BRL Espaces Naturels était détenue à 100 % par le groupe BRL. Depuis la signature des documents de cession, elle est une filiale de Spie batignolles paysage, la branche paysage du groupe Spie batignolles. “C’était la main verte du groupe BRL”, rappelle Jean-François Blanchet, directeur général de BRL. Le président du conseil d’administration, Fabrice Verdier, parle d’”un beau mariage”, qui doit permettre de “pérenniser les emplois et même de conquérir de nouveaux marchés”.
BRLEN conçoit, crée et entretient des espaces paysagers pour les collectivités, les aménageurs et les entreprises. Elle est implantée à Montpellier, La Grande-Motte, Saint-Gély-du-Fesc, Vestric-et-Candiac et Servian. Elle exploite aussi les Pépinières BRL, l’une des plus importantes unités de production de plantes ornementales et de végétaux de la région, avec 10 hectares hors sol, dont 10 000 m² de serres, et 30 hectares en pleine terre. Parmi ses références, la filiale a créé les espaces verts de La Grande-Motte, dont elle vient de renouveler le contrat d’entretien, et a réalisé les aménagements paysagers de lignes de tramway à Montpellier.
“Laisser les filiales grandir”
Pourquoi céder une activité portée pendant une cinquantaine d’années ? Jean-François Blanchet avance trois raisons : trouver des capitaux pour développer BRLEN, l’adosser à un investisseur spécialisé pour créer des synergies, et permettre à BRL de concentrer ses investissements sur son cœur de métier, l’eau et l’environnement. “Nous étions à la croisée des chemins”, explique le directeur général. “Il faut aussi laisser les filiales grandir, s’émanciper.” Il insiste : “Le groupe BRL n’était pas aux abois. Nous n’étions pas dans une position où nous souhaitions à tout prix céder un actif.” Mais sans cette opération, BRLEN aurait eu “plus de difficultés” à se développer vite. “On n’a pas de planche à billets.”
La démarche a débuté fin 2025. BRL a d’abord présélectionné cinq opérateurs, avant de retenir Spie batignolles paysage, dont l’offre répondait à ses conditions. Le conseil d’administration de BRL s’est prononcé à l’unanimité en faveur de l’opération, et les représentants du personnel ont rendu un avis favorable. “Nous ne souhaitions pas une structure qui récupère la marque, puis se défasse d’une partie des salariés”, précise Jean-François Blanchet. Le prix de cession, fixé dès le départ, reste confidentiel.
Une cession en deux temps
BRL garde dans un premier temps 34 % du capital, pour accompagner la transition. La cession du reste est inscrite au contrat et interviendra au plus tard dans trois ans. BRL pourra sortir plus tôt s’il estime que le développement de l’activité et l’intérêt du territoire sont bien pris en compte. “Le but, c’est d’avoir un accompagnement, de ne pas se retrouver seul”, souligne-t-on du côté de Spie batignolles paysage. “Les collaborateurs de BRLEN ne devraient peut-être même pas se rendre compte de ce qu’il se passe. On fera bien mieux à deux.” Bruno Myara, l’actuel directeur de BRLEN, reste en poste.
Créée en 2019, Spie batignolles paysage a réalisé 85 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025 et compte plus de 650 collaborateurs, répartis sur 18 implantations et 7 directions régionales. En Occitanie, elle était déjà présente à Toulouse et à Montauban. “Le but, c’est vraiment de créer une région ici”, indique la direction de Spie batignolles paysage. Avec les pépinières, le groupe se lance dans un nouveau métier. “Nous n’avons pas de pépinières jusqu’à aujourd’hui.”
Mutualiser avec les autres métiers du groupe
Aucun objectif de chiffre d’affaires n’a encore été fixé. Spie batignolles paysage veut d’abord poursuivre le développement de BRLEN et miser sur les mutualisations avec les autres métiers du groupe dans la région, notamment pour répondre en groupement aux appels d’offres. “Nous voulons faire en sorte que l’entreprise soit reconnue par ses clients, incontournable dans la région.” Dans un communiqué, Marc Lavigne, directeur général de Spie batignolles paysage, se dit “particulièrement heureux d’accueillir les collaborateurs de BRL Espaces Naturels”. Il veut “structurer une activité paysage à la fois nationale par sa vision, mais profondément régionale par son ancrage”.