Objectif Sud le magazine : Vous publiez Je jure de dire toute la vérité après six mois particulièrement mouvementés comme rapporteur de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public. Pourquoi avoir voulu raconter cette histoire dans un livre ?
Charles Alloncle : Pendant ces six mois, j’étais sur une ligne de crête politique très étroite. Il faut se souvenir qu’il y avait une opposition très forte à la création de cette commission d’enquête avant même qu’elle ne démarre, de la part de l’extrême gauche, de la gauche et des macronistes. C’était déjà inédit dans le fonctionnement parlementaire. Traditionnellement, tous les groupes d’opposition disposent d’un droit de tirage pour créer une commission d’enquête sur le thème de leur choix et il est de tradition, à l’Assemblée nationale, de ne pas s’y opposer. Là, pour la première fois, cela s’est joué à quelques voix. Les auditions n’avaient même pas commencé, je n’avais pas encore posé la moindre question, que l’opposition était déjà extrêmement forte. Et cela a été le cas du premier au dernier jour. Le rapport n’a finalement été adopté qu’à une voix près. S’il avait été rejeté, l’intégralité des travaux, les vidéos des auditions et les comptes rendus auraient été supprimés. Pendant ces six mois, j’avais donc une exigence : faire aboutir nos travaux. Je ne pouvais pas raconter toutes les coulisses, les pressions, les jeux de pouvoir, les chantages ou les négociations …