L'été est passé, les mois aussi. Paulette Gougeon et son équipe ont eu peu de repos cet été pour lancer les grandes manœuvres du mandat, qui devrait s'étendre jusqu'en 2033. Et c'est au sein du Clos Caladon, futur poumon de la rue éponyme, que les premiers mois d'actions ont été dévoilés à la presse. Quatre thèmes ont été abordés : la sécurité, l'attractivité, la cohésion sociale et la proximité.
L'ensemble des effectifs de la police municipale, des ASVP et du personnel administratif a été réuni afin de leur donner un cap en matière de sécurité. "On a renforcé les actions, on les a dotés de nouvelles motos plus puissantes, arrivées hier, et d'un nouveau véhicule de police", se félicite Paulette Gougeon. En juin dernier, la municipalité s'est rendue au centre opérationnel de gendarmerie de Montpellier, pour déporter les images de leur Centre de supervision urbaine et avoir une réactivité accrue. Le port du casque a été rendu obligatoire par arrêté sur les trottinettes, et la mesure a été généralisée dans tout le département de l'Hérault.
La tolérance zéro fait également partie du programme de Paulette Gougeon. "On va toucher au portefeuille. Ça a déjà été fait et dès octobre nous allons lancer une campagne pour interdire d'être sous l'emprise des psychotropes sur l'espace public." Pour cela, la commune va se doter d'un appareil capable de détecter la présence de prototype d'azote dans le corps d'un individu. Et les amendes iront directement dans les caisses de la ville. D'ici la fin du mandat, l'objectif sera de dédoubler les brigades de nuit. Pour information, il y a un policier pour 700 habitants à Lunel, largement au-dessus de la moyenne nationale (1/1200).
Sur l'éclairage, 56 % des panneaux ont été transformés en LED, soit 2 600 points environ. Pour pouvoir éclairer toute la ville la nuit, il en reste encore 2 000 à réaliser, soit un gros budget de près de trois millions d'euros TTC. "J'aimerais bien que tout soit terminé pour la Pescalune de 2028", espère la maire.
Amélioration du marché
Dès le début du mandat, une restructuration a été demandée et a commencé à se faire sur le marché, permettant d'augmenter légèrement le nombre d'étals. Dans quelques semaines, le nouveau mode opératoire sera dévoilé. "Le manager du commerce possède désormais le droit de place, qui permet l'extension de terrasses pour des manifestations, par exemple pour la Pescalune ou d'autres grands événements", dévoile Paulette Gougeon. La gratuité des stationnements a été mise en place entre 12h et 14h, qui bénéficie surtout aux restaurateurs, tout comme le samedi après-midi, pour apporter un dynamisme supplémentaire.
L'attractivité passe également par les bonnes relations extérieures, notamment entre les villes de Nîmes et Montpellier, entourant Lunel. Un gros travail a été entrepris sur le SERM (Services Express Régionaux Métropolitains) permettra d'augmenter la fréquence des trains entre Sète et Nîmes. "Dès demain, on pourra aller de Lunel à Montpellier et se rendre à l'aéroport", annonce fièrement la maire.
Avec le manque de foncier montpelliérain, Lunel peut s'avérer être un atout pour les nouvelles entreprises désireuses de s'installer dans l'Hérault et à proximité. Avec Christian Assaf, vice-président départemental délégué au développement économique (un poste qu'occupe Paulette Gougeon à Lunel Agglo), le but sera de créer des zones d'activité économiques, en profitant de l'autoroute. Enfin, la requalification de la RN113 va avoir lieu, avec un passage à une voie, cheminement piétons et pistes cyclables. Le projet de l'Arlésienne, quant à lui, a avancé et la date butoir de juillet 2027 a été donnée pour acquérir des terrains, permettant de désengorger le lieu voyant passer près de 17 000 véhicules quotidiennement. Budget total : plus de cinquante millions d'euros, financés entièrement par l'État.
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En complément de l'installation de nouveaux logements et/ou de leur réhabilitation, la ville a décidé d'y implanter des cellules commerciales. Plusieurs lieux sont concernés. Le Clos Caladon bien évidemment, mais également dans la rue de la Libération, les cellules du secteur Tabernet ou encore les galeries Renard. Et pour soulager les nouveaux commerçants, des loyers très attractifs et une écoute rigoureuse sont déjà proposés.
"Aujourd'hui, la volonté est de développer. L'objectif est d'attirer des entreprises pour générer de l'emploi et que tout le monde retrouve du pouvoir d'achat", annonce Souad Gimenez, conseillère municipale déléguée à la Jeunesse. En 2027, une signalétique commerciale et un parcours marchand seront mis en place pour l'attractivité du cœur de ville.
Le bout du tunnel pour les associations
En 2028, cela devrait bouger pour la Maison des associations, qui prendra la place de l'ancienne gendarmerie, qui deviendra un nouveau lieu d'attractivité et bien identifié, et remplacera notamment la salle Marcou, qui aura tout de même rendu de fiers services mais qui ne répondait plus aux normes. "J'ai rencontré une soixantaine d'associations depuis le mois d'avril, et on en a une dizaine qui se créent toutes les semaines dans des thèmes différents", assure l'adjoint aux associations, Patrick Cirou.
Elles ont demandé plus de transparence sur le versement des subventions, ce qui a permis de créer un groupe de travail. "On souhaitait préparer l'accueil des associations par, et pour les associations, afin de récupérer leurs besoins et leurs idées", poursuit l'élu. D'ici la fin de l'année, sera lancée la première réunion pour les travaux interassociatifs.
En mars 2027, les résidents de l'ancien hôpital seront transférés vers le nouveau pôle gérontologique, laissant place à un nouvel espace hôtel de caractère et peut-être restaurant étoilé, avec un bowling. Mais tous ces investissements ont un coût, et des choix ont dû être effectués, comme faire une impasse sur le Revivre et privilégier une plus grande Pescalune. Des réorganisations de postes ont été entreprises en mairie pour dégager des marges de manœuvre et embaucher là où il y a des manques.
Lunel, solidaire avec ses concitoyens
"On a aussi activé la banque des bénévoles cet été et ça a bien marché. À Lunel, on a la chance d'y avoir à peu près 80 personnes inscrites. Lorsqu'une association a un besoin ou une mission en particulier. L'exemple concret a été le point hygiène en août dernier, qui a permis aux personnes sans domicile de se laver, de laver leurs affaires et d'avoir un lien de rencontre et de partage", développe Patrick Cirou. Paulette Gougeon va mettre en place prochainement un autre de ses projets sur le sujet : une épicerie solidaire au sein de l'espace Vauban.
"Je continuerai à être sur le terrain"
Connue pour sa présence sur le terrain et sa proximité avec les gens, Paulette Gougeon ne changera pas son fusil d'épaule pendant le mandat. "Je continuerai à être sur le terrain, c'est important et j'ai demandé à mes élus de faire de même. Je suis assez ravie parce qu'ils ont bien compris". Pour preuve, entre mai et juin, différentes réunions de quartiers ont été réalisées pour mieux comprendre les problématiques des habitants. La restitution de ces réunions aura lieu début décembre.
Mais aussi :
- Une école de commerce privée a ouvert à la rue Jean-Jacques Rousseau, qui souhaitait à la base s'installer sur Nîmes.
- Le groupe montpelliérain Altémed a proposé à la ville de Lunel de développer les logements pour les salariés, à loyers modérés mais pas sociaux.
- La première pierre de la future gendarmerie de Lunel sera posée au mois de novembre.
- Un musée camarguais est en cours de réflexion, avec des œuvres déjà possédées par la ville de Lunel et les clubs taurins.
- Une classe avec des enfants atteints du spectre de l'autisme a été créée.
- Deux équipes de deux agents sont chargées de sillonner les lotissements pour nettoyer les abords et les trottoirs.
- Une opération contre les incivilités (jet de mégots, déjections canines, dépôts sauvages) va être créée et s'amplifier.
- Rue Sadi Carnot : une nouvelle pâtisserie va voir le jour et sera inaugurée mi-octobre, spécialiste des choux.