Elle apparaît là en plein coeur de l'été sur le site de l'institut Compas, spécialisé de longue date dans l'analyse des besoins sociaux des territoires, mais sa publication - et surtout les commentaires et enseignements qui vont en être tirés - n'échapperont pas aux pouvoirs publics, soucieux de prendre le pouls socio-économique de leur population : les grandes villes de la région Languedoc-Roussillon (+ de 100 000 habitants) ne se portent pas bien du tout au niveau économique, confirmant, hélas, le dicton prétendant qu'en temps de crise, les gros maigrissent... mais les maigres meurent.
Ainsi, à en croire les statistiques que Compas a établies en collaboration avec l'Inseee, entre les années 2008 et 2011, les grandes villes du Languedoc-Roussillon concentrent de forts taux de pauvreté. Des taux allant en tout cas bien au-delà de la moyenne nationale établie à environ 15 %. Par le nombre de familles pauvres, elles sont quatre à figurer parmi le "Top 20" de la précarité : Perpignan , 10 ème avec 17 701 ménages pauvres (soit 32 % de sa population): Béziers, 12 ème avec 11 049 ménages (32 %); Nîmes, 16 ème avec 18 670 ménages (29 %) et, enfin, Montpellier, 20 ème avec 29 853 ménages (27 %). La ville de France la mieux lotie est Neuilly-sur-Seine qui ne dépasse pas le taux de 7 % de pauvreté (soit moins de 2 000 ménages), la plus mal lotie Roubaix avec 16 000 foyers, soit 46% de la population, (sur)vivant sous le taux de pauvreté établi à 60 % du revenu médian national.
La situation n'est guère plus enviable au niveau de l'augmentation constatée des revenus (hors prestations sociales) entre 2008 et 2011. Là où Neuilly-sur-Seine se classe à nouveau première avec un revenu de 46 000 € qui a fait un bond de 5,1 % en trois ans, alors que celui de la ville de Roubaix (9 641 €) n'a progressé que de 1,7 %, Béziers emporte encore la palme de la précarité régionale en se classant 139 ème sur 150, avec un revenu de 13 722 € (+ 1,2 %). Derrière, le classement s'établit ainsi : Perpignan (138 ème) avec 14 041 €, Alès (133 ème) avec 14 338 €, Nîmes (127 ème) avec 15 220 €, Sète (122 ème) avec 15 821 €, Montpellier (112 ème) avec 16 198 €, quasiment à égalité avec la voisine des Bouches-du-Rhône, Arles qui affiche un revenu annuel de 16 164 €, proche de celui de Narbonne (16 031 €) et Carcassonne (15 952 €).