Conviée à déjeuner ce lundi par Françoise Dumas qui entendait présenter le bilan de sa première année législative, la presse régionale n'a pas attendu la poire et le fromage, pour interroger la députée socialiste sur ses intentions pour les municipales du printemps 2014 à Nîmes. "Je suis prête, mais je ne veux pas être celle qui divise. La décision appartient aussi à Damien Alary, sachant que je demeure pour ma part convaincue que cela ne peut être autrement qu'en tandem ! Maintenant, si pour des raisons qui lui appartiennent, Damien Alary n'était pas candidat, je partirai", a commenté Françoise Dumas, qui n'a jamais caché son intérêt pour la ville de Nîmes. Moins encore depuis qu'elle sait que la loi sur le non-cumul des mandats "qu'elle votera des deux mains et des deux pieds" ne s'appliquera pas avant 2017, ce qui lui laisse somme toute deux ans pour préparer sa succession à la vice-présidence du Conseil régional - elle est en charge des affaires économiques - et quatre ans pour pourvoir à son remplacement sur les bancs de l'Assemblée nationale.
Accompagnée de ses collaborateurs (trices) auxquels s'était joint Stéphane Tortajada, premier secrétaire du Parti socialiste gardois qui fut son directeur de campagne pour les législatives de juin 2012, la députée du Gard estime que les militants socialistes de Nîmes sont dans de meilleures dispositions que pour les précédentes municipales : "ils sont prêts, il n'y a pas de courants, pas de divergences ni de cacophonies. Ils veulent l'unité et il n'y aura pas de rivalités. Il faut d'abord se parler et rassembler la famille, avant de susciter un accord le plus large possible de la gauche autour d'un projet municipal qui recevra l'adhésion de la population". Certes, il reste encore du chemin à accomplir pour mobiliser, dès le premier tour, le plus large rassemblement possible, mais Stéphane Tortajada ne voit que de bonnes raisons d'espérer, après les contacts "encourageants et fructueux" noués entres les socialistes et leurs homologues d' Europe-Ecologie/Les Verts, des Radicaux de Gauche, des Républicains et Citoyens, du Parti communiste ou, encore, des adhérents du collectif de Jean-Paul Boré, Tous pour Nîmes et son agglomération. Seul le parti de gauche serait pour l'heure récalcitrant, estimant que la politique nationale du gouvernement Ayrault suscite plus de désillusions que d'espérances. "Il faut faire le maximum pour réunir, sur le terrain municipal, tous nos partenaires de gauche, puis ouvrir la liste à la société civile. A y regarder de plus près, il n'y a pas de grosses divergences sur les orientations principales. Pour le moment, il n'y a pas de temps perdu, chacun chemine. Il n' y a pas d'autre choix que de partir les uns avec les autres... sinon, nous sommes morts", a ajouté la députée. Tel un écho au plan d'attaque tout militaire voulant que ce soit le terrain qui commande la manoeuvre. Et non l'inverse.
Quant à la participation - ou non - de Damien Alary à cette liste municipale de rassemblement que Françoise Dumas souhaite "renouvelée, rajeunie et ouverte à la société civile" , elle paraît avant tout conditionnée par la stratégie que le président du conseil général entend mettre en oeuvre pour répondre aux trois exigences législatives que sont le non-cumul des mandats, l'accélération hardie de la décentralisation et le redécoupages des cantons... sans perdre pour autant la présidence du conseil général du Gard : "tous ces éléments configureront la stratégie définitive qui sera adoptée. Si Nîmes ne compte plus que quatre cantons, cela va lourdement peser. Il ne faudra pas se contenter de ne pas en perdre... mais il faudra en gagner". Autant dire que les élections municipales de Nîmes ont d'ores et déjà l'aspect d'une poupée russe avec, derrière la façade de l'hôtel de ville de Nîmes que la gauche ambitionne de ravir à Jean-Paul Fournier, des pouvoirs à préserver ou à conquérir à la Communauté d'agglomération, au conseil général du Gard, au conseil régional Languedoc-Roussillon... De la place pour chacun mais chacun à sa place.
Dans l'une des nos prochaines éditions, nous reviendrons sur le bilan législatif de Françoise Dumas