Beaucoup d’écharpes tricolores, ce vendredi après-midi, pour la nouvelle dénomination du groupe scolaire Mas Roman à Saint-Césaire : « Groupe scolaire Samuel-Paty ». « Sur les 42 élus de la majorité, 38 étaient présents », annonce fièrement un collaborateur du maire de Nîmes. Les élus Rassemblement National (RN), le député Yoann Gillet et la conseillière municipale Laurence Gardet étaient aussi présents. Cette dernière avait même vêtu pour l’occasion son écharpe régionale. « Mais ils sont où les enfants ? », s’étonne un spectateur, devant la myriade de politiques locaux.
Une fois la nouvelle plaque dévoilée, les élus, le Dasen du Gard, Philippe Maheu, ainsi que la secrétaire générale adjointe des professeurs d’histoire-géographie de France, Dalila Chalabi, ont prononcé leurs discours. L’un des plus émouvants a sans doute été celui de Philippe Maheu qui, avec des trémolos dans la voix, a confié son « admiration » pour « l’initiative » de Jean-Paul Fournier de rebaptiser cet groupe scolaire. L’assassinat de Samuel Paty, en octobre 2020, « a été un coup de poignard porté à la République ».
Tout le monde en convient : « L’école est garante de l’unité de notre pays. » En revanche, pour l’unité politique, il faudra repasser. À peine la cérémonie terminée, l’équipe de Jean-Paul Fournier s’est empressée de faire remarquer l’absence des élus de Gauche, notamment leur chef de file : le communiste et - au passage - professeur d’histoire-géographie, Vincent Bouget. « C’est scandaleux ! », s'indigne même le maire. Contacté, Vincent Bouget a répondu : « Je devais célébrer un mariage en mairie à 16h30. J’avais prévenu le maire par mail. »
Mais pourquoi personne de son équipe ne l'a représenté ? Que faisaient Christian Bastid ou Sylvette Fayet ? « Bruno Ferrier devait passer, mais il n’a pas pu en raison de problèmes au boulot. Il travaille à la prison », explique Vincent Bouget. « Si la majorité veut s’amuser à des jeux politiciens, c’est son problème », regrette Vincent Bouget. Avant de conclure : « J’ai voté favorablement cette décision. Toutefois, quand j’ai essayé de m’exprimer en conseil, le maire m’a coupé le micro. Le RN, lui, a pu longuement s’exprimer ! Je voulais simplement dire qu’appeler un établissement Samuel Paty n’était pas neutre et les que les professeurs auraient aimé être associés à cette décision. »