Publié il y a 5 h - Mise à jour le 08.09.2026 - Anthony Maurin - 3 min  - vu 37 fois

AUBAIS Les Artistes Nomades s’exposent

Les salles voûtées du château d'Aubais (Photo Archives Anthony Maurin).

Dans les salles voûtées du Château d'Aubais du 2 au 25 octobre prochains.

Aubais (Photo Archives Anthony Maurin)

Les Artistes Nomades proposent, du vendredi 2 octobre au dimanche 25 octobre, dans les salles voutées du château d’Aubais, une exposition autour d’Alain Bouillet et qui présente une partie de sa collection d’art brut, ses œuvres personnelles. Un hommage est rendu à son ami peintre Adam Nidzgorski, récemment décédé.

Alain Bouillet a enseigné aux universités de Paris-ouest Nanterre et de Paul Valéry à Montpellier. Il a consacré l’essentiel de sa carrière universitaire à « l’Éducation de la sensibilité. »

Marqué par sa rencontre avec Jean Dubuffet, qui fut en 1945 l’inventeur de l’art brut, il s’est employé depuis 1987 à la défense et à l’illustration de l’Art Brut. À l’occasion de cette exposition, il présentera une sélection « d’ouvrages », dessins, peintures sculptures et objets divers d’Art Brut choisis parmi un ensemble qui s’est lentement incrémenté au cours des quarante dernières années.

Ayant eu l’occasion de rencontrer un nombre important de ces auteurs d’art brut, Alain Bouillet a formé le projet de mettre en place des visites accompagnées dont l’objectif serait de favoriser l’approche et d’aider à la compréhension du sens de ces productions dont Jean Dubuffet écrivait qu’elles étaient « la voie d'expression des plans de la profondeur » susceptibles de livrer passage aux « manifestations directes et immédiates du feu intérieur de la vie. »

Les salles voûtées du château d'Aubais (Photo Archives Anthony Maurin).

Parallèlement à son activité d’arpenteur et de passeur d’art brut, Alain Bouillet a développé une production artistique personnelle. Faite d’objets trouvés au gré de ses pérégrinations, Alain Bouillet les assemble et fait apparaître un pan de réalité qui avait échappé à nos yeux saturés et fatigués de trop de sollicitations.

Alors la pelle à charbon devient le masque de superman et le compteur électrique fondu se révèle être un esprit tout à fait inquiétant….

À l’occasion de cette exposition, Alain Bouillet a aussi voulu rendre hommage à son ami de longue date, Adam Nidzgorski. Ensemble, ils exposent et parcourent l’Europe. Alain Bouillet consacrera de nombreux ouvrages à Adam Nidzgorski et sera son commissaire d’exposition. Ses œuvres figurent dans les collections muséales du monde entier liées à l’Art brut et Singulier.

D’origine polonaise, Adam découvre la peinture en autodidacte à l’âge de trente ans. Admirateur de Chaissac, de Rouault et encore de Paul Klee, Adam Nidzgorski a développé un univers pictural autour de la figure humaine. Gilles et Régine Rivallin, cousins d’Adam Nidzgorski et grands défenseurs de son œuvre, ont prêté une sélection de ses tableaux pour cette exposition.

Au pied du château d'Aubais, le Plan (Photo Archives Anthony Maurin).

Pour décrire les personnages qui peuplent ces tableaux, Alain Bouillet utilise la parabole des porc-épic : « S’écarter suffisamment les uns des autres afin de pouvoir survivre sans se blesser ; se rapprocher pour se tenir au plus près d’autrui quand l’adversité menace. »

L’éclairage fera l’objet d’une attention particulière. Dans une de ses correspondances, Jean Dubuffet a déclaré « Je pense qu’un peu de gracieuse pénombre sied aux œuvres d’art ». Chez Alain Bouillet et Patricia Vallet les œuvres occupent tous les espaces de vie dans un foisonnement quasi organique.

« Nous restituerons, par l’accrochage des œuvres, cette impression de proximité et de colonisation de l’espace vital. Nous chercherons à créer dans les salles voûtées du château d’Aubais un univers propice à une observation attentive de ces œuvres parfois de petit format. »

Et Alain Bouillet de conclure que « Sortant de l’exposition, qu’en aura-t-on retiré pour son propre compte ? Non seulement quelles réflexions sur l’autre : le fou, le déviant, le marginal, l’isolé, le reclus… Mais également, quelles réflexions sur soi-même : sur notre propre enfermement, notre propre isolement, qui renforcent pour le coup, au regard des leurs, nos infirmités créatives. »

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