Sans aucun doute, la plus grosse réunion de maires des Cévennes. Au parc des expositions, derrière Max Roustan (maire d'Alès, première commune de l'agglomération par ordre alphabétique), les 71 autres maires de l'agglomération ont offert un arrière-plan de choix à Christophe Rivenq. Un président d'Alés agglo, élu en 2020, et qui n'a pas boudé son plaisir de délivrer ses premiers voeux à la population en tant qu'élu.
Accueilli par le maire de Méjannes-lès-Alès, Christian Teissier, et connu pour avoir du mal à s'arrêter quand il est lancé sur un sujet, le président d'Alès agglo a ouvert par un ironique "Vous êtes bien installés ? Je vous le souhaite", avant d'entamer plus d'une demi heure de discours. Un discours ouvert par les voeux proprement dits, "de santé (...) mais également de joie, de réussite et de bonheur pour cette année 2023". Il a ensuite formulé des voeux "bien au-delà de notre territoire, des vœux de paix, des vœux de concorde entre les peuples, des vœux pour apporter de la raison à certains de nos dirigeants, que ce soit ici en France mais également dans le monde".
Revenant sur les près de trois ans de pandémie, Christophe Rivenq s'est dit "fier de nos collectivités, de nos élus, de nos cadres et de nos agents qui ont tenu bon dans l’adversité et fier du service public rendu à la population qui n’a jamais failli". Il a ensuite vanté les réalisations effectuées malgré la complexité apportée par le Covid, que ce soit le nouveau plan de gestion des déchets (qui capte plus d'un quart du budget de fonctionnement de l'agglomération) ; le plan Alès Aggl'Eau 2030, "projet ambitieux de rénovation de nos réseaux d’eau et de nos stations d’épuration" ; le programme alimentaire territorial, "avec pour objectif, à terme, l'auto-suffisance alimentaire" ; le lancement des travaux de rénovation urbaine ; la mise en place du HUP, guichet unique des entrepreneurs ; ou encore l'ouverture de la Maison de la jeunesse, fréquentée par 13 500 personnes "de 11 à 25 ans, en un an".
Après le bilan, et l'hommage appuyé au travail de son prédécesseur Max Roustan durant vingt ans, le chef de l'exécutif intercommunal a souhaité "partager mon optimisme quant à notre avenir". Un optimisme guidé par la conviction que "nous ne sommes pas un territoire comme les autres, nous sommes... le Sud ingénieux !"
Un adjectif qui colle à la désormais marque territoriale, et qui a été répété quatorze fois au cours du discours. "Je veux à tout prix vous faire passer ma conviction profonde, a insisté le président d'agglo : cette marque n’est pas une construction artificielle. Cette marque, c’est une vérité, c’est notre identité et notre histoire. C’est véritablement ce que nous sommes, c’est notre ADN."
Citant autant la position du territoire dans le paysage industriel régional que le Pôle mécanique et les Fous chantants, il a insisté sur l'identité locale, faite d'audace, d'ambition et de débrouillardise. "Être ingénieux c’est faire preuve d’habileté, d’astuce, de débrouillardise. À bien y réfléchir, cette ingéniosité s’est ancrée dans notre passé minier. Une mine, c’est d’une ingéniosité inimaginable, autant que les temples grecs, les pyramides égyptiennes."
Annonçant un surcoût de l'énergie de 4 millions d'euros dans le budget 2023, qui sera bientôt voté, il a promis que "la collectivité fait et fera donc tous les efforts nécessaires pour conserver sa capacité d’investissement. Mais, je vous le demande, mes amis, pour poursuivre notre marche en avant, chacun d’entre nous doit participer aux efforts du quotidien sur la gestion de nos ressources, comme de nos déchets. C’est comme cela que nous pourrons tous ensemble poursuivre le développement de ce territoire."
Il a ensuite évoqué la zone d'activité économique presque ouverte du mont Cavala à Vézénobres, et celles de la ZAE de Méjannes ou celle de Tamaris, à l'étude, pour finalement annoncer la première tenue d'un salon économique avant l'été. Puis, il a enjoint les parlementaires (alors que Pierre Meurin, député RN de la 4e circonscription, et le sénateur LR Laurent Burgoa étaient au premier rang) à "prendre plus souvent en compte les besoins de nos territoires dans les lois que vous votez, ce qui n'a pas été le cas par exemple dans la loi climat et résilience, insupportable à de nombreux égards pour nos territoires en développement".
Enfin, le discours a évoqué les réalisations à venir : contournement de Saint-Christol-lès-Alès ; la réalisation de voies vertes pour faciliter les déplacements doux des personnes vivant dans un rayon de 10 kilomètres autour du centre d'Alès ; l'ouverture de la maison du sport et de la santé à Clavières ; le lancement de la rénovation du Cratère ; ou encore la validation du plan climat-énergie.
Regrettant que le label de capitale française de la culture 2024 n'ait pas échu à l'agglomération, il a achevé ses voeux en demandant "plus de justice dans l’aménagement du territoire. Depuis des décennies, nos gouvernants, de toutes les tendances politiques, privilégient les métropoles aux autres territoires qui pourtant concentrent une grande majorité de nos concitoyens. Les villes moyennes et les communes rurales sont oubliées." Ce mercredi soir, Christophe Rivenq, président de la plus grosse agglomération cevenole, n'a pas oublié d'en parler.