dérape » - si l’on peut réellement qualifier ses propos ainsi -, c’est de voir à quelle vitesse ses homologues s’empressent de lui tomber dessus. Prenons Fabrice Verdier, par exemple, qui a réagi en parlant de « Grandeur et décadence… » estimant que « Jean-Paul Fournier finit décidément tristement sa carrière politique… ». Une formule sévère, surtout lorsqu’on se souvient que lui, l’ancien député socialiste, avait été très critiqué lors de son ralliement au maire d’Uzès, Jean-Luc Chapon. La frontière politique n’est évidemment pas la même, mais il y a ce point commun de renoncer, à un moment donné, à une partie de ses convictions pour se rapprocher d’un autre camp. Cela uniquement dans le but de poursuivre une carrière et nourrir ses ambitions. Rappelons d’ailleurs que Jean-Paul Fournier, lui, n’a plus rien à gagner, ni de mandat à conquérir. Même chose avec Christian Bastid, élu communiste à la Ville et au Département, qui reproche à Jean-Paul Fournier de « servir la soupe à l’extrême droite » et d’oublier « ses valeurs républicaines ». Pourquoi pas ? Mais le matin même, dans une interview vidéo sur Objectif Sud, ce même Christian Bastid déclarait n’avoir aucun « problème avec Mélenchon ni avec La France insoumise ». Là aussi, où place-t-on le curseur du fréquentable et de l’infréquentable ? Car si l’on en croit une enquête Ipsos BVA-CESI réalisée pour Le Parisien début septembre, Jean-Luc Mélenchon inquiète « beaucoup » 71 % des Français. Contre 48 % pour Marine Le Pen. Évidemment, ce sondage ne dit rien d’autre que la perception qu’ont les Français de ces deux personnalités. Mais au regard de ces données, la déclaration de Jean-Paul Fournier est-elle plus condamnable que celle de Christian Bastid ? La réponse dépendra bien évidemment des idées politiques de chacun…
Publié il y a 5 h -
Mise à jour le 18.09.2026 - Tony Duret - 2 min
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Tony Duret