La justice reprend ses quartiers dans les salles obscures alésiennes. Après une première édition organisée en septembre 2025, le festival du film judiciaire d’Alès revient pour quatre jours, du 18 au 21 novembre. Un rendez-vous culturel et pédagogique porté par le président du tribunal judiciaire d’Alès, Simon Lanes, en partenariat avec le festival Itinérances, les collectivités locales, l’Éducation nationale et les acteurs de la justice.
L'ambition reste la même : donner à voir une autre image de la justice à travers le prisme du cinéma, tout en permettant au public de mieux comprendre le fonctionnement de cette institution. Un pari qui semble avoir trouvé son public dès la première année. En septembre 2025, 1 257 spectateurs avaient assisté aux différentes projections, dont 857 collégiens et lycéens. « Le succès de l'an passé nous a conduits cette année à proposer une édition enrichie de nombreuses nouveautés », souligne Simon Lanes.
Pour cette deuxième édition, quatorze projections seront proposées dans quatre lieux : le Cinéplanet, le Capitole, la médiathèque Alphonse-Daudet d'Alès et le lycée André-Chamson au Vigan. Sept séances en journée seront réservées au public scolaire, avec 1 131 élèves concernés, issus notamment des collèges Diderot et Alphonse-Daudet, des lycées Jean-Baptiste-Dumas, Jacques-Prévert, Marie-Curie et André-Chamson. Quatre projections en soirée seront également accessibles à tous, gratuitement.
Rapprocher la justice des citoyens et des jeunes
Lors de la présentation de cette deuxième édition, Christophe Rivenq, maire d'Alès et président d'Alès Agglomération, a salué une initiative qui permet « d'ouvrir la justice sur le monde et sur le monde lycéen, sur le monde des jeunes ». Pour l'élu, le festival s'inscrit dans une dynamique culturelle et éducative portée collectivement sur le territoire.
Même enthousiasme du côté du Département. Patrick Malavieille, adjoint à la culture du Conseil départemental du Gard, a rappelé le caractère encore rare de ce type d'initiative à l'échelle régionale. « On a besoin de rapprocher et de faire mieux comprendre comment fonctionne le système judiciaire français », a-t-il expliqué, estimant que la méconnaissance de l'institution pouvait parfois nourrir des incompréhensions et des appréciations faussées.
L'Éducation nationale entend également faire de ces projections un véritable support pédagogique. Christophe Mauny, directeur académique des services de l'Éducation nationale du Gard (Dasen), a souligné l'intérêt de cette collaboration pour développer l'esprit critique des élèves, leur connaissance des institutions et leurs capacités à argumenter.
Pour Simon Lanes, président du tribunal d'Alès, l'enjeu est aussi de faire sortir l'institution judiciaire des murs du tribunal. Le magistrat souhaite inscrire ce festival dans la durée, autour de trois principes : la gratuité, une attention particulière portée à la jeunesse et une programmation culturelle exigeante. « Il faut que ce festival se tienne tous les ans, qu'il survive à nos départs respectifs », a-t-il insisté.
Des rencontres avec des professionnels
Côté programmation, cette deuxième édition entend mêler grands classiques du cinéma, films récents, documentaires et courts-métrages. La séance publique d'ouverture, mercredi 18 novembre, sera consacrée à 12 hommes en colère, le célèbre film de Sidney Lumet. Le vendredi soir, le public pourra découvrir Dossier 137, avec la présence annoncée de Stéphane Ardin, directeur de l'IGPN, pour échanger autour du film.
Les documentaires auront également leur place, avec notamment Au rythme des parloirs, accompagné par son réalisateur David Ayala. Une séance familiale autour d'Ernest et Célestine est aussi prévue le samedi après-midi à la médiathèque. Les plus jeunes pourront également découvrir Ma vie de courgette, tandis qu'une programmation de courts-métrages sera proposée au public scolaire.
Au-delà des films, les échanges avec les intervenants constituent l'un des temps forts du festival. Magistrats, avocats et professionnels seront mobilisés pour prolonger les projections et permettre aux spectateurs de confronter leurs regards sur les questions judiciaires abordées à l'écran.
Cette année, le festival s'associe également à la délégation gardoise de Défense des enfants international (DEI), à l'occasion du 37ᵉ anniversaire de la Convention internationale des droits de l'enfant, célébré le 20 novembre. Une exposition consacrée aux droits de l'enfant accompagne cette démarche. La bâtonnière du barreau d'Alès, Aude Guiraudou-Samson, a rappelé l'importance de cette sensibilisation, notamment auprès des jeunes, et salué l'investissement des avocats dans ce projet.