Ce lundi, l’ensemble des élus de Nîmes métropole étaient appelés à se réunir en conseil communautaire. La dernière séance publique avant la pause estivale. Parmi les délibérations importantes, soumises au vote : l’instauration d’une taxe de séjour. Pour les communes qui l’avaient déjà créée, (Dions, Sernhac, Saint-Gilles, Marguerittes et Sainte-Anastasie), Nîmes métropole compensera les pertes de recette.
L’idée de ce nouvel impôt aurait été soufflée, a rappelé avec malice le président Les Républicains de Nîmes métropole Franck Proust, par l’adjoint nîmois chargé du Tourisme : Xavier Douais : « Il nous a incité à l’installer. C’est une ressource neutre pour nos administrés qui la paient eux aussi lorsqu’ils sont touristes dans d’autres régions. » À noter que Nîmes est la seule commune autorisée à conserver la maîtrise de cette fiscalité, n’ayant pas transféré, en 2016, sa compétence tourisme à Nîmes métropole.
La Droite nîmoise s’abstient
Pour rappel, la politique touristique est assurée par l'Agglo via la SPL Agate (Société publique locale). Nîmes a réussi à conserver cette prérogative au titre de sa qualité de station touristique. La municipalité a toutefois confiée, elle-aussi, cette mission à la SPL Agate. « Il y a deux comptabilités séparées mais une synergie manifeste », remarque Franck Proust.
Lors du vote, les élus nîmois se sont abstenus : « Ce n’est pas une mesure de contestation mais de non-ingérence sur cette taxe communautaire. N’y voyez aucune animosité de notre part… », pense bon de préciser Julien Plantier, premier adjoint de la ville de Nîmes. Du côté de l’opposition, le président du groupe La Gauche Unie, Vincent Bouget déplore : « On aurait pu aborder cette question avec un esprit communautaire. » Et Franck Proust de rétorquer : « Cette taxe sera affiliée à la promotion touristique. Pour l’instant nous ne savons pas exactement combien elle nous rapportera donc, nous ne pouvons pas encore y flécher des projets même si les élus y travaillent. »
Fronde du maire de Sainte-Anastasie
Du côté des élus Rassemblement national, l'élu nîmoise Laurence Gardet estime que « trop d’impôt tue l’impôt ! Vous feriez mieux d’avoir une gestion plus saine pour avoir plus de marges de manœuvre. » Le président de l’Agglo salive et répond : « Vous faites de la politique politicienne ! Quand vous partez en vacances, vous payez partout ! Et puis à Beaucaire, le maire RN l’a bien instaurée ! »
Finalement, l’opposition viendra du maire de Sainte-Anastasie, Gilles Tixador : « Nous avions déjà instauré cette taxe dans le village et le produit est passé de 500 € à 10 000 €. Or, j’entends aujourd’hui que des communes auraient déjà calé leur compensation ! » Une manière de faire référence à Sernhac dont Objectif Gard a révélé qu’elle devrait percevoir autour de 20 000 € de compensation. « C’est faux ! Rien n’est calé ! Il ne faut pas croire ce que l’on raconte dans la presse ! », ose Franck Proust, qui s'y expose pourtant régulièrement et qui renvoie le travail du montant de la compensations à la Clect (Commission locale d'évaluation des charges territoriales). Affaire à suivre…