Il est parti battu en 2011, après une défaite à des élections partielles qui ont mis fin à 40 ans de règne à la mairie de Pont-Saint-Esprit. Ancien ministre du gouvernement Bérégovoy, ex-député et sénateur, Gilbert Baumet (UMP) est sorti par la petite porte, accusé " d'avoir dilapidé ", les finances de la commune. Ce n'est qu'après une décision du conseil d'Etat que des élections partielles avaient été organisées. Mais à l'heure du scrutin municipal, tout le monde ne parle que de lui. Le fantôme de Gilbert Baumet semble planer de nouveau sur la ville.
L'homme est pourtant discret. Invisible même, mais de nombreux Spiripontains croit en sa présence pour le premier tour alors que les listes doivent être déposées en préfecture avant 18 heures, jeudi prochain. Roger Castillon, qui l'a remplacé après une large victoire (65% contre 35%), et qui brigue un second mandat, a donné du crédit à cette rumeur. Vendredi, à l'occasion de la présentation de sa liste et de son programme, il n'a pas hésité à dénoncer celui qu'il a battu en 2011. " S’il venait à se représenter, je vous en prie, il faut le claquer sérieusement. Il a tué la ville à petit feu et nous a finalement assassiné en nous laissant des millions d’euros d’impayés ". Ambiance.
Personne n'est en mesure de savoir si l'ancien premier magistrat prépare sa liste en secret ou s'il sera présent comme soutien d'un autre candidat. Louis Esparza, candidat (UMP), est certain qu'il tire toujours les ficèles. " J'ai été investit par l'UMP. Il y a 120 adhérents sur la commune mais aucun sur ma liste. Ils se sont tous désistés au fur et à mesure ". La raison ? " Beaucoup étaient proche de Gilbert Baumet. C'était le roi du clientélisme. Pour obtenir des votes, il rendait des services ". Du coup, Louis Esparza n'est pas certain de pouvoir présenter une liste. L'homme s'interroge, lui aussi, sur le retour de Gilbert Baumet dans les débats. " La candidate du FN n'a pas voulu montrer sa liste alors qu'elle dit l'avoir déposée. Peut-être que Gilbert Baumet en fait partie ? ". Interrogée, la tête de liste frontiste, Christine Gondard, nie tout en bloc. " Les 32 colistiers ne sont que des militants et sympathisants du Front National. Nous n'avons pas affaire à l'ancien maire. Ni maintenant, ni plus tard ". Le mystère reste total. Il faudra patienter jusqu'à vendredi, date à laquelle les listes seront publiées par la préfecture.
Jean-Marie Cornuaille
jeanmarie.cornuaille@objectifgard.com