Depuis 2021, les Rencontres de la gauche organisées autour de Carole Delga et de sa majorité régionale se sont installées dans le paysage politique national. Chaque année, plus de 2 500 participants se retrouvent dans cette commune de 3 300 habitants située à 65 kilomètres de Toulouse.
Pour Carole Delga, le choix de Bram n'a rien d'anodin. Elle explique avoir voulu installer ce rendez-vous dans « un village rural du département de l'Aude, si loin de Paris », avec la conviction qu'« il n'y aura pas de justice sociale sans justice territoriale ».
Et à quelques mois de la présidentielle, cette sixième édition prend forcément une dimension particulière. La présidente de Région veut faire de Bram un lieu où différentes composantes de la gauche peuvent encore se parler. Elle décrit le rendez-vous comme « une mini France, qui échange et réfléchit ensemble », réunissant citoyens, militants, élus, responsables associatifs, syndicaux, économiques et chercheurs.
Cazeneuve, Jadot, Guedj, Le Foll, Delafosse...
Les portes du parc des Essars ouvriront dès 8 heures avant le lancement officiel de la journée à 9 heures. Sept tables rondes thématiques sont programmées à partir de 9h30. Europe, travail et retraites, sécurité et justice, souveraineté industrielle, éducation et intelligence artificielle, violences sexistes et sexuelles ou encore engagement démocratique : une grande partie des sujets qui devraient nourrir les débats de la présidentielle seront abordés.
Le plateau politique sera particulièrement fourni. Yannick Jadot, sénateur écologiste de Paris, parlera d'Europe. Bernard Cazeneuve, ancien Premier ministre, et Jérôme Guedj, député de l'Essonne, se retrouveront sur la grande scène autour de cette question : « La France doute… quel(s) récit(s) positif(s) pour notre pays ? »
Michaël Delafosse, maire de Montpellier et président de la Métropole, participera à une table ronde consacrée à la sécurité, à la justice et au narcotrafic. Stéphane Le Foll, ancien ministre de l'Agriculture, Léon Deffontaines, porte-parole du PCF, et Agnès Pannier-Runacher, ancienne ministre, débattront notamment de souveraineté industrielle, énergétique et alimentaire.
Carole Delga prononcera son discours à 12h30, juste avant le traditionnel cassoulet bramais.
Delga assume son choix pour Glucksmann
Mais l'un des principaux temps forts politiques arrivera à 15h30. Carole Delga retrouvera Raphaël Glucksmann sur la grande scène pour une séquence consacrée aux « territoires oubliés » et à la manière de « refaire République en commun ».
À leurs côtés, l'ancien ministre Jean-Louis Borloo, le professeur Xavier Desjardins et une représentante gardoise : Soukaïna Benjaafar, adjointe au maire de Nîmes et présidente de l'association La Pléiade.
La présence de Raphaël Glucksmann sera forcément observée. Carole Delga assume désormais clairement son choix pour 2027 : « J'estime que Raphaël Glucksmann est le meilleur candidat pour la gauche. » Elle justifie cette position par ses engagements, mais aussi parce qu'il a, selon elle, « toujours eu à cœur de rassembler ».
La présidente de Région fixe également sa ligne politique : pour elle, le changement ne pourra réussir que « dans la clarté » et la gauche doit « refuser l'extrémisme et le communautarisme ».
La question du rassemblement
Reste maintenant à transformer cette volonté en projet politique. Carole Delga assure que les Français attendent notamment des réponses sur « la rémunération de leur travail », « l'avenir de leurs enfants » et « le maintien de services publics de proximité ». Elle place par ailleurs la réindustrialisation, l'agriculture et la justice sociale et fiscale parmi les enjeux du changement qu'elle défend.
Une quarantaine d'organisations seront aussi présentes dans le village associatif. Parmi elles, la « Primaire de la Gauche », alors que la question du rassemblement et de la candidature pour 2027 accompagnera forcément les discussions de la journée.
Carole Delga résume, elle, l'ambition de cette sixième édition d'une formule : « Bram se veut une fenêtre sur l'espoir. » Samedi, il faudra désormais voir si cette fenêtre permet aussi à la gauche d'entrevoir plus clairement son chemin vers 2027.