Publié il y a 12 ans - Mise à jour le 30.01.2014  - 3 min  - vu 611 fois

FAIT DU JOUR Les champignons de St Félix de Pallières sont ils toxiques ?

Le site est il dangereux ? En octobre dernier un effondrement révélait des anomalies dans la protection des lieux. Photo DR/RM

Lors de la réunion d'information qui a eu lieu samedi à Thoiras sur la pollution des sites miniers et en particulier de la mine de St Félix de Pallières (voir notre article) la question du risque sanitaire a été une nouvelle fois posée.

Lors de la réunion des habitants samedi dernier à Thoiras Ph DR/RM

"Je suis arrivé en 1980 à la Baraquette Soubeyran (Tornac), j'ai eu cinq chiens dont quatre chiennes qui ont toute eu un cancer des mamelles, le mâle à un cancer des testicules, tous allaient se baigner dans le ruisseau de Paleyrolles. Deux de mes ânesses sont mortes avec des symptômes de leucémie ou d'anémie, il n'y a pas eu d'analyse vétérinaire de faites. Elle mangeaient en bordure du ruisseau mais refusaient de boire l'eau de ce ruisseau... Dans toutes les familles voisines qui sont proches de la mine Joseph il y a eu au moins un cas de cancer ou d'AVC, c'est le cas chez moi pour mon épouse. Je constate, c'est tout et ne tire aucune conclusion. mais cela ne mérite-t'il pas une enquête épidémiologique ?"

Dans la salle Pellegrine à Thoiras, les quelque 150 personnes qui sont venues écouter les commentaires sur les résultats des analyses de pollution effectué sur l'ancien site minier de la société Umicore écoutent en silence l'intervention de Michel Bourgeat, très ému. "Je suis dans une situation d'incertitude traumatisante, qu'en est il de la pollution effective ? Des risques sanitaires à venir ou déjà venus ? de l'habitabilité de ma maison ? De mon jardin ?" D'autres témoignages ont succédé au sien.

Un problème de santé publique

"C'est évident qu'il y a un problème de santé publique" répond le Docteur François Simon, membre de l’association RMCP des Riverains des Mines de la Croix de Pallières mais seule l'Agence Régionale de Santé (ARS) peut décider d'une telle enquête comme elle l'a fait par exemple à St Laurent le Minier. Or ici l'enjeu est mineur, il y a très peu de personnes concernées et celles qui résident sur le site même sont des populations jeunes et peu enclines à consulter. En Aveyron l'enquête menée par l'ARS sur le site d'Umicore a mis en évidence un risque sanitaire et il a fallu inverstir 35 M€ pour qu'Umicore puisse rester sur les lieux et y poursuivre ses activités. "En tant que médecin local j'ai réalisé une quinzaine d'analyses, il y a bien évidemment des gens qui présentent des taux élevés, le cas d'un jeune garçon habitant sur les lieux est significatif aussi car on ne peut lui supposer des antécédents professionnels et il n'y a pas de trace de plomb dans son habitat. Mais tout cela n'est pas suffisant. Je peux dire aussi qu'il y a nombre de gens qui habitent St Félix de Pallières et qui se portent très bien. J'ai transmis les données que j'avais recueillies à l'ARS." explique le Docteur Simon.

Des médecins peu formés

Le docteur François Simon, médecin à St Félix de Pallières. Ph DR/RM

"Pour ma part j'ai découvert cela en ré-ouvrant le dossier d'un ancien mineur, avec du recul il présentait des symptômes évidents, mais les médecins ont été très peu formés aux problèmes de toxicochimie" poursuit le docteur. Dans la carrière de Thoiras qui jouxte la mine et ou les taux de plomb sont plus importants que la normale les ouvriers ne se souviennent pas avoir été dépistés pour le plomb ! "Je ne crois pas que la population soit dans sa majorité inquiète pour sa santé. Pourtant il y a 900.000 tonnes de déchets d'un côté et 600.000 tonnes de l'autre qui contiennent du Plomb, du Zinc mais aussi de l'Arsenic et du Cadmium, il y a de quoi s'interroger.  Pour autant, une étude épidémiologique est un travail sérieux qui demande du temps et des moyens" conclut le médecin.

L'absence de données inquiète

"L'absence de données fait que soit on néglige le problème soit on le dramatise" commente Geneviève Blanc conseillère générale du canton d'Anduze et présente dans le public. "Il n'est pas normal non plus que l'Etat laisse la commune de St Félix se débrouiller seule avec ce problème. S'il y a des précautions à prendre il faut que l'ARS informe sur la nature du risque et les comportements à adopter. Pour l'instant j'ai l'impression que les ramasseurs de champignons vivraient plutôt mal une interdiction municipale de fréquenter le site sans des explications ! " commente la conseillère générale. Quant à Michel Bourgeat, il termine son témoignage en enfonçant le clou :  "Il n'y a pas que la mine Joseph de polluée. Compte tenu du passé minier de la région, il n'est pas à douter que d'autres endroits sont également pollués par une chape de plomb. Cette situation augure bien ce qui va arriver avec l'exploitation des gaz de schistes dans notre région".

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