Publié il y a 2 h - Mise à jour le 17.09.2026 - Sacha Virga - 3 min  - vu 74 fois

CLARENSAC Patrick Gervais dévoile ses cartes pour les prochaines années

Patrick Gervais

Patrick Gervais, maire de Clarensac

- Sacha Virga

Réélu en mars dernier, Patrick Gervais entame son nouveau mandat à la tête de Clarensac dans la continuité du précédent. Une partie de son équipe a changé (deux tiers de sa liste ont été renouvelés) mais la philosophie, elle, reste la même : poursuivre des projets pensés sur le temps long.

Le premier mandat aura été marqué par un chantier d'ampleur : plus de 180 logements sociaux livrés, portant la population de la commune à 4 500 habitants. Une croissance que l'édile souhaite désormais digérer plutôt qu'accélérer. "Il nous faut maintenant, au niveau associatif, au niveau des locaux municipaux, au niveau du personnel pour les écoles, s'adapter à ce flux", explique-t-il, pour que la commune garde une structure cohérente par rapport à sa croissance démographique. Selon lui, la priorité est maintenant d'adapter les moyens locaux, écoles et vie associative en tête, à ce nouvel afflux d'habitants, avant d'envisager une nouvelle phase de développement que ses successeurs verront le moment venu.

Sur le volet des grands travaux, la traversée du village concentre l'essentiel des efforts. Menée en lien avec le Département sur les routes concernées, l'opération se déroule en quatre étapes : la route de Nîmes a été refaite l'an dernier, la place du village est en cours de réaménagement, et deux autres tronçons doivent suivre au cours du mandat, avec un objectif de sécurisation et de piétonisation du centre.

Nouvelle mairie ?

Autre dossier sensible : la rénovation de l'hôtel de ville. Le bâtiment, acquis en 1854 comme extension du château de Clarensac pour y installer une école, abrite aujourd'hui à la fois la mairie et une partie de cette histoire villageoise. Problème : la salle des mariages se trouve à l'étage, sans accès pour les personnes à mobilité réduite, obligeant la mairie à recourir à des porteurs pour permettre l'accès aux personnes handicapées. "À l'heure actuelle on fait les porter à bras, mais nous sommes dans l'illégalité", admet Patrick Gervais, qui dit devoir descendre lui-même au rez-de-chaussée pour recevoir les personnes handicapées. Le bâtiment pose également question sur le plan énergétique.

Le montant du projet, évalué autour de deux millions d'euros, freine toutefois sa mise en œuvre. La commune, dont la capacité de désendettement atteint déjà six ans, ne peut se permettre un tel emprunt sans phaser les travaux ou renoncer à un autre projet. Une éventuelle délocalisation de la mairie hors du centre-bourg a été évoquée par certains administrés, mais l'édile s'y montre réticent : "Supprimer l'attractivité du centre du village en y enlevant la mairie, je ne serais pas sûr que ça passerait bien". Le dossier d'une salle polyvalente, dont la commune ne dispose pas à la hauteur de ses besoins, est également à l'étude, avec pour piste privilégiée l'amélioration de l'équipement existant.

La place au sein de Nîmes Métropole

Délégué aux sites et paysages depuis sa nomination par Vincent Bouget, Patrick Gervais a choisi de rester dans la continuité en intégrant le groupe d'Eddy Valadier au sein de la nouvelle intercommunalité. Contrairement à certains maires qui estimaient la ville-centre trop dominante dans l'ancienne mandature, l'élu de Clarensac ne partage pas ce sentiment. "L'arrivée de la ligne de trambus T5 à Clarensac est absolument un acte fondateur pour les Clarensacois", affirme-t-il, évoquant aussi les nombreux travaux d'assainissement menés par Nîmes Métropole sur la commune. "Je ne me suis jamais senti en dehors de Nîmes Métropole, même sous la précédente mandature de Franck Proust". Pour ce nouveau mandat, il attend une participation active de l'intercommunalité aux investissements communaux et à la vie culturelle locale.

Sénatoriales : la réserve de rigueur

Grand électeur, Patrick Gervais assume une préférence pour les élections sénatoriales à venir, mais refuse de la rendre publique : "Non, non, non, je ne m'exprime pas là-dessus. J'ai toujours décidé de ne pas afficher de politique, ni même pratiquement de faire de politique", précise-t-il, sa liste comptant des membres de tous bords et de tous horizons. Sur les 22 grands électeurs que compte la commune, y compris des membres de son opposition, aucune consigne de vote n'est donnée.

L'édile dit attendre avant tout des futurs sénateurs et sénatrices qu'ils se saisissent des dossiers remontés du terrain. "Ce que j'attends d'un sénateur, c'est de se saisir des problèmes que je lui confie", résume-t-il. Une présence de terrain, y compris lors d'événements symboliques comme les vœux du maire, qu'il considère comme un signe d'intérêt réel pour la commune : "Ça montre un intérêt pour la commune, et ça permet de discuter".

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