Un seul être vous manque... Il a disparu de la circulation, pourtant tout le monde parle de lui. L'obsession Rani Assaf a même traversé les frontières. Désormais, une bonne partie de la planète foot s'interroge sur l'avenir du Nîmes Olympique. À juste titre assurément. C'est la première fois dans l'existence du football français, si ce n'est européen, qu'une telle situation se produit. La descente aux enfers d'un club, de Ligue 1 à National et ses répercussions dramatiques sur les conditions d'exercice de leur métier, pour les joueurs et le staff technique. Depuis des lustres maintenant, les équipes internes, puis les supporters et maintenant les politiques tentent de trouver les ressorts pour convaincre le chef d'entreprise de lâcher l'affaire. Même ses plus proches associés ont commencé à douter au début de l'été. Ils ont fait en sorte, avec diplomatie, de le persuader de prendre du recul. C'est ce qu'il applique à la lettre ! Un peu trop probablement. D'autant que les résultats très mitigés depuis le début de la saison, encore ce vendredi, ne laissent plus beaucoup de place au doute. Une dernière carte pourrait être abattue par la mairie de Nîmes. Julien Plantier, le premier adjoint, et les élus pensent tenir sérieusement le ciseau pour couper le cordon. Avec quelle solution ? Jeudi prochain, devant l'instance de recours des commissions départementales d'aménagement commercial (CDAC), Rani Assaf se présentera pour donner des garanties sur le dossier de son futur stade et complexe commercial et immobilier. Retoqué une première fois, il a bénéficié d'un sursis en décembre dernier : un avis défavorable avec revoyure. Mais la Socri (propriétaire de la Coupole) et l'association Cœur de Nîmes, opposés au projet de 17 cellules commerciales, n'ont pas l'intention de reculer. Et dans cinq jours, ils ont même l'espoir de porter l'estocade. En coulisse, la Ville de Nîmes manœuvre aussi et compte bien argumenter sur les relations orageuses avec le dirigeant depuis trop longtemps. Si d'aventure l'avis était à nouveau défavorable, que se passerait-il ? "Nous n'aurions pas d'autre choix que de refuser le permis de construire", assure une source municipale. Du côté du patron du Nîmes Olympique, un proche botte en touche mais reconnait que cette décision entamerait définitivement le moral de l'entrepreneur. Et sa volonté de créer ce nouveau quartier : "Je ne sais pas ce qu'il se passerait, mais vu le contexte dégradé du monde immobilier, on est déjà dans une démarche de gagner du temps." Du temps, Rani Assaf en a-t-il encore à user à Nîmes ? "Avec lui, tout est possible. Mais pour le moment, il est confiant même si beaucoup de monde est contre lui." Verdict dans les prochains jours...
Darmanin sermonne Fournier ? Lors de sa venue à Nîmes, au lendemain des drames à Pissevin, le ministre de l’Intérieur a organisé une réunion en préfecture avec l’ensemble des élus concernés. Autour de la table, le maire de Nîmes, son adjoint à la Sécurité. Le Conseil départemental représenté par Amal Couvreur et le sénateur Denis Bouad. Yoann Gillet, le député RN était également là. Alors que le maire exigeait auprès du ministre, des moyens supplémentaires en urgence pour sécuriser la ville, Gérald Darmanin a interpellé son ancien camarade de la Droite. « Monsieur le maire, je viens de me rendre au chevet de la famille qui a perdu leur enfant de 10 ans. Je suis rentré dans la cage d’escalier, c’est une honte. Je n’ai jamais vu cela en France et pourtant je me rends partout. » Jean-Paul Fournier n’a pas répondu. Il aurait pu rappeler que Pissevin est aujourd’hui dans les mains surtout de co-propriétaires privés et des opérateurs immobiliers publics. Et que la politique de la Ville est avant tout de la responsabilité de l’État. La rénovation urbaine dont la Ville et l’Agglomération prennent largement leur part va durer une bonne décennie en particulier en raison des autorisations diverses et variées délivrées par... L’État !
La soufflante de Plantier. C’est en réunion dans le bureau du maire que Julien Plantier a découvert la bévue du service communication. « Mais qui vous a donné l’autorisation de balancer sur le Tour de France ? », a demandé en colère le premier adjoint aux personnes intéressées. « C’est une faute professionnelle. Nous n’avons pas encore signé le contrat avec ASO et nous ne souhaitions pas annoncer aussi tôt l’information », aurait poursuivi le successeur pontentiel de Jean-Paul Fournier. Trop tard, la nouvelle a fait le tour du Gard. C’est d’ailleurs une bonne nouvelle qui montre une fois encore l’attractivité de Nîmes pour cet évènement national. « Reste à savoir comment nous allons organiser la sécurité de cette arrivée alors que ce soir-là, le 16 juillet, un concert a aussi lieu dans les arènes », fait savoir un proche de Richard Schieven qui a lui aussi découvert l’information après avoir reçu le communiqué de la Ville.
Amal Couvreur en première ligne. La vice-présidente au Département en charge de la Politique de la ville après s’être entretenue avec sa présidente, Françoise Laurent-Perrigot, veut rapidement mettre autour de la table toutes les bonnes énergies pour dresser le constat des actions menées dans les quartiers populaires du Gard. Après les drames successifs à Pissevin à la fin de l’été, l’élue départementale et régionale veut élaborer une nouvelle feuille de route. « Il nous faut de nouvelles actions de renforcement dans la continuité de celles menées depuis longtemps. La présidente a convoqué lundi dernier une réunion de la majorité sur le sujet. Et a fait savoir qu’elle soutenait pleinement les intentions d’Amal Couvreur », indique un élu du Département.
Rainville, la confiance. L’adjoint aux Sports de la ville de Nîmes est dans le collimateur de l’Agglomération, mais aussi du cabinet politique du maire. Depuis que ce dernier a décidé, alors que le maire était contre, de prêter pour la saison le stade des Costières aux filles de Nîmes métropole. « Pour des questions évidentes de sécurité, c’est une très mauvaise idée », fait savoir l’entourage du maire. Ce n’est pas la première fois que Nicolas Rainville prend ses responsabilités en dehors des décisions de Jean-Paul Fournier. La dernière concernait la Coupe du Monde d'escrime en fauteuil au Parnasse. « Le maire avait refusé l’enveloppe de 80 000 euros pour accompagner cet évènement. Rainville ne s'est pas démonté et a décidé de valider le budget. » Reste que le maire ne semble pas lui en avoir tenu beaucoup rigueur puisque l’arbitre professionnel est toujours en fonction. « Le maire aime bien les fortes têtes, il a une forme d’admiration de voir ce jeune élu avoir autant d’audace. » Oui, mais le maire a une patience limitée. Au bout d’un moment, il finit toujours par couper des têtes, et souvent, par surprise… Si Richard Flandin nous lis ce dimanche !
Gillet, la récupération politique. Un courrier adressé par le député du Rassemblement national, Yoann Gillet, à tous les habitants de Pissevin a choqué. « C’est de la politique à l’ancienne, avec un stylo rouge qui tache bien. On aurait pu espérer meilleure intention mais l’extrême-droite, ce sont toujours les mêmes ficelles. On fait croire aux miracles. Mais qu’est-ce qu’il fait à part de la communication ? », tacle un élu nîmois fortement agacé. « On a joué au con l’année dernière, on voit désormais la différence entre Françoise Dumas et ce pantin », complète l’intéressé qui ne partira certainement pas en vacances avec le parlementaire RN. La lettre en question (cliquez sur les images pour lire la lettre en intégralité) :
Open bar pour l'Unesco ? Après nos révélations en début de semaine sur le projet de la ville de Nîmes de confier à six brasseries l’organisation d’une soirée gratuite pour tous les Nîmois afin de fêter l’inscription Unesco de la Maison Carrée, le téléphone du standard de la mairie a beaucoup sonné. D’autres bars souhaitaient en effet participer eux aussi à la petite sauterie. 3 000 euros de budget pour la soirée, les cafetiers n’ont pas tardé à voir la bonne affaire. « Le principe, ce sont uniquement les bars autour de la Maison Carrée. D’ailleurs, si nous n’obtenons pas l’inscription, il n’y aura rien du tout » glisse un élu. Reste à savoir comment cette fois, la distinction pourrait nous échapper ? D’ailleurs, en plus des bars, des animations sont déjà programmées. Avec des scènes musicales et des déambulations. Les bars auront aussi l’autorisation de fermer exceptionnellement ce soir-là à 2 heures du matin...
Les jeunes LR mis au pas ? La décision viendrait de Franck Proust directement. Le président de Nîmes métropole, mais surtout patron de la fédération Les Républicains du Gard, veut prendre totalement la main sur le parti, y compris au sein de la jeune génération. Alors que depuis des années, Jean-Baptiste Jouve assurait le poste de responsable des jeunes, il a été débarqué, sans avoir été prévenu, au profil de Clément Stevant. Étudiant en Droit des collectivités territoriales, ce dernier est surtout collaborateur d’élus de la majorité à Nîmes métropole. Il pourrait aussi être appelé à des fonctions à la Ville de Nîmes. Malin comme un singe, Franck Proust prépare déjà l’avenir…
Arthur Vuinee dans le viseur. Il vient tout juste de prendre ses fonctions de chef de cabinet du maire de Nîmes que les premières critiques pleuvent déjà sur ce jeune collaborateur d’une trentaine d’années. « Il est hautain. Il ne passe plus les portes », balance un élu. « Il faut voir comment il parle aux secrétaires. Il est déjà dans les pas de celui qui l’a recruté. » Un autre souffle : « Il a invité à un coup à boire quelques élus triés sur le volet. Bien entendu, le premier adjoint n’a pas été mis au courant. » Pas d'inquiétude Arthur. Comme un étudiant dans une nouvelle faculté, quand on arrive à la ville de Nîmes, il y a toujours une phase de bizutage. Pourvu qu’elle ne soit pas trop longue pour vous…
Proust s'explique avec Bouget. Lecteur assidu de nos indiscrétions, le président de Nîmes métropole a failli s’étouffer avec son verre de gin dimanche dernier. « Moi un menteur ? Mais il se prend pour qui Vincent Bouget ? Lui qui est toujours adorable en face à face. Et s’excuse presque de porter des critiques sur mon action », aurait lancé Franck Proust. Alors, à l’occasion de la soirée de lancement de la nouvelle saison de l’Usam Nîmes-Gard, le patron du Colisée a demandé des explications au communiste. Comme c'est souvent le cas dans ces moments-là, ce dernier a bien entendu remis la faute sur la presse. Vous savez, le coup des "propos sortis de leur contexte". Mais le Républicain n’est pas dupe. « Pourquoi d’un seul coup vous m'attaquez ? Assumez ! » C'est vrai ça, M. Bouget, assumez ! C'est normal de faire votre travail d’opposition. Vous avez le droit de dire tout haut ce que vous dites souvent tout bas…