Comment intéresser les Français aux Sénatoriales ? Si la question est posée, c’est que le scrutin ne passionne pas les foules. Et la désaffection grandissante des électeurs, ces dernières années, pour tout type de scrutin n’arrange rien. Si l’élection est boudée, c’est qu’elle ne concerne pas tous les administrés. Seuls les élus (délégués municipaux, conseillers départementaux, régionaux, députés), appelés les « grands électeurs », sont appelés aux urnes.
Le Sénat, kezako ?
Le 24 septembre, ils renouvelleront la moitié des sièges sénatoriaux, soit 174 sur 348. Au Palais du Luxembourg, siège du Sénat, ces parlementaires participent à l’élaboration des lois. Avec l’Assemblée nationale, ils forment le « pouvoir législatif ». Sauf « qu’à la différence des députés, nous sommes une assemblée plus sage. Nous n’adoptons pas de positions systématiques », s’enorgueillit le sénateur Les Républicains du Gard Laurent Burgoa.
Dernier exemple en date ? La réforme des retraite, votée par le Sénat : « Nous n’avions pas la même position que certains députés LR comme Aurélien Pradié qui, malgré le programme de notre candidate à la Présidentielle, a fait sa rébellion en voulant voter contre le recul de l’âge légal ! » Les sénateurs seraient-ils donc moins populaires ou populistes que leur collègue du Palais Bourbon ? À chacun son interprétation.
Dernier bastion des Républicains
Le Sénat, c’est aujourd’hui le dernier bastion des Républicains avec son président, Gérard Larcher. Il est l’un des hommes les plus importants de la Vème République puisque qu’en cas d’empêchement du président de la République, c’est lui qui assure l’intérim. Le Sénat offre donc une dernière tribune aux Républicains, qui n'ont remporté aucune Présidentielle depuis 2012 avec la défaite du président sortant Nicolas Sarkozy.
Le Sénat, c’est aussi des commissions d’enquête qui font trembler la République comme celle sur le fonds Marianne qui a coûté la place de Marlène Schiappa au Gouvernement ou encore, celle sur l’affaire Benalla. « Le Sénat est réellement le contre-pouvoir à la majorité actuelle. Une vigie avec la sagesse sénatoriale qui nous correspond », martèle Laurent Burgoa. Ce contre-pouvoir a toutefois des accointances idéologiques avec Emmanuel Macron, comme en témoigne la réforme des retraites.
Les extrêmes entreront-ils au Sénat ?
Au soir du 24 septembre, Gérard Larcher devrait dormir sur ses deux oreilles. « La majorité restera à Droite et au Centre. Le scrutin dépend des élections municipales et la Droite a bien résisté », souligne Laurent Burgoa. Souvenez-vous : organisées en plein Covid, seuls les électeurs plus convaincus ont participé aux élections. De quoi avantager les équipes les plus implantées.
L’enjeu de ce scrutin est donc à regarder du côté de la majorité qui dispose d’une vingtaine de sénateurs : « Les élus locaux sont remontés par un certains nombres de mesures prises par le Gouvernement ». Qui en bénéficiera ? La Droite ? La Gauche ? Ou les extrêmes comme le Rassemblement national et La France insoumise qui, pour l’heure, n’ont pas d’élu au Sénat, à l’exception du marseillais Stéphane Ravier, passé chez Reconquête. Le Sénat, une assemblée si sage que cela ?