Publié il y a 1 h - Mise à jour le 21.10.2026 - Coralie Mollaret - 2 min  - vu 82 fois

LA ROUVIÈRE/GAJAN « J’ai besoin de l’aide de l’État » : un berger dévasté après la perte de 70 agneaux

Dans la nuit de lundi à mardi, les pluies diluviennes ont submergé une partie de l’exploitation de Louis Maréchal. Ce berger accuse la perte de 70 agneaux noyés par la crue de la Braune. 

De l’émotion et de la colère dans les yeux de Louis Maréchal. Celui qui s’est fait tatouer un petit mouton sur la main est berger, en plein air, depuis une dizaine d’années. Une passion transmise par son père, qui exerçait avant lui. Mardi, au petit matin, lorsqu’il se rend sur son exploitation – à pied à cause de la montée des eaux –, il découvre un paysage de désolation : « La Braune (le ruisseau, NDLR) est montée sur deux des 10 hectares du terrain où se trouvait mon troupeau », témoigne Louis Maréchal, « Quand j’ai pu accéder à mon exploitation, j’ai donné à manger au troupeau. C’est là que j’ai vu qu’il manquait énormément d’agneaux… »

L’eau finit par se retirer. Au pied de la clôture gisent des agneaux morts… Une image qu’il aimerait oublier. La perte s’élève à 70 bêtes sur les 250 nées, selon l’éleveur : « pour l’élevage ovin, c’est une période cruciale puisque nous sommes en plein agnelage ». Et de poursuivre en assurant : « J’avais pris toutes les précautions possibles. Si les bêtes étaient sur ce terrain, c’est qu’il fallait que les brebis se nourrissent pour allaiter leurs petits. Avec la sécheresse que nous avons connue, c’est déjà très compliqué de les nourrir avec l’herbe (la luzerne, NDLR). C'est la première fois que je vis quelque chose comme ça… », poursuit celui qui possède 800 brebis mères, réparties en plusieurs troupeaux sur les communes environnantes.

Un cauchemar sans fin

Quand il contacte son assurance, Louis Maréchal reçoit un deuxième coup de bâton : « Le sinistre ne sera pas pris en charge puisqu’il est à ’extérieur. C’est mon contrat qui est comme ça… » La perte sèche est estimée à près de 10 500 €, soit 150 € par agneau. En pleine crise agricole, « le prix d’achat a déjà chuté ces dernières années. » Aujourd’hui, Louis Maréchal lance un appel à l’aide aux pouvoirs publics pour obtenir du soutien via un classement en état de catastrophe naturelle : « Je suis déjà à découvert… Pour terminer l’année, je vais devoir prendre un prêt à la consommation. J’ai besoin de l’aide de l’État. »

Joint par téléphone, le maire de La Rouvière, Patrick de Gonzaga avance : « Nous allons monter un dossier que nous enverrons à la préfecture pour cette reconnaissance et demander une indemnisation de l’État ». L’édile entend aussi entrer en contact avec son homologue de Gajan où se trouve une partie de la propriété de l’éleveur. Enfin, cette reconnaissance viserait à demander « une dérogation pour la PAC (Politique agricole commune) ». Louis Maréchal explique : « Les aides sont calculées sur le nombre de brebis déclarées, notre production et nos ventes. Avec une telle baisse, je risque de me faire sucrer ces aides… » Un cauchemar sans fin… 

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