L'école maternelle Jean-Buon, au quartier de la Roquette à Arles, a commencé l'année scolaire avec un poste d'enseignant en moins, et du coup une Atsem en moins aussi. Une décision prise par l'éducation nationale au regard des prévisions d'effectifs réalisées lors de l'établissement de la carte scolaire au printemps dernier. Mais le jour de la rentrée, l'effectif était bien au-deça : 58 élèves. Comme l'école est classée en réseau d'éducation prioritaire plus (REP+), les classes des plus grandes sections doivent être dédoublées, car elles sont prévues avec un effectif maximum de 15 enfants. Si bien que la troisième classe, celle des plus petits, compte actuellement 28 enfants.
"L'an dernier, nous avons commencé avec 54 élèves. Cette année c'est 58, et nous savons qu'il y a toujours des arrivées en cours d'année : 8 l'an dernier pour 2 départs" explique Sandra Lopez, enseignante et déléguée syndicale SNUDI-FO. "Quand le Dasen (1) a décidé la fermeture, enfin la mise sous surveillance de la quatrième classe, il se basait sur un effectif de 48. L'école accueille déjà 10 élèves de plus. C'est d'autant plus difficile que la maternelle Jean-Buon est une école pas évidente. Elle scolarise des populations gitanes du quartier, des primo-arrivants, avec aussi des élèves en difficulté que l'on détecte en petite section. Cela prend du temps de bien s'en occuper". Une inspectrice est venue faire le comptage vendredi dernier. La commission réunie par le Dasen doit se prononcer jeudi. Les enseignants seront en grève.
Pas de fatalisme
Les parents sont bien décidés à se faire entendre, et que la parole donnée en juin par l'administration soit suivie des faits. "Nous avions occupé l'école en juin car nous refusions la résignation" indiquent Nathalene, Marion et Hélène rassemblées avec une vingtaine de parents devant l'école.
"Aujourd'hui nous nous mobilisons à nouveau devant l'école. On nous dit ici et là que les fermetures des classes sont normales vu la baisse de la natalité. Mais à Jean-Buon nous voulons conserver la qualité de l'enseignement, la mixité. Il n'est pas possible de le faire avec un effectif de 28 dans une classe des 2 / 4 ans. On ne veut pas, comme cela se passe à Perpignan, que la mixité disparaisse. Que les parents les plus aisés mettent leurs enfants dans le privé, et que l'école publique scolarise uniquement les enfants d'origine sociale plus basse. C'est aussi cela qui est en jeu. Il n'y a pas de fatalité. C'est une question de choix".